Présentation générale

La recherche en santé publique et sciences sociales sur les hépatites à l’ANRS

  • ANALYSER ET COMPRENDRE LES FACTEURS QUI LIMITENT LE RECOURS A LA PRÉVENTION, AU DÉPISTAGE ET AUX SOINS
  • PROPOSER DES ACTIONS POUR REPOUSSER CES LIMITES
  • CONTRIBUER A L’AMÉLIORATION DES POLITIQUES DE SANTÉ PUBLIQUE
  • IMPULSER DES RECHERCHES SUR LES SITUATIONS ET POPULATIONS LES PLUS EXPOSÉES
  • CONSTRUIRE UNE RECHERCHE IMPLIQUANT LES COMMUNAUTÉS
     

Les recherches en santé publique engagées ou soutenues par l'ANRS sur les hépatites virales visent à mieux connaître les circonstances de survenue de ces infections, à œuvrer en faveur de politiques de dépistage, de prévention et de prise en charge plus efficaces.

La France fait partie des pays de faible endémicité pour les infections par le VHB (2,3% de la population générale) et le VHC (1% de la population générale). De manière inquiétante, cependant, seules 45% et 59% des personnes infectées respectivement par le virus de l'hépatite B et celui de l'hépatite C ont connaissance de leur statut. Ce qui est insuffisant compte tenu de l’efficacité des traitements actuellement disponibles. Pour l’hépatite C, par exemple, à partir de 2010, une nouvelle approche médicamenteuse en trithérapie s’est montrée nettement plus efficaces que la bithérapie, y compris chez les patients en échec thérapeutique. Pour l’hépatite B, la prise en charge thérapeutique aboutit à une rémission dans 40 à 80% des cas.

En effet, ces infections virologiques touchent davantage les personnes en situation de précarité. Leur prévalence est 3 à 3,5 fois plus élevée chez les bénéficiaires de la Couverture maladie universelle.

En particulier, la prévalence du virus de l’hépatite C, qui se transmet principalement par l’utilisation de seringues - ou autre matériel – contaminées, reste extrêmement élevée chez les usagers de drogues par injection : elle est estimée entre 55 et 60%.

Ces populations présentent en général un niveau de vulnérabilité et/ou de précarité élevés. De plus, elles sont caractérisées par des co-morbidités multiples avec des maladies chroniques telles que celles associées au VIH et au virus de l’hépatite C. Aussi, les usagers de drogues ont-ils un risque accru de transmission de maladies infectieuses et l’on observe souvent chez eux un retard dans la prise en charge de leurs maladies.

Actuellement, les possibilités de réaliser des essais cliniques pour la prévention ou la prise en charge des hépatites virales ou bien des études d’évaluation de l’impact d’outils de réduction des risques infectieux avec ces populations vulnérables et à risques restent limitées. Il s'agit, pour la plupart, des usagers de drogues illicites et de médicaments, des populations dépendantes à l’alcool, des prostituées ou gays utilisateurs de produits stimulants, des migrants dépendants aux opiacés et de la population carcérale.

L’ANRS s’est donc fixé comme objectif de proposer, d’aider au développement et d’accompagner des projets de recherche dans le domaine des addictions et de la prévention des hépatites virales. Ces projets sont ciblés sur ces populations encore trop souvent exclues de la recherche clinique et de la santé publique.

Par ailleurs, certaines des mesures de réduction des risques et d’accompagnement des usagers de drogues mises en place dans d’autres pays, font actuellement l’objet de recherches interventionnelles à l’ANRS (accompagnement à l’injection et distribution de pipes à crack).

L’arrivée de nouveaux traitements plus efficaces, pose aussi la question de l’intérêt du traitement dans un but de prévention de la transmission (Treatment as prevention, TasP) surtout dans une population d’usagers de drogues. Toutefois, l’impact d’une telle stratégie va dépendre non seulement de l’efficacité des traitements mais aussi du niveau de dépistage, de l’articulation de ces patients avec les structures de soins, et de l’adhérence au traitement. Toutes questions sur lesquelles l’ANRS mobilise les experts de ses actions coordonnées et les chercheurs dans les groupes de réflexion.

Des initiatives originales

La recherche interventionnelle

En soutenant depuis 2009 de nombreuses études dont les résultats seront utiles à la conception de programmes et de politiques d’intervention, l’ANRS est, en France, un précurseur en matière de recherche interventionnelle.

 

ANRS-Methaville

Etude de l’impact de la primo prescription de méthadone en médecine de ville sur les pratiques à risque de transmission du VHC

> ANRS SHS 99 METHAVILLE

 

ANRS-Pipes à crack

Etudes sur les risques de transmission du VIH et du VHC liés à la consommation de crack et évaluation des outils de réduction des risques spécifiques

 

ANRS-Formvac

Etude multicentrique prospective évaluant l’impact de différentes interventions de santé publique destinées à améliorer l’adhésion à la vaccination contre l’hépatite B des sujets vus en consultation de dépistage anonyme et gratuit en France

> ANRS SHS 97 FORMVAC

 

ANRS-Aerli

Evaluation de l’accompagnement et de l’éducation aux risques liés à l’injection

> ANRS SHS 133 AERLI

 

ANRS-Hepapreca

Prévention des hépatites virales B et C dans les populations précaires : évaluation opérationnelle et comparaison de deux stratégies d’intervention dans les foyers Sonacotra de la région lyonnaise

> ANRS SHS 85 HEPAPRECA

 

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