Présentation générale

La recherche clinique sur le VIH

  • AMELIORER LA PRISE EN CHARGE DES PATIENTS
  • COMPRENDRE L'EVOLUTION DE LA MALADIE POUR MIEUX LA CONTROLER
  • LANCER DE NOUVEAUX ESSAIS THERAPEUTIQUES, DES COHORTES ET DES ETUDES PHYSIOPATHOLOGIQUES
  • ASSURER LA CONDUITE DES ETUDES DANS LES MEILLEURES CONDITIONS
  • MOBILISER LES CHERCHEURS ET LES CLINICIENS EN FAVORISANT LA MULTIDISCIPLINARITE
 

La recherche clinique (dite aussi biomédicale) s’effectue exclusivement chez l’être humain, avec des personnes volontaires, et vise à améliorer la prise en charge et le traitement des personnes vivant avec le VIH grâce notamment aux essais thérapeutiques. Elle cherche aussi à prévenir l’infection et à améliorer le dépistage. La recherche clinique à l’ANRS s’appuie sur des études de cohortes et des études physiopathologiques.

L'ANRS est à l'origine de près de 150 essais thérapeutiques et d'une vingtaine de cohortes dont elle a été le promoteur et qu'elle a financés depuis sa création. L'agence a par ailleurs financé un grand nombre d'études physiopathologiques dans différents domaines tels que la virologie, l'immunologie.

Qu'est-ce qu'un essai thérapeutique ?

Un essai thérapeutique a pour but d’améliorer le traitement des personnes vivant avec le VIH. Il consiste globalement à évaluer, dans une population définie, les effets de différentes stratégies de traitements. L’évaluation peut porter sur de nouveaux médicaments ou associations de médicaments (contre la maladie ou ses effets secondaires) ; de nouvelles façons de les administrer; de nouvelles modalités de traitement, de prise en charge ou de prévention.

Les essais thérapeutiques s'adressent aux personnes vivant avec le VIH.

● Les études de phase I sont le préliminaire à l’étude d’efficacité d’un médicament. Il s’agit d’évaluer la tolérance et l’absence d’effets secondaires chez des volontaires sains, comme lors des essais de vaccination anti-VIH. Dans le cas du VIH, beaucoup de médicaments entrent directement en phase II.

● Les études de phase 2 à 4 (II, III et IV) ont pour objectif de déterminer l’efficacité, la dose optimale du traitement et ses éventuels effets secondaires.

La participation d’une personne à ces différentes études est régie par des critères d’inclusion et de non-inclusion

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été à ce jour inclues dans des essais cliniques pilotés et financés par l’ANRS. Ils se déroulent dans le respect des règles de bonnes pratiques et des principes éthiques. Certains se font en collaboration avec des équipes internationales implantées aux Etats-Unis et en Europe. Une collaboration, régie par contrat, avec l'industrie pharmaceutique est établie par l'ANRS afin de bénéficier le plus rapidement possible des molécules innovantes. Actuellement une quinzaine d’essais thérapeutiques sont en cours.

Qu'est-ce qu'une cohorte ?

Une cohorte est un ensemble de personnes (un ou plusieurs groupes) ayant une ou plusieurs caractéristiques communes (maladie et /ou âge et/ou origine géographique et/ou sexe etc.) suivis pendant plusieurs années selon un schéma standardisé. Toute comme les essais thérapeutiques, une cohorte doit être conçue avec un protocole de visites, questionnaires, examens, prélèvements et/ou analyses etc pour répondre à plusieurs questions de recherche épidémiologique, clinique, biologique ou de santé publique, même si certaines d'entre elles ne sont pas encore formulées de façon précise au démarrage de la cohorte.

Actuellement, plus de 5000 personnes sont suivis au sein d'une quinzaine de cohortes dont l'ANRS est promoteur. L’étude de ces cohortes contribue de manière importante aux connaissances sur l'histoire naturelle de l'infection par le VIH et des coïnfections, sur l'impact des stratégies thérapeutiques etc.

Ces cohortes constituent une « colonne vertébrale » sur laquelle peuvent venir se greffer des études physiopathologiques

Qu'est-ce qu'une étude physiopathologique ?

Une étude physiopathologique permet de répondre à une question précise concernant le fonctionnement de l'organisme ou l’un de ses organes quand celui-ci présente un désordre. Autrement dit, la physiopathologie permet l’étude des modifications des fonctions de l’organisme au cours d’une maladie et de comprendre les mécanismes de cette maladie.

Cinq études physiopathologiques dont l’ANRS est promoteur sont actuellement en cours, et devraient inclure à terme environ 800 personnes. Elles portent sur des sujets de recherche tels que l’impact de l’infection et des traitements antirétroviraux sur le vieillissement cellulaire et tissulaire ou bien l’étude d’une population de personnes infectées ayant un risque accru de développer d’autres maladies (cancers, maladies cardio-vasculaires…)

Les grands défis à relever

Malgré de grandes avancées en matière de recherche clinique sur le VIH, des questions restent en suspens concernant la prise en charge des patients et l’évolution de la maladie. L’ANRS continue donc à mettre en place des essais thérapeutiques, des études de cohortes et des études physiopathologiques pour tenter d’y répondre.

Nous devons encore, par exemple, améliorer la prise en charge des personnes dont l’infection est découverte à un stade avancé de la maladie. Les personnes en échec thérapeutiques avec les traitements actuels doivent pouvoir accéder à des combinaisons de nouvelles molécules. A l’inverse, les personnes en succès sous traitement nécessitent des simplifications thérapeutiques. On s’interroge toujours aussi sur les avantages d’une mise sous traitement précoce.

Par ailleurs, si des avancées importantes ont été réalisées dans la connaissance de ce que sont les « réservoirs viraux » - des cellules dans lesquelles se cache le virus alors même que la charge virale est indétectable -, il reste beaucoup à faire pour contrôler, voire pour éradiquer le virus.

En outre, grâce à l’émergence il y a une vingtaine d’année de traitements de plus en plus efficaces, les cliniciens se trouvent confrontés au vieillissement des personnes vivant avec le VIH : les maladies liées à l’âge présentent une incidence plus élevée chez elles que celle de la population générale.

Enfin, une autre grande question intrigue et demande des recherches supplémentaires : malgré les traitements, plus de 40 % des personnes vivant avec le VIH ont une restauration incomplète de leurs défenses immunitaires. Cela se traduit par une morbidité et une mortalité supérieures à celles de la population de personnes dont l’infection est bien contrôlée (chez lesquelles la mortalité tend à devenir similaire à celle de la population générale) et un risque accru de certains types de cancer et ou de pathologie cardiovasculaire.

Réalisations majeures et faits marquants

Quelques essais majeurs dont l'Anrs a été promoteur

  • ANRS 147 Optiprim (→ 2013) sur l’administration d’une thérapie renforcée dès la primo-infection.
  • ANRS 139 TRIO (2009) sur la prise en charge des personnes en échec thérapeutique et porteurs de virus multirésistants.
  • ANRS 136 Monoï (2011) sur l’allègement thérapeutique chez les personnes infectées en succès immuno-virologique.
  • ANRS 135 Primeva (→ 2012) sur la prévention de la transmission mère-enfant.
  • ANRS 119 Interstart (2006) sur une stratégie d’interruption de trithérapie
  • ANRS 106 Windows (2005) sur les interruptions de traitement
  • ANRS 108 Nonuke, ANRS 113 Lipiot (2005) dans la compréhension et la prise en charge des lypodystrophies
  • ANRS 097 Gighaart, ANRS 104 Puzzle-1 et ANRS 107 Puzzle-2 (2002) sur le traitement des échecs thérapeutiques
  • ANRS 088 Narval (2000) sur l'utilisation des tests de résistance
  • ANRS 048, ANRS 079 et ANRS 082 Ilstim (1999) sur l'immunothérapie par IL-2
  • ANRS 072 Trilège (1999) sur l'allègement thérapeutique
  • ANRS 017 Delta (1995) et ANRS 070 Albi (1998) sur les bithérapies d'analogues nucléosidiques
  • ANRS 024 ACTG 076 (1994) sur la transmission mère-enfant du VIH par la zidovudine

Les nouvelles cohortes mises en place par l'Anrs

  • ANRS CO21 CODEX, la cohorte des extrêmes. Etude sur le long terme des personnes qui contrôlent leur infection en l’absence de tri-thérapie.
  • ANRS CO19 Coverte. Cohorte de jeunes adultes infectés par le VIH par voie verticale ou pendant l’enfance.
  • ANRS CO16 Lymphovir. Cohorte des lymphomes associés a l’infection VIH

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