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Enjeux de la recherche

 

Contexte épidémique

Selon les évaluations d’Onusida, plus de 34 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde au début de la décennie 2010. Le bénéfice de l’amélioration de l'accès aux traitements, qui concerne désormais près de 6,6 millions de personnes dans le monde, est tempéré par la progression de l’épidémie dans certaines zones : chaque année, on dénombre encore près de 3 millions de nouvelles infections, estime encore Onusida qui fédère et coordonne le travail de plusieurs agences de l’ONU engagées dans la lutte contre le sida.

Ainsi, en Afrique subsaharienne, où vivent plus des deux tiers des personnes infectées, le nombre de ces dernières continue d’augmenter même si de réels progrès ont été accomplis en termes de traitement et de prévention. De plus, aujourd’hui, la moitié seulement des Africains nécessitant un traitement VIH y ont accès.

L'impact de l'épidémie a été considérable dans les pays du sud, en particulier en Afrique subsaharienne où l'épidémie a beaucoup affecté le développement pendant les décennies passées. Dans de nombreux pays, les systèmes de santé ont été déstabilisés par l’afflux de patients à prendre en charge, les économies locales et nationales ont été freinées en raison du poids de la maladie chez les générations actives, cadres, ouvriers, agriculteurs, commerçants...

Aujourd’hui, cependant, pour beaucoup de pays africains, notamment ceux producteurs de matières premières, la situation semble être à l’embellie économique avec une progression du PIB de l’Afrique de près de 6% pour 2012. Pourtant le ralentissement de la progression de l’épidémie et la prévention des décès liés au sida, porteurs de gros espoirs, sont toujours dépendants dans une large mesure des actions menées par des partenaires internationaux : les deux tiers des dépenses consacrées au sida en Afrique proviennent de sources extérieures. Or les investissements internationaux dévolus à la riposte au sida ont diminué de 13% entre 2009 et 2010, note Onusida.

L'Europe, de son côté, n'est pas épargnée par la progression de l’épidémie : à l'Est, on observe depuis quelques années une flambée de l'épidémie, en particulier chez les usagers de drogues par voie intraveineuse. De plus, comme en Afrique, l’épidémie de VIH/SIDA contribue à la propagation de la tuberculose.

La coinfection par les virus des hépatites, en particulier le VHC, devient aussi un gros problème de santé publique souvent ignorée par les autorités de santé dues pays concernés.

En Europe de l’Ouest, globalement, le nombre de nouvelles déclarations de séropositivité diminue. En revanche, il reste stable voire augmente dans le groupe des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. La moitié des nouveaux cas déclarés viennent de populations en situation de difficultés sociales et de travailleurs migrants. Ces hommes et ces femmes, qui ont un accès souvent retardé au dépistage et aux soins, sont particulièrement exposés aux coinfections par les virus des hépatites et le bacille de la tuberculose.

La recherche, pour mieux comprendre, prévenir et soigner

Au Nord comme au Sud, l’épidémie est toujours là, même si son profil a changé au fur et à mesure des avancées en matière de prévention et de thérapeutique. Elle affecte particulièrement les populations et les continents les plus pauvres. Ses conséquences en termes de santé publique, en termes d'équilibre social et politique des Etats, justifient toujours un engagement majeur des pays développés.

La recherche est au cœur de cet effort et doit être une activité prioritaire, elle doit se poursuivre pour améliorer les stratégies de prévention, améliorer et simplifier les traitements, réduire les complications qu'ils engendrent, améliorer la qualité de vie des patients.

Dans les pays à ressources limités, les recherches doivent surtout porter sur la prévention dans les populations à haut risque d’infection, l'adaptation des outils de suivi de patients, le développement de régimes thérapeutiques simplifiés et l'amélioration de l’adhésion des patients aux traitements.

La recherche dans les pays du Sud est une des priorités de l'agence dans le contexte actuel de l'épidémie.

Partout, l’effort de recherche doit aussi viser à mieux comprendre, prévenir et soigner les co-infections du VIH avec les hépatites et la tuberculose.

L’ANRS couvre tous les champs de la recherche nécessaires à la lutte contre l’épidémie de sida. A l’exception du Service Recherches dans les pays du Sud, les différents Services scientifiques de l’ANRS sont chacun en charge d’un domaine spécifique (recherche fondamentale, recherche clinique, recherche vaccinale, recherche en santé publique, science de l’homme et de la société). Mais il existe, en pratique, de multiples passerelles entre ces domaines, entre les sciences sociales et la clinique, ou entre la recherche fondamentale et la clinique.

La recherche fondamentale a pour objectif de contribuer à une meilleure connaissance du VIH, de l'immunopathologie liée à l'infection par ce virus et de mieux comprendre les mécanismes qui président à la persistance du virus. Elle est à l'origine de nouvelles stratégies thérapeutiques pouvant permettre de limiter l'évolution de la maladie et de l'épidémie, et peut être à mettre fin à cette dernière à terme..

La recherche clinique élabore de nouvelles stratégies thérapeutiques dans le cadre d'essais se déroulant en conformité avec les bonnes pratiques cliniques, en dialogue et partenariat avec le milieu associatif et l'industrie pharmaceutique qui produit les molécules.

Les progrès dans la prise en charge ne sauraient faire oublier l'importance de la prévention. Les chercheurs en santé publique, sciences humaines et sociales ont un rôle déterminant dans l'étude des comportements de prévention et de l'accès aux traitements ou au système de santé.

Par ailleurs, la recherche sur le vaccin préventif contre le sida reste une priorité. Elle est d'ordre fondamental, mais aussi clinique. Avec l'objectif de mettre au point un vaccin qui soit accessible à tous, les chercheurs doivent progresser dans la connaissance des mécanismes immunitaires, tout en continuant à améliorer les candidats-vaccins et à évaluer, dans le cadre d'essais rigoureux, la tolérance et la capacité immunogène de ces derniers. De nombreuses équipes dans le monde sont mobilisées depuis plusieurs années sur ces problèmes et l’Agence soutient largement les équipes françaises ainsi que des partenariats internationaux. En 2012, elle a participé à la création de l’institut de recherche vaccinale (VRI).

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Les sites de l'OMS (http://www.who.int), de l'Onusida (http://www.unaids.org), et du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (http://www.theglobalfund.org)

Les sites des organismes de recherche :

Français : Cnrs (http://www.cnrs.fr), Inserm (http://www.inserm.fr), Institut Pasteur (http://www.pasteur.fr), IRD (http://www.ird.fr)

Etrangers : NIH (http://www.nih.gov), NIAID (http://www.niaid.nih.gov), MRC(http://www.mrc.ac.uk)