Présentation générale

La recherche en santé publique et sciences sociales à l’ANRS

  • ANALYSER ET COMPRENDRE LES FACTEURS QUI LIMITENT LE RECOURS A LA PREVENTION, AU DEPISTAGE ET AUX SOINS
  • PROPOSER DES ACTIONS POUR REPOUSSER CES LIMITES
  • CONTRIBUER A L'AMELIORATION DES POLITIQUES DE SANTE PUBLIQUE
  • IMPULSER DES RECHERCHES SUR LES SITUATIONS ET POPULATIONS LES PLUS EXPOSEES
  • CONSTRUIRE UNE RECHERCHE IMPLIQUANT LES COMMUNAUTES
 

Depuis sa création, l'ANRS a impulsé et financé un nombre important de recherches en santé publique et en sciences de l'homme et de la société sur le VIH. Le caractère permanent de cet engagement renvoie aux caractéristiques mêmes de l'infection par le VIH et de l'épidémie de sida, que l’on retrouve aussi dans les infections par les virus des hépatites B et C. Les dimensions sociales, psychologiques et culturelles sont majeures : des modes de transmission liés à la sexualité et à l'usage de drogues, une évolution chronique de la pathologie, des traitements contraignants aux effets secondaires...signent en effet cette épidémie.

En explorant ces dimensions, les scientifiques cherchent à produire des connaissances utiles pour améliorer les stratégies de prévention et de prise en charge des personnes atteintes. L'implication de l'ANRS concerne l'ensemble des disciplines scientifiques : sociologie, psychosociologie clinique, psychologie sociale, anthropologie, sciences économiques, sciences politiques et juridiques.
Une deuxième caractéristique de cette recherche est sa transversalité : les progrès thérapeutiques très significatifs, qui ont permis d'améliorer, à partir du milieu des années 90, la durée et la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH, ont conduit à redéfinir les priorités de recherche en sciences sociales, et à se rapprocher des disciplines biomédicales.

Dans les différents groupes qui composent la population, de grandes disparités dans la prévalence de l’infection aux VIH et aux virus des hépatites subsistent. On retrouve ces disparités dans l’accès au dépistage et aux soins et dans les conséquences concrètes et quotidiennes de ces maladies. Elles sont liées à l’origine, à la catégorie sociale et au genre. A l’ANRS, un intérêt particulier est donc accordé aux études portant sur les migrants, les homosexuels masculins, les situations dans les DOM et aux approches en terme de genre.

La lutte contre le VIH/Sida renvoie aujourd'hui à de nouveaux enjeux liés aux évolutions sociales et à une modification du paysage thérapeutique, préventif, et des systèmes de santé dans les pays du Nord et du Sud. Si l’incidence mondiale de l’épidémie diminue depuis 1999, elle reste élevée avec, en 2009, 2,6 millions de nouvelles contaminations. Du côté des traitements, l’accès universel est loin d’être atteint dans les pays en développement.

En France et dans les autres pays du Nord, l’épidémie se maintient à des niveaux préoccupants chez les migrants et chez les homosexuels masculins.

De nouvelles stratégies de lutte utilisant les récents progrès des technologies biomédicales sont aujourd’hui disponibles (tels le traitement précoce et de masse à des fins préventives : TASP, le traitement post- et pré-exposition, la circoncision) dont la mise en œuvre dans des contextes sociaux, économiques, épidémiologiques diversifiés, n’est pas sans poser question tant du point de vue de leur efficacité réelle que de celui des enjeux sociaux et éthiques que leur diffusion peut soulever.

C’est aussi l’effet de la crise économique internationale sur les systèmes et politiques de santé en général, et de lutte contre le VIH en particulier, qu’il convient d’interroger, et notamment l’impact de la redéfinition des rôles des acteurs publics et privés impliqués dans le champ du VIH. Des changements fondamentaux ont eu lieu ces dernières années s’agissant des conditions de production et d’accès aux traitements dont l’effet sur l’accroissement des inégalités sociales entre les personnes atteintes au Nord et au Sud reste à explorer finement.

Nos priorités déclinées en plusieurs thématiques :

L’activité du service Santé publique-Sciences de l’homme et de la société (SP-SHS) de l’ANRS couvre cinq grands domaines:

  • la recherche en sciences sociales (sociologie, économie, anthropologie…) et en épidémiologie sur le VIH et les hépatites virales en France
  • la recherche en sciences sociales dans les pays du Sud (avec le service Recherche dans les pays du Sud)
  • la recherche en socio-économie dans les pays du sud, notamment au Brésil
  • la recherche qui associe cliniciens et chercheurs en sciences sociales (cohortes de personnes contaminées par le VIH, le VHB et /ou le VHC)
  • la recherche communautaire, qui associe des chercheurs et des associations de lutte contre le sida

Réalisations majeures récentes

Les enquêtes KABP (Knowledge, attitudes, beliefs and practices)

Réalisées à intervalle régulier depuis plus de 10 ans (1992, 1994, 1998, 2001, 2004 et 2010), les enquêtes KABP permettent de suivre l'évolution des connaissances, attitudes, croyances et comportements face au virus du sida des adultes vivant en Ile-de-France et en France. Elles se déroulent aussi dans les Antilles et en Guyane depuis 2004.

Les enquêtesPresse Gay (EPG)

Les enquêtes Presse Gay permettent de suivre depuis 20 ans, l’évolution des modes de vie et les comportements préventifs des homo et bisexuels masculins lecteurs de la presse gay en administrant un auto-questionnaire diffusé dans des revues identitaires. Depuis 2011, cette enquête , réalisée via internet, concerne aussi les femmes homosexuelles.

2010 : l’étude ANRS Com’Test

Réalisée avec l’association Aides, l’étude Com’Test a évalué la faisabilité d’une offre de dépistage communautaire non médicalisé par un test rapide réalisé par des bénévoles associatifs auprès des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Depuis, ce type de dépistage a été autorisé et est rentré dans l’usage courant en France.

2010-2011 : une nouvelle enquête ANRS Vespa

Après Vespa 1 en 2003, Vespa 2 réalisée dans toute la France y compris les DOM, compare, pour les deux époques, les indicateurs médicaux, sociaux et comportementaux aussi bien que les modes de vie au sein d’un échantillon de la population des personnes vivant avec le VIH.

Une nouvelle manière de faire de la recherche

L’ANRS a constitué, en 2010 un groupe de travail «recherche communautaire» en partenariat avec l’association Aides : il s’intéresse aux enjeux et méthodes entourant la participation des communautés aux actions de recherche que soutient l’ANRS. Plusieurs projets ont ainsi pu se construire sur la prévention et le dépistage.

Avec le Réseau santé et société de la Maison des Sciences de l’Homme, l’ANRS a mis en place un réseau de jeunes chercheurs en sciences sociales sur le sida. Il a pour but de favoriser les liens entre cette communauté et les chercheurs d’autres domaines ainsi qu’avec les associations de lutte contre le sida.

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