Présentation générale

La recherche sur un vaccin anti-VIH

  • ACCÉLÉRER LA MISE AU POINT DE VACCINS CONTRE LE SIDA
  • MOBILISER LA COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE AUTOUR D'UN PROGRAMME
  • FAVORISER UNE PLURIDISCIPLINARITÉ ALLANT DU FONDAMENTAL AUX ESSAIS CLINIQUES
  • METTRE EN SYNERGIE LES MOYENS HUMAINS ET TECHNOLOGIQUES
 

Depuis sa création, l'Anrs est l'un des principaux acteurs internationaux de la recherche d'un vaccin préventif contre le sida. L’agence a développé un programme global et transversal de recherche d’un vaccin contre le sida : il s’étend de la recherche fondamentale aux essais cliniques et inclut les sciences humaines et sociales.

L’objectif de ce programme est d’améliorer les candidats vaccin de l’agence, d’en développer de nouveaux, d’identifier et tester les meilleures combinaisons possibles pour protéger contre l’infection.

Les équipes engagées dans ce programme évaluent la capacité de candidats vaccins à induire une réponse immunitaire cellulaire (production de lymphocytes T CD8 et CD4) et humorale (production d’anticorps par les cellules B). Elles cherchent également à identifier et comprendre les réponses immunes innées qui peuvent avoir un rôle protecteur contre le VIH.

En raison de la complexité du problème, l’Anrs a toujours considéré que la recherche d’un vaccin devait bénéficier d’un programme à part fonctionnant selon des modalités quelque peu différentes de celles des autres secteurs de recherche soutenus par l’agence.

L’Anrs a donc choisi un fonctionnement de type « du haut vers le bas » : le programme est défini dans ses grandes lignes par la direction scientifique ; les projets sont ensuite conçus avec les équipes de recherche membres du réseau vaccin de l’Anrs ou extérieurs, selon la nature du projet.

Un conseil scientifique extérieur, constitué d’experts internationaux, se prononce régulièrement sur les choix et les orientations effectués.

Le programme vaccin a pour objectif de :

  • Définir les corrélats immunologiques de la protection contre l’infection par le VIH
  • Établir l’étendue et la qualité de la réponse immunitaire induite par les candidats-vaccins
  • Améliorer l’immunogénicité des candidats-vaccins actuels
  • Identifier les combinaisons antigène/adjuvants permettant d'induire une réponse immunitaire sur le long terme
  • Comprendre les mécanismes d'échappement du VIH au système immunitaire

Les candidats vaccins de l’Anrs

L’Anrs développe plusieurs types de candidat-vaccins, depuis leur conception jusqu’à leur évaluation clinique. La stratégie de l’agence dite de "Prime Boost" consiste à associer plusieurs candidats-vaccins différents, afin d’optimiser les réponses immunitaires : un premier vaccin (« Prime ») est suivi de l’injection d’un second (« Boost »), ce qui permet d’amplifier la réponse immunitaire.

L’Anrs développe trois types d’approches vaccinales :

Les vaccins lipopeptidiques

C’est l’approche vaccinale « historique » de l’Anrs sur laquelle des équipes travaillent depuis 1992. La première publication de résultats cliniques (l’essai ANRS VAC04) remonte à 2000.

Dans ce concept vaccinal, on utilise un fragment synthétique de protéines du VIH, ou peptide, destiné à induire une réponse immunitaire chez l’hôte : ce peptide agit alors comme un antigène.

Afin de faciliter la présentation du peptide au système immunitaire, le protéger et augmenter son pouvoir immunogène, un groupement lipidique lui est associé. Les lipopeptides de l'Anrs portent des fragments des protéines virales Gag, Pol et Nef, communs à un grand nombre de souches VIH circulant dans le monde.

Le candidat-vaccin LIPO-5 (constitué de 5 lipopeptides) a montré une bonne tolérance chez les personnes volontaires participant aux essais cliniques de l'Anrs. De plus, il induit des réponses cellulaires (CD8) fortes dirigées contre plusieurs fragments du VIH, et ce chez un nombre significatif de personnes vaccinées. Les essais cliniques continuent, en particulier en testant une stratégie « prime-boost » où LIPO-5 est associé à d’autres candidat-vaccins.

Le vaccin à virus recombinant

Il est constitué d’un vecteur, le MVA (Virus Ankara modifié non pathogène) dans lequel ont été insérés des gènes synthétiques du VIH. Une fois injecté, le candidat-vaccin induit la production des protéines codées par les gènes VIH. L’objectif est ainsi de stimuler l’immunité cellulaire, qui permettra la destruction des cellules infectées. Ce candidat-vaccin sera évalué seul et en combinaison, dans une stratégie "prime-boost".

Pré-programmation des cellules dendritiques

L’Anrs en collaboration avec le Baylor Institute de Dallas a mis au point des candidat-vaccins qui permettent d'activer les cellules dendritiques (DC). Ces cellules ont un rôle central dans l’immunité, car elles permettent la présentation des antigènes étrangers aux cellules effectrices du système immunitaire (CD4 et CD8). Les DC sont des cellules présentatrices d'antigènes : elles « patrouillent » en périphérie des organes et absorbent des fragments circulants qu’elles reconnaissent comme étrangers et pour les présenter au système immunitaire.

Des anticorps monoclonaux capables de se fixer à la surface des cellules dendritiques, permettent leur stimulation. La préparation vaccinale constituée d’un tel anticorps monoclonal couplé à des antigènes du VIH, va permettre la stimulation des cellules dendritiques et la mise en place d'une réponse immunitaire spécifique.

En parallèle à ce programme visant à mettre au point un vaccin prophylactique, l’Anrs a développé un programme de recherche sur des vaccins à visée thérapeutique. Ceux-ci s’adressent à des patients séropositifs sous traitement. Objectif : « dynamiser », par une approche vaccinale, leur système immunitaire.

C’est ainsi que l’essai DALIA, 1 a été lancé début 2009 aux Etats-Unis en partenariat avec le Baylor Institute. Il a évalué la tolérance de l’administration de cellules dendritiques prélevées chez le patient, mises en contact avec les lipopeptides puis ré-administrées au même patient. Le candidat-vaccin a montré qu’il était bien toléré.

L’Anrs a par ailleurs programmé un essai évaluant l'efficacité d'une stratégie d’immunisation thérapeutique combinant deux candidats-vaccins différents dans une stratégie de « prime-boost » chez des patients séropositifs : un vaccin à ADN recombinant, développé par la société FIT Biotech, associé au vaccin LIPO-5.

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