VIH/COVID-19 : collaboration mondiale pour identifier des stratégies cliniques essentielles

29 avril 2020
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(SYDNEY, Mercredi 29 avril 2020) Dans le monde, le nombre de personnes infectées par le COVID-19 est en constante augmentation et les médecins-chercheurs s’inquiètent de l’impact de la pandémie sur les populations les plus marginalisées. Les personnes atteintes par le VIH et vivant dans des pays à revenu faible et aux ressources limitées constituent, notamment, une source de préoccupation majeure. Ces patients sont en effet exposés à un risque d’issue plus grave en cas d’infection virale.

Le Kirby Institute de l’Université de Nouvelles-Galles du Sud (UNSW Sydney) assurera la coordination d’une étude multipays visant à déterminer les facteurs de risque de l’infection à COVID-19 chez les personnes atteintes du VIH. Cette étude permettra également de recueillir des informations essentielles afin de guider les stratégies de soins cliniques dans les pays à revenu faible.

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Cette recherche est financée par Unitaid et ViiV Healthcare, et sera menée dans 15 pays, par le biais de partenariats avec le département Ezintsha de l’Université Wits RHI (Johannesburg, Afrique du Sud), l’Université de Montpellier, l’ANRS (Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales), l’Hôpital Central de Yaoundé (Cameroun), les Hôpitaux Universitaires de Genève et l’Université de Liverpool.

À l’échelle mondiale, 37,9 millions de personnes sont atteintes par le VIH et vivent, pour la plupart d’entre elles, dans des pays à bas revenus dont les systèmes de santé étaient dépassés bien avant l’apparition de l’infection à COVID-19.

« Il est impératif et urgent d’établir comment le COVID-19 affecte les personnes vivant avec le VIH dans des environnements à bas revenus afin que nous puissions planifier les besoins de santé de ces populations », a indiqué Mark Polizzotto, directeur de l’étude et Professeur associé au Kirby Institute.

« Les pays à revenu élevé peinent, et dans de nombreux cas échouent, à contenir l’épidémie à COVID-19 sur leur territoire. Dans les cas où ils ont fait preuve de réussite, ils le devaient à des systèmes de santé publique sophistiqués et à des stratégies coordonnées et dotées de ressources adéquates permettant de contrôler les déplacements des personnes », a ajouté le Professeur Polizzotto. « Toutefois, dans certains environnements à revenu faible, cela ne sera tout simplement pas possible. Lorsque les gens vivent à l’étroit et ne bénéficient d’aucune protection sociale du gouvernement, il est pratiquement impossible de les empêcher d’aller travailler. Si vous ajoutez à cela le nombre élevé de personnes atteintes du VIH, vous comprendrez aisément la préoccupation mondiale concernant l’impact potentiel du COVID-19 en Afrique et dans d’autres environnements aux ressources limitées dans notre région. »

Premier programme de ce type au monde, cette collaboration de recherche, intitulée COHIVE, réunira quatre essais existants portant sur le traitement du VIH et suivra les participants de ces essais ayant eu, par ailleurs, un résultat de test positif pour le COVID-19.

« Les essais cliniques existants, coordonnés par ce groupe de chercheurs, englobent une série de traitements du VIH, de populations atteintes par le VIH et de régions géographiques – notamment des populations particulièrement vulnérables comme les femmes enceintes atteintes du VIH – ce qui nous permet d’appréhender le spectre complet de cette urgence mondiale pour la santé publique qu’est le COVID-19 et de comprendre son impact sur les personnes atteintes par le VIH », a indiqué le Dr Philippe Duneton, Directeur exécutif d’Unitaid.« C’est la raison pour laquelle nous avons octroyé un financement supplémentaire afin d’ajouter à ces essais une composante observationnelle concernant le COVID-19. Cette recherche s’inscrit exactement dans la lignée des innovations collaboratives qu’Unitaid soutient depuis de nombreuses années et ce projet fait partie de ces dispositifs que nous avons adaptés rapidement afin de redéployer nos ressources pour venir en aide aux personnes les plus vulnérables face au COVID-19. »

Selon le Professeur Polizzotto, la crise de santé publique due au COVID-19 exige de nous une forte collaboration, un partage des connaissances et, plus important encore, la conscience aiguë de notre appartenance à une même espèce, l’humanité. « Lorsque les personnes les plus déshéritées de la société disposeront des mêmes outils que les plus fortunés pour se protéger de l’infection à COVID-19, nous saurons alors que nous avons fait tout ce que nous avons pu », a-t-il conclu.


Contact média :

Luci Bamford, Kirby Institute, +61 4 32 894 029 - lbamford@kirby.unsw.edu.au
Des entrevues peuvent être organisées avec le Professeur associé Mark Polizzotto


Citations des parties prenantes :

« Bien évidemment, nous qui sommes déjà touchés par le VIH sommes inquiets. Notre système immunitaire est affaibli et, par conséquent, nous souhaiterions avoir très rapidement des réponses à des questions fort simples. Nous souhaitons savoir comment le COVID-19 affectera notre système immunitaire déjà fragilisé ? Comment les vaccins et les traitements contre le COVID-19 affecteront-ils mon traitement du VIH et inversement ? Les vaccins seront-ils sûrs pour moi ? Nous avons besoin d’avoir des réponses. Les études planifiées sont absolument essentielles et nous permettront de mieux comprendre la co-infection par le COVID-19 et le VIH. Elles contribueront également à établir des stratégies pour une meilleure prise en charge des personnes atteintes du VIH et du COVID-19 dans les pays à revenu faible ou moyen. »
Kenly Sikwese, Coordinateur, Conseil consultatif de la communauté africaine (AFROCAB)

« Cette étude, qui permettra de répondre à une question scientifique importante, sera menée dans le respect de la sécurité des patients et des soignants. Toutes les mesures de prévention nécessaires seront en effet mises en œuvre. »
Professeur Éric Delaporte, PI ANRS12313 NAMSAL, Université de Montpellier

« L’infection à COVID-19 nous concerne tous. En tant que chercheurs travaillant avec des femmes enceintes séropositives, nous savons qu’il est urgent de caractériser et, si possible, de limiter le risque d’infections à coronavirus chez ces femmes. Toute aide à cette recherche est particulièrement bienvenue et nous sommes heureux de collaborer avec nos collègues de l’UNSW sur cette question hautement prioritaire. »
Professeur Saye Khoo, PI DOLPHIN2, Université de Liverpool

« Il n’existe actuellement que très peu de données relatives aux résultats pouvant découler d'une infection à COVID-19 en termes de mortalité et de morbidité chez les personnes atteintes du VIH. Cette étude que nous menons est essentielle pour permettre à nos systèmes de santé publique d’identifier comment mieux gérer le fardeau de morbidité supplémentaire que le COVID-19 représente dans ce groupe de population particulier. »
Professeur François Venter et Dr Joana Woods, PIs ADVANCE, Ezintsha Wits RHI

« ViiV Healthcare est fier d’apporter son soutien, depuis de nombreuses années, aux essais de traitement du VIH dans les pays à revenu faible ou moyen par l’intermédiaire de partenariats avec des chercheurs. Nous sommes heureux de maintenir notre appui à ces différents travaux, qui intègrent désormais dans leur agenda la lutte contre le COVID-19. »
Dannae Brown, ViiV Healthcare


À propos du Kirby Institute

Le Kirby Institute est un institut de recherche international de premier plan, dédié à la prévention et au traitement des maladies infectieuses. Créé en 1986 en réponse à l’épidémie de VIH, alors émergente, l’institut contribue désormais à accroître les connaissances sur un large éventail de maladies, notamment l’hépatite virale et les infections sexuellement transmissibles.

À propos d’Unitaid

Unitaid met à la disposition de ceux qui en ont le plus besoin les nouvelles découvertes médicales et ouvre la voie à l’introduction à grande échelle des nouveaux produits thérapeutiques en travaillant en étroite collaboration avec les gouvernements et différents partenaires, comme le PEPFAR, le Fonds mondial et l’OMS. Unitaid investit dans de nouvelles méthodes permettant de prévenir, diagnostiquer et traiter les maladies, notamment le VIH/SIDA, l’hépatite C, la tuberculose et le paludisme, plus rapidement, plus efficacement et à moindre coût. Un nombre croissant de nos programmes concernent plus d’une maladie, ce qui permet ainsi d’optimiser l’efficacité de nos systèmes de santé. unitaid.org