Journée mondiale contre l’hépatite 2026

Comme chaque année, à l’occasion le 28 juillet de la Journée mondiale contre l’hépatite, l’ANRS MIE rappelle et renouvelle son engagement dans la recherche sur les hépatites virales.

Dernière mise à jour le 28 juillet 2026

L’essentiel

Depuis 2010, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Alliance mondiale contre l’hépatite (WHA) célèbrent chaque année la Journée mondiale contre l’hépatite, à l’occasion de l’anniversaire, le 28 juillet, de Baruch Samuel Blumberg, prix Nobel de médecine 1976 et premier à identifier le virus de l’hépatite B.

En 2026, les deux organisations engagent la communauté scientifique et les différents pays du monde à « briser le silence, briser le cycle et briser les préjugés » qui entourent les hépatites virales.

Impliquée dans cette lutte depuis 1999, l’ANRS Maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE) poursuit sa contribution pour faire avancer la recherche sur ces pathologies.

Hépatites virales : la principale cause de cancer du foie

Les hépatites virales comptent parmi les maladies transmissibles les plus meurtrières au monde, devant la tuberculose. Ces inflammations du foie sont causées par un ou plusieurs virus (hépatites A, B, C, D ou E) aux modes de transmission divers (voie sanguine, contact sexuel, etc). Dans le cas des hépatites B et C, elles peuvent devenir chroniques et entraîner un cancer du foie, dont elle demeure la principale cause.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 287 millions de personnes vivaient avec une hépatite B ou C chronique dans le monde en 2024. Une estimation en baisse par rapport aux 304 millions de personnes touchées en 2022. Néanmoins, le nombre annuel de décès causés par ces deux maladies ne fléchit pas : 1,34 millions.

La science avance mais les obstacles demeurent

En juillet 2022, l’OMS s’est fixée pour objectif d’éradiquer le VIH/sida, les hépatites et d’autres infections sexuellement transmissibles d’ici à 2030. S’agissant des hépatites, elle entend contribuer à réduire le nombre de nouvelles infections à 520 000 par an (contre environ deux millions de nouveaux cas estimés par an) et le nombre de décès à 450 000 par an.

« Si nous n’agissons pas rapidement et durablement, les hépatites virales pourraient causer, à l’inverse, 9,5 millions de malades, 2,1 millions de cancers du foie et 2,8 millions de morts supplémentaires en 2030, projette l’OMS. Les outils pour éviter ce scénario existent déjà : des vaccins efficaces, des diagnostics exacts, des traitements contre l’hépatite C, des thérapies contre l’hépatite B. Pourtant, des millions de personnes demeurent non-diagnostiquées, non-traitées et sans accessibilité aux soins face à la stigmatisation, la mésinformation, les manques des systèmes de santé et des inégalités persistantes. »

287 M
Nombre de personnes vivant avec une hépatite B ou C chronique en 2024
1,34 M
Nombre de décès causés par l’hépatite B ou C en 2024
2030
Échéance pour éradiquer les hépatites virales (objectif de l’OMS)

L’actualité de l’ANRS MIE sur les hépatites virales

Fondée initialement en 1988 pour lutter contre l’épidémie de VIH/sida, l’ANRS Maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE) soutient la recherche sur les hépatites virales depuis 1999 (pour l’hépatite C, puis à partir de 2005, pour l’hépatite B). L’agence a ainsi pour mission de financer, coordonner et animer la recherche sur ces pathologies. Et ces douze derniers mois ont continué de l’illustrer.

Renforcer nos connaissances sur les hépatites virales

En octobre 2025, les chercheuses et chercheurs de l’étude Cam-C, promue et financée par l’ANRS MIE, en ont publié les premières conclusions dans la revue The Lancet Regional Health – Western Pacific. Ce travail a été mené en 2022 au Cambodge pour évaluer l’efficacité de deux stratégies de lutte contre l’hépatite C (VHC), véritable problème de santé publique dans le pays. Résultat : l’approche communautaire est plus efficace qu’en établissement de santé car elle améliore le recours au dépistage rapide des porteurs d’anticorps anti-VHC.

L’ANRS MIE a contribué au lancement, en décembre 2025, du projet européen SHIELD (pour Strategies for Health Interventions to Eliminate Infection related Cancers). Coordonné par le Centre of Excellence for Health, Immunity and Infections (CHIP) du Rigshospitalet au Danemark, le projet SHIELD vise à faciliter l’accès à la vaccination contre l’hépatite B (VHB) et le papillomavirus humain (HPV) ainsi qu’à améliorer le dépistage de VHB, de VHC, du HPV, du VIH et de la tuberculose par une approche intégrée de ces différentes pathologies, parmi 25 pays partenaires. Dans ce cadre, l’ANRS MIE a été chargée, avec le Public Health Center d’Ukraine, de suivre et évaluer la mise en place du projet SHIELD, en veillant à ce qu’elle soit conforme aux objectifs, aux délais et aux résultats prévus.

Initié en janvier 2026, le projet de recherche Delta Amazonia entend retracer et approfondir l’histoire épidémiologique de l’hépatite D (ou delta) dans le bassin amazonien et les zones limitrophes, au croisement du Brésil, du Pérou et du Venezuela, du début du 20e siècle à nos jours. Financé et promu par l’ANRS MIE, il mise sur une approche géographique caractérisant les paysages et territoires des épidémies d’hépatite D, associée à des approches d’ethnohistoire des épidémies et de phylogénie et phylogéographie des souches virales anciennes et récentes.

En janvier 2026 également, plusieurs chercheuses et chercheurs membres de la taskforce « ANRS HBV Cure », engagée notamment à identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et molécules antivirales pour une guérison fonctionnelle du virus de l’hépatite B (VHB), ont publié une étude financée par l’ANRS MIE dans Cell Host & Microbe. Celle-ci montre que l’antiviral GLP-26, agissant sur la capside du virus, réduit effectivement la virémie et ralentit la prolifération du VHB chez des souris humanisées infectées. Le tout entraînant une séroconversion et une guérison fonctionnelle du VHB.

Par ailleurs, les premiers résultats du volet Outre-mer de la grande enquête CSF-2023, sur le contexte des sexualités en France, sont parus en avril 2026. Menée à l’initiative de l’ANRS MIE, aux côtés notamment de l’Inserm, de Santé publique France, du CNRS ou encore de l’Ined, cette enquête a décrit pour la première fois les pratiques sexuelles et préventives de la population générale en Guyane, Martinique, Guadeloupe et La Réunion. Parmi ses principaux constats, l’étude atteste d’une « insuffisance » dans la couverture vaccinale contre le VHB et les HPV.

Enfin, au cours des mois de juin et de juillet 2026, la phase de lancement de l’étude HIPOCAMP a été amorcée dans deux des quatre pays impliqués, au Vietnam et en Côte-d’Ivoire. Cette étude, promue et financée par l’ANRS MIE, vise à comparer deux stratégies de prévention de la transmission du VHB pendant la grossesse : par un traitement systématique des femmes porteuses du virus ou seulement à la suite d’un diagnostic en « point-of-care ». Les premiers centres de santé ont été établis, en juin en Côte-d’Ivoire et en juillet au Vietnam, et des formations ont été dispensées aux équipes soignantes afin de mener les premières inclusions de participantes au plus vite. Au total, 3 200 femmes porteuses du VHB seront incluses dans les quatre pays (comprenant également le Cameroun et Togo) pour un suivi jusqu’à 9 mois après leur accouchement.

Nouvelle génération, nouveaux savoirs

La jeune génération de scientifiques soutenus par l’ANRS MIE, à travers les nombreux dispositifs de son programme Start, a également contribué à faire avancer la recherche sur les hépatites virales.

Une étude parue en mars 2026 dans la revue Cell a été l’une des rares à s’intéresser aux deltavirus, une famille de virus microscopiques méconnus dont fait partie celui de l’hépatite D. Premier auteur de l’étude, le Dr Joe McKellar y a contribué dans le cadre d’un post-doctorat financé par l’ANRS MIE. Il a ainsi participé à découvrir que les deltavirus n’empruntent pas seulement les protéines de surface d’autres virus (comme l’hépatite D avec l’hépatite B) mais peuvent s’y introduire sous forme d’hybrides. Une découverte qui « ouvre le champ des possibles », selon le Dr Joe McKellar, depuis récipiendaire du prix « Les Grandes Avancées Françaises en Biologie 2026 » de l’Académie des sciences.

Par ailleurs, comme chaque année, l’action coordonnée « Recherche fondamentale et translationnelle sur les hépatites virales » (AC42) de l’ANRS MIE s’est associée avec la Société française de virologie (SFV) pour récompenser des thèses soutenues l’année précédente portant sur les hépatites virales. En 2026, elle a ainsi salué les travaux d’Olivia Paronetto (université de Toulouse III) sur les mécanismes de réplication du virus de l’hépatite E et de Zakaria Boulahtouf (ITM, Strasbourg) sur l’impact de l’infection des hépatocytes par le virus de l’hépatite B.

Enfin, une bourse universitaire d’excellence « François Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine », décernée chaque année par l’ANRS MIE, a également récompensé, pour la première fois, une jeune sage-femme. Adjo Amandine Eza, poursuivant actuellement des études de santé publique à l’université de Bordeaux, a été félicitée pour son stage portant sur la prévention de la transmission mère-enfant du virus de l’hépatite B. Mené au Togo, ce projet s’est inscrit dans le cadre du projet HIPOCAMP promu par l’ANRS MIE.

Hépatites virales : la recherche en continu

L’implication de l’ANRS MIE dans la recherche sur les hépatites virales ne date cependant pas d’hier. L’agence promeut de nombreux projets de recherche en la matière, autant clinique que fondamentale, de longue date. Et parmi eux, plusieurs grandes cohortes dont l’activité reste en cours, notamment :



Cohorte CirVir

L’étude ANRS CO12 CirVir a pour but de décrire l’histoire naturelle d’une vaste cohorte de patients atteints de cirrhose virale.

Cohorte HEPATHER : options thérapeutiques au cours des hépatites B et C

La cohorte ANRS CO22 HEPATHER est intitulée « Options thérapeutiques au cours des hépatites B et C : une cohorte nationale française ».

Cohorte ANRS HEPDELTA

Cohorte nationale du suivi des patients ayant une co-infection par les virus des hépatites B et Delta

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