Réseau International : deux journées pour partager et renforcer les coopérations scientifiques

L’édition 2026 de la réunion annuelle du Réseau International de l’ANRS MIE s’est tenue les 29 et 30 juin 2026 à Paris. Elle a permis de réunir, les représentants des Sites partenaires et des Plateformes de recherche internationale en santé mondiale (PRISME) mais également de nombreux partenaires français et internationaux de l’ANRS MIE.

Dernière mise à jour le 07 juillet 2026

L’essentiel

  • Les représentants des Sites partenaires et des PRISMEs ont présenté le bilan de leurs activités, leurs priorités scientifiques et leurs perspectives de collaboration.
  • Deux sessions scientifiques ont été consacrées aux Actions coordonnées Tuberculose et Modélisation des maladies infectieuses (FRAME).
  • Trois ateliers ont été organisés autour de l’animation scientifique au sein du Réseau International en lien avec les acteurs de la recherche et de la santé, les modalités de collaboration avec les équipes de recherche dans le suivi des projets soutenus par l’ANRS MIE, les stratégies de diversification des financements de la recherche. 
  • Un accord-cadre entre le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et l’ANRS MIE a été signé à cette occasion.

La première journée a débuté par un état des lieux de la circulation des virus respiratoires dans le monde, avant de se poursuivre par un point consacré à l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC). Cette session a mis en lumière les activités de coordination et de soutien déployées par l’ANRS MIE, en lien avec les acteurs de PRISME RDC, les équipes de recherche du projet EBO-PEP et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), dans le cadre du Coronavirus Research Consortium (CORC) dédié aux filovirus et piloté par l’ANRS MIE. La mobilisation conjointe de ces différents acteurs a ainsi permis d’accélérer la production de données probantes et le lancement de projets de recherche visant à améliorer les capacités diagnostiques, approfondir la compréhension des agents pathogènes, développer des stratégies de prévention, notamment vaccinales, et identifier des traitements efficaces.

Bilan 2025-2026 du Réseau International

Des recherches ancrées dans les priorités locales

Les présentations réalisées par les représentants des Sites partenaires et  PRISMEs ont témoigné du dynamisme et de la diversité des activités de recherche, développées avec l’appui de ces partenariats. Les projets en cours ou développés récemment couvrent le VIH, les hépatites virales, la tuberculose, les maladies infectieuses émergentes (notamment arboviroses et fièvres hémorragiques virales).

Ces recherches associent des approches cliniques, épidémiologiques, communautaires et en sciences humaines et sociales, pour répondre aux priorités identifiées dans les pays partenaires. Plusieurs équipes ont ainsi mené des travaux destinés à renforcer l’accès au dépistage et aux soins, à améliorer les stratégies de prévention, à mieux prendre en compte les populations clés ou vulnérables, ou encore à soutenir la préparation et la réponse aux épidémies. 

Principalement conduites dans les neuf pays partenaires du Réseau International, les recherches peuvent également s’étendre à d’autres pays de la région. Elles sont menées en collaboration avec de nombreuses institutions françaises et internationales et bénéficient du soutien de l’ANRS MIE ainsi que d’autres bailleurs de fonds.

Former, accompagner et partager les connaissances

Les bilans ont également souligné l’importance accordée au renforcement des capacités. Les Sites partenaires et les PRISMEs ont présenté la diversité des actions de formation continue, l’encadrement d’étudiants, de doctorants et de jeunes chercheurs, ainsi que l’organisation de journées scientifiques, de séminaires et d’autres espaces de partage d’expertise. 

Ces activités contribuent à renforcer les compétences locales, à faire émerger une nouvelle génération de chercheurs et à favoriser la valorisation des résultats de recherche dans les communautés scientifiques, auprès des décideurs et dans les programmes de santé. 

C’est le cas par exemple dans le cadre de PRISME Guinée, avec la deuxième édition du Diplôme Universitaire de Pharmacoépidémiologie et de Pharmacovigilance (DU PEPV) de l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry, organisée en partenariat avec le Département de Vigilance des Recherches Cliniques de l’ANRS MIE, qui s’est achevée en juin 2026. Cette formation contribue au renforcement des capacités en pharmacoépidémiologie et pharmacovigilance en Afrique de l’Ouest, avec l’ambition d’étendre progressivement son rayonnement à l’échelle sous-régionale.

Au Sénégal comme au Cameroun, le Centre Régional de Recherche et de Formation à la Prise en Charge Clinique de Fann (CRCF) à Dakar et le Centre de coordination et de recherche à l’Hôpital Central de Yaoundé, avec le soutien des Sites partenaires ont poursuivi le développement et la mise en œuvre d’une offre structurée de formations et de renforcement de capacités, en collaboration avec divers acteurs français et locaux dont les universités. Portant notamment sur la recherche clinique, la méthodologie et l’éthique de la recherche, l’écriture scientifique, les sciences sociales et l’approche One Health, ces formations s’adressaient aux étudiants, chercheurs, enseignants-chercheurs et acteurs communautaires.

Au-delà des nombreuses réunions thématiques organisées tout au long de l’année par chaque partenariat, les Journées scientifiques constituent des temps forts de partage et de valorisation des activités de recherche, réunissant l’ensemble des acteurs impliqués dans la recherche en santé – chercheurs, personnels de santé, autorités sanitaires, représentants des communautés et de la société civile – ainsi que des partenaires nationaux, français et régionaux. PRISME Côte d’Ivoire et PRISME Guinée ont organisé leurs premières Journées scientifiques depuis la signature de leur accord de partenariat. En Côte d’Ivoire, elles ont couvert un large éventail de thématiques, avec notamment l’introduction, pour la première fois, d’une session consacrée aux maladies non transmissibles. En Guinée, les échanges ont principalement porté sur les actions de préparation et de réponse aux épidémies. Au Vietnam, les journées scientifiques ont, pour la première fois, consacré une journée entière aux maladies infectieuses émergentes, avec un focus sur les arboviroses, une priorité majeure pour le pays.

Des partenariats qui se structurent

La période 2025-2026 a par ailleurs été marquée par la consolidation de plusieurs dynamiques institutionnelles et structurelles.

Au Brésil, le lancement de la plateforme PRISME France-Brésil, en octobre 2025, a constitué une étape importante pour renforcer et harmoniser les coopérations franco-brésiliennes. Un groupe de travail multi-institutionnel a été mis en place afin d’élaborer un cadre de gouvernance partagé et un plan stratégique commun pour les deux premières années du partenariat.

En Côte d’Ivoire, le début d’année 2026 a notamment été marquée par les 30 ans de la collaboration franco-ivoirienne et de PAC-CI et par l’élaboration du plan stratégique et opérationnel de PRISME-Côte d’Ivoire pour la période 2026-2030.

Ces démarches visent à structurer le dialogue entre les partenaires au sein de groupes de travail, à élaborer des plans d’action partagés, à mieux identifier les besoins et les ressources disponibles, et à valoriser les activités et les résultats issus des collaborations.

Fort d’une collaboration de longue date avec les équipes togolaises, l’ANRS MIE a engagé en 2025 la construction d’un PRISME au Togo, qui a vocation à devenir le dixième pays partenaire du Réseau International, en concertation avec les principaux acteurs français et nationaux de la recherche.

Au Cambodge et au Cameroun, les perspectives d’évolution vers le modèle PRISME ont également été mises en avant.

Tuberculose et modélisation des maladies infectieuses : deux axes de coopération à renforcer

Deux sessions scientifiques ont permis aux représentants du Réseau International d’échanger avec les membres de l’AC Tuberculose  et de l’AC Modélisation des maladies infectieuses, FRAME (French Research Action on Modelling Epidemics). 

La session consacrée à la tuberculose a permis de présenter l’organisation, les groupes de travail et les priorités de l’Action coordonnée Tuberculose. Plusieurs enjeux de recherche ont été abordés, notamment la tuberculose méningée, la tuberculose asymptomatique et la mortalité des patients sévèrement immunodéprimés, notamment à partir des premiers résultats de l’essai DATURA.

La seconde session assurée par les représentants de l’AC modélisation des maladies infectieuses (FRAME) a permis de mettre en avant plusieurs études de cas menées dans les pays à revenu faible et intermédiaire, notamment dans les pays du Réseau International. Ces études portaient sur la modélisation One Health appliquée aux zoonoses vectorielles, l’orientation des campagnes de vaccination contre la fièvre de Lassa, la réponse immunitaire après vaccination contre le virus Ebola ainsi que la préparation adaptative face aux épidémies.

Ces deux sessions ont permis de discuter les modalités de collaborations possibles entre les AC et les acteurs du Réseau International pour répondre ensemble aux enjeux de recherche et besoins de renforcement de capacités identifiés.

Perspectives du Réseau international

Les ateliers organisés durant la 2ème journée ont permis de dégager des objectifs communs et des feuilles de route pour renforcer l’animation du Réseau International, en favorisant le partage d’informations et le développement des collaborations entre l’ANRS MIE, les représentants du Réseau International et les équipes de recherche. Les priorités identifiées portent notamment sur l’émergence de nouveaux projets, la bonne mise en œuvre des projets, et la valorisation des recherches. Les échanges ont également mis en évidence la nécessité de diversifier les sources de financement, conduisant à l’engagement d’élaborer collectivement un plan d’action dédié.

La signature, à l’occasion de cette réunion, d’un accord-cadre entre le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et l’ANRS MIE constitue une perspective majeure pour le Réseau International. Ce partenariat s’inscrit dans cette dynamique de renforcement des coopérations dans le domaine de la recherche en santé mondiale et de la diplomatie scientifique.