Conférence mondiale sur la santé pulmonaire 2026 - Symposium de l'ANRS MIE sur la tuberculose

Le 18 novembre 2026 à Rio de Janeiro, au Brésil.

18 novembre 2026

L’essentiel

La prochaine Conférence mondiale sur la santé pulmonaire de l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies pulmonaires (Union) aura lieu du 17 au 20 novembre 2026 au Brésil. L’action coordonnée « Tuberculose » de l’ANRS MIE y organise un symposium-satellite focalisé sur cette maladie.

  • Date : 18 novembre 2026
  • Lieu : Rio de Janeiro, Brésil

L’Union internationale contre la tuberculose et les maladies pulmonaires (Union), association établie en 1920, organise chaque année la Conférence mondiale sur la santé pulmonaire. Prévu à Rio de Janeiro au Brésil du 17 au 20 novembre 2027 , ce rendez-vous accueillera un symposium organisée par l’action coordonnée « Tuberculose » (AC TB) de l’ANRS Maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE).

Symposium-satellite de l’ANRS MIE

Cette session aura lieu le mercredi 18 novembre 2026, de 17 h 45 à 19 h 15 (heure de Rio de Janeiro). Elle aura pour thème :  « La tuberculose : d’une maladie silencieuse à une maladie grave, enseignements tirés des essais cliniques et nouvelles stratégies ».

Elle explorera l’ensemble du spectre de la tuberculose, de l’infection asymptomatique à la forme grave, en mettant en évidence la manière dont les essais cliniques récents redéfinissent notre compréhension et la prise en charge de la tuberculose.

Les participants découvriront le fardeau caché de la tuberculose asymptomatique et ses implications en matière de transmission et de dépistage, ainsi que les données actuelles sur les stratégies visant à réduire la mortalité dans les formes graves.

La session abordera également les défis persistants liés à la tuberculose infantile et passera en revue les avancées en matière de nouveaux médicaments et de schémas thérapeutiques plus courts.

Dans l’ensemble, les participants découvriront comment les données issues des essais cliniques peuvent contribuer à des soins antituberculeux plus efficaces et centrés sur le patient, et orienter les priorités de recherche futures.

Appel à résumés

A cette occasion, l’ANRS MIE invitent les chercheurs intéressés à soumettre leurs résumés de travaux relatifs à des travaux soutenus par l’ANRS MIE.

L’agence fera un gros plan sur l’évènement pour valoriser les travaux retenus. Elle garantie la confidentialité des documents envoyés jusqu’à la levée de l’embargo imposé par la conférence.

Soumettre un résumé

Programme du symposium de l’ANRS MIE

Co-présidence de la session :

  • Draurio Barreira, ministère brésilien de la Santé (coopération avec le Site partenaire Brésil de l’ANRS MIE)
  • Pr Nathalie De Castro, AP-HP Hôpital Saint-Louis

La tuberculose asymptomatique : quelles implications pour le dépistage et les stratégies de lutte contre la tuberculose chez les populations fortement exposées ?

Intervenant : Nicolas NAGOT (CHU/Université de Montpellier)

Environ la moitié des personnes atteintes de tuberculose active au sein d’une population sont asymptomatiques, ce qui contribue à la transmission continue de la maladie et retarde le diagnostic. Ces cas remettent en cause les stratégies de dépistage traditionnelles basées sur les symptômes et soulèvent des interrogations quant à leur rôle dans la dynamique de la tuberculose. Une question centrale est de savoir si le fait de cibler ces cas asymptomatiques dans les stratégies de dépistage de la tuberculose peut améliorer de manière significative les stratégies de lutte contre la tuberculose. De plus, il est essentiel, pour une stratégie de dépistage efficace, de s’intéresser au parcours de soins des personnes atteintes de tuberculose qui ne se sentent pas malades. Nous nous appuierons sur l’exemple d’une stratégie communautaire de lutte contre la tuberculose mise en œuvre au sein d’un groupe à haut risque au Vietnam pour explorer ces questions.

L’objectif de la réduction de la mortalité liée à la tuberculose grave : enseignements tirés d’essais cliniques récents

Intervenant : François-Xavier BLANC (Centre hospitalier universitaire/Université de Nantes)

Malgré l’existence de traitements antimicrobiens efficaces, la mortalité reste élevée dans les formes graves de tuberculose, en particulier dans les cas de méningite tuberculeuse ou de tuberculose disséminée chez les personnes vivant avec le VIH. Une attention croissante s’est récemment portée sur les stratégies d’appoint, notamment les schémas thérapeutiques antimicrobiens optimisés (par exemple, rifampicine ou isoniazide à forte dose, fluoroquinolones, linézolide) et les thérapies ciblant l’hôte, axées sur l’inflammation et le dysfonctionnement immunitaire.

Si les corticostéroïdes restent la seule intervention permettant de réduire la mortalité liée à la méningite tuberculeuse chez les personnes non séropositives, des essais récents évaluant des doses élevées de corticostéroïdes ou d’aspirine n’ont pas permis de réduire la mortalité dans les formes graves de tuberculose. D’autres essais cliniques en cours visent à affiner ces approches et à améliorer les résultats.

La tuberculose infantile : des lacunes persistantes en matière de diagnostic, de prévention et de prise en charge

Intervenante : Chishala CHABALA (Université de Zambie, Faculté de médecine)

La tuberculose infantile reste un défi sanitaire majeur à l’échelle mondiale. Plus de la moitié des enfants atteints de tuberculose ne sont jamais diagnostiqués, en grande partie en raison de symptômes non spécifiques, de la difficulté à obtenir une confirmation microbiologique et de la nature paucibacillaire de la maladie. Des lacunes importantes persistent tout au long de la chaîne de soins, notamment au niveau du dépistage et du diagnostic, de l’accès au traitement pour les enfants atteints de tuberculose et de l’accès à un traitement préventif pour les enfants exposés. En ce qui concerne la tuberculose pharmacorésistante, les données spécifiques à la pédiatrie sur les schémas thérapeutiques optimaux restent limitées. De plus, les vaccins actuels n’offrent qu’une protection incomplète. Il est essentiel de relever ces défis pour réduire la morbidité et la mortalité évitables chez les enfants.

Nouveaux médicaments, traitements plus courts : quelle est la prochaine étape ?

Intervenant : Mihaja RABERAHONA (Hôpital universitaire Joseph Raseta Befelatanana, ERCMI Madagascar)

Le Dr Mihaja Raberahona est médecin spécialiste des maladies infectieuses et chercheur à l’Hôpital universitaire Joseph Raseta Befelatanana, ainsi que directeur exécutif de l’équipe de recherche de l’ERCMI à Antananarivo, à Madagascar. Ses travaux portent sur la tuberculose, le VIH et d’autres maladies infectieuses liées à la pauvreté. Il dirige et participe à des essais cliniques sur la méningite tuberculeuse, notamment sur des schémas thérapeutiques intensifs à base de rifampicine à forte dose, de linézolide et d’aspirine, ainsi que sur de nouvelles associations alpibectir/éthionamide. Il évalue également des outils basés sur l’intelligence artificielle pour le triage de la tuberculose pulmonaire, en s’appuyant sur l’analyse de la toux et les données recueillies par des appareils portables. À travers ses activités de soins cliniques et de recherche, il contribue à améliorer le diagnostic, la prise en charge des patients et les stratégies de santé publique à Madagascar.

Conclusion – L’ANRS MIE et la tuberculose : l’aventure continue

Intervenante : Nathalie De Castro – Hôpital Saint-Louis de l’AP-HP, Plateforme internationale de recherche ANRS MIE France-Brésil en santé mondiale (PRISME)

Au cours des dernières décennies, l’ANRS MIE a apporté une contribution substantielle à l’avancement des connaissances sur la tuberculose grâce à un vaste réseau international de recherche. Au cours de cette brève présentation, le public découvrira le réseau de l’ANRS MIE et son portefeuille de recherche sur la tuberculose, allant de la recherche translationnelle et fondamentale aux essais cliniques sur la co–infection VIH–tuberculose, la tuberculose chez l’enfant et les stratégies thérapeutiques.

Table ronde – Questions/réponses

Biographies des intervenants

Le Pr Nicolas Nagot est médecin épidémiologiste et professeur en santé publique. Il dirige une unité de recherche de l’Université de Montpellier/Inserm intitulée « Pathogenèse et contrôle des infections chroniques et émergentes ». Il est également responsable du service d’épidémiologie clinique et de science des données au Centre hospitalier universitaire de Montpellier. Ses recherches ont porté sur la prévention de la transmission verticale du VIH, mais aussi sur l’élaboration et l’évaluation d’interventions visant à lutter contre le VIH, l’hépatite C et les IST au sein des populations à haut risque. Il explore actuellement comment les principes fondamentaux des interventions efficaces de lutte contre le VIH et l’hépatite C chez les personnes qui consomment des drogues (PQD), reposant principalement sur la mobilisation communautaire et le travail en réseau, pourraient être adaptés aux interventions de lutte contre la tuberculose chez les PQD et d’autres groupes à haut risque de tuberculose en Asie du Sud-Est et en Afrique australe.

Le professeur François-Xavier Blanc est médecin clinicien spécialisé en pneumologie et exerce à la faculté de médecine et à l’hôpital universitaire de Nantes. Ses activités de recherche actuelles portent sur la prise en charge des patients atteints de tuberculose et du VIH, avec pour objectif global de lutter contre le taux de mortalité élevé qui touche encore les personnes présentant un déficit immunitaire sévère. Ses principaux intérêts scientifiques portent sur la tuberculose, en particulier chez les personnes vivant avec le VIH/sida. Il a coordonné de grands essais cliniques internationaux, notamment CAMELIA, STATIS et DATURA. Depuis 2023, il est coprésident de l’AC TB de l’ANRS MIE et de son groupe de travail sur la tuberculose et l’immunodéficience.

Le Dr Chishala Chabala est pédiatre et maître de conférences à la faculté de médecine de l’université de Zambie, ainsi que membre à temps partiel du corps enseignant de la London School of Hygiene and Tropical Medicine. Il participe en tant qu’investigateur à des essais cliniques pédiatriques collaboratifs multinationaux portant sur la tuberculose, le traitement du VIH et la pneumonie. Il est vice-président du groupe de travail sur la tuberculose chez l’enfant et l’adolescent du Partenariat « Stop TB ». Il a également apporté son expertise technique à l’élaboration du plan stratégique national de lutte contre la tuberculose, des recommandations thérapeutiques et des supports de formation destinés aux adultes et aux enfants en Zambie.

Le Dr Mihaja Raberahona est médecin-chercheur spécialisé en maladies infectieuses à l’Hôpital universitaire Joseph Raseta Befelatanana et directeur exécutif de l’équipe de recherche de l’ERCMI à Antananarivo, à Madagascar. Ses travaux portent principalement sur la tuberculose, le VIH et d’autres maladies infectieuses liées à la pauvreté. Il dirige et participe à des essais cliniques sur la méningite tuberculeuse, notamment sur des schémas thérapeutiques intensifs à base de rifampicine à forte dose, de linézolide et d’aspirine, ainsi que sur de nouvelles associations alpibectir/éthionamide. Il évalue également des outils basés sur l’intelligence artificielle pour le triage de la tuberculose pulmonaire, en s’appuyant sur l’analyse de la toux et les données recueillies par des appareils portables. À travers ses activités de soins cliniques et de recherche, il contribue à l’amélioration du diagnostic, de la prise en charge des patients et des stratégies de santé publique à Madagascar.

Le Pr Nathalie De Castro est professeure en maladies infectieuses ; elle intervient dans la prise en charge des personnes vivant avec le VIH et d’autres populations immunodéprimées, notamment les greffés et les patients atteints de cancer, ainsi que dans le domaine des infections pulmonaires et de la tuberculose. Elle est chercheuse permanente à l’IAME (Infection, Antimicrobiens, Modélisation, Évolution) de l’Université Paris Cité. Elle a participé à de nombreux projets de recherche clinique et coordonné plusieurs essais sur le traitement du VIH et la co-infection VIH-TB. Elle dirige actuellement la cohorte prospective FRENCH–TB en France, soutenue par l’ANRS MIE. Elle est également la coordinatrice française de la plateforme de recherche internationale en santé mondiale (PRISME) de l’ANRS MIE au Brésil.