Les résultats de la cohorte TRANSCOV constituée de patients atteints de COVID-19 sévère suggèrent que les transferts médicaux massifs pourraient être la meilleure stratégie pour éviter de surcharger les services de première ligne.
Dernière mise à jour le 30 novembre 2025
Début mars 2020, la première vague de la pandémie de COVID-19 frappait brutalement certaines régions de France, en particulier l’Est et la région parisienne. Le nombre élevé de patients gravement atteints avait submergé les capacités des unités de soins intensifs, entraînant un taux d’occupation des lits supérieur à 200 % et une surreprésentation des patients atteints d’une forme grave de COVID-19 (plus de 90 % dans certaines unités de soins intensifs).1
Pour alléger les services, il avait alors été décidé de transférer certains patients vers des unités de soins intensifs plus éloignées, situées dans des zones encore non affectées par la pandémie. Les premières études s’intéressant à ces transferts avaient constaté une diminution de 3 à 4 fois de la mortalité mais n’avaient cependant pas permis de déterminer dans quelle mesure le bénéfice du transfert était dû à la sélection de patients atteints d’une forme moins grave de COVID-19, et donc plus susceptibles de supporter les conséquences d’un transfert sur une longue distance.2-4
L’étude de cohorte TRANSCOV est une étude rétrospective, multicentrique, impliquant les unités de soins intensifs des hôpitaux d’origine et les unités de soins intensifs des hôpitaux de destination (en France et dans des pays voisins). L’analyse publiée dans CHEST implique 285 patients atteints de COVID-19 sévère transférés dans des unités de soins intensifs éloignées et 667 patients témoins (non transférés, mais qui auraient pu être éligibles au transfert) admis simultanément dans la même unité de soins intensifs d’origine. Le transfert a été réalisé entre le 13 mars 2020 et le 10 avril 2020.
Le but de l’étude était de comparer l’évolution de la condition des patients transférés à celle du groupe témoin « éligible » à un transfert de longue distance.
Les données à disposition comprenaient :
L’âge et les comorbidités étaient identiques entres les deux groupes de patients. Les résultats ont montré une mortalité à 28 jours sept fois plus faible parmi les individus transférés que chez les patients non transférés du groupe contrôle. Bien que minimisée dans cette étude par le choix d’un groupe témoin éligible, un meilleur pronostic chez les patients transférés explique sans doute en partie ce contraste. Une seconde explication, privilégiée, est que l’avantage des transferts provient du fait de sortir les patients d’un environnement clinique surpeuplé. Les patients transférés bénéficient alors d’une meilleure prise en charge dans des unités de soins moins surchargées.
Les transferts massifs représentent une option appropriée pour répondre à une situation de surcharge aiguë et localisée des unités de soins intensifs.
Nos résultats suggèrent que les transferts de masse organisés le plus tôt possible, peut-être simultanément ou même avant qu’il n’y ait débordement des unités de soins intensifs, pourraient être la meilleure stratégie pour éviter de surcharger les services de première ligne.