Dernière mise à jour le 23 septembre 2026
La mise au point d’un vaccin préventif contre le VIH reste un enjeu majeur de recherche. Malgré plus de 40 ans de recherche, aucun vaccin n’est aujourd’hui testé en essai de phase III, tous les essais ayant été interrompus pour manque d’efficacité.
Le candidat-vaccin CD40.HIVRI.Env repose sur une technologie vaccinale française, portée par le Vaccine Research Institute (VRI)*. Il est composé d’un anticorps monoclonal dirigé contre la molécule CD40 — un récepteur présent à la surface des cellules dendritiques — fusionné à une protéine d’enveloppe du VIH (protéine gp140). Cette technologie permet une présentation directe de l’antigène aux cellules dendritiques afin de générer une réponse immunitaire forte.
L’essai ANRS VRI06 est un essai de phase I, contrôlé, randomisé contre placebo, en escalade de dose, mené en France et en Suisse. Il a inclus 72 volontaires séronégatifs en bonne santé. Le vaccin, avec adjuvant (Hiltonol®), a été administré seul (aux doses de 0,3 mg, 1 mg ou 3 mg) ou en co-administration avec un autre candidat vaccin, le DNA-HIV-PT123, aux semaines 0, 4 et 24.
Les résultats, publiés en octobre 2024 dans la revue eClinicalMedicine, ont montré que le CD40.HIVRI.Env était sûr et bien toléré, sans effet secondaire grave lié à la vaccination et pouvait induire des réponses immunitaires cellulaires et humorales précoces, fortes et durables.1
Voir le communiqué de presseLa question qui restait ouverte après 2024 était celle de la persistance à long terme des réponses et de l’effet d’un rappel tardif. Le protocole de l’essai ANRS VRI06 a donc été amendé pour proposer une extension de suivi.2 Après la semaine 48, 45 volontaires des bras ayant reçu le vaccin actif ont été randomisés pour recevoir une injection de rappel tardif (late boost) de 0,3 mg de CD40.HIVRI.Env, avec ou sans l’adjuvant Hiltonol®. Le rappel est intervenu à un intervalle médian d’environ 1 an et demi (80 semaines) après l’inclusion. La tolérance et l’immunogénicité ont été évaluées à 2 et 24 semaines après ce rappel.
La dose de rappel a été bien tolérée et a nettement renforcé les réponses immunitaires. En particulier :
Une seule dose de rappel à faible dose de CD40.HIVRI.Env administrée à un an d’intervalle a donc permis de réactiver fortement la réponse immunitaire et ce avec ou sans adjuvant.
Ces résultats constituent une étape encourageante dans le développement de la plateforme vaccinale anti-CD40 du VRI. Ils montrent que le candidat vaccin CD40.HIVRI.Env peut induire une mémoire immunitaire durable, capable d’être fortement réactivée par une dose de rappel administrée plusieurs mois après la primo-vaccination. La poursuite du développement devra notamment déterminer si ces réponses immunitaires peuvent se traduire par une protection contre une infection par le VIH et si cette approche peut être intégrée dans des schémas vaccinaux plus larges, capables de cibler la grande diversité génétique du virus.