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La variole simienne (variole du singe ou orthopoxvirose simienne) est une maladie circulant depuis des décennies en Afrique de l’Ouest et du centre, régions où le virus a été la cause de flambées épidémiques de plus en plus fréquentes. Identifié en 1958 au sein d’un élevage de singes de laboratoire au Danemark, le virus de la variole du singe a été détecté chez l’homme pour la première fois en 1970 en République Démocratique du Congo.

Pour la première fois, depuis le début du mois de mai 2022, une transmission inter-humaine soutenue a été observée dans plusieurs pays du monde, y compris en Europe et en France.

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Activation du dispositif de crise de l’agence
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Suite aux premières alertes de transmission en France et en Europe, l’ANRS | Maladies infectieuses émergentes a activé un dispositif de crise dès le 16 mai 2022, et s’est mobilisée sur plusieurs aspects :

Un appel à projets Flash 

  • Un appel à projets Flash a été lancé en urgence afin de financer des projets de recherche qui apportent des connaissances à court terme sur la variole du singe. 
  • Au total, sur 17 projets déposés, 10 projets ont été retenus pour financement, grâce au soutien du ministère de lʼEnseignement supérieur et de la Recherche, pour un total de près de trois millions d’euros.

La recherche 

  • En étroite collaboration avec l’OMS, un groupe de travail réunissant plus de 50 experts a été mis en place afin de faire le point sur l’étendue des connaissances scientifiques et de définir des priorités de recherche pour la réponse à l’épidémie de variole du singe en France.  
  • L’agence s’est également mobilisée avec l’Institut national de recherche biomédicale en République démocratique du Congo (INRB), et le National Institute of Allergy and Infectious Diseases aux Etats-Unis (NIAID/NIH), en collaboration avec l’OMS, et a mis en place une consultation internationale qui a permis l’élaboration d’un protocole commun (CORE protocol) pour évaluer les traitements chez les personnes infectées par la variole du singe. Un essai clinique multi-pays évaluant la tolérance et l'efficacité des traitements, basé sur ce protocole, sera lancé prochainement.
  • Une cohorte observationnelle internationale (ANRS MOSAIC) a été lancée dans 10 pays européens dont la France pour mieux comprendre l'histoire naturelle de la variole du singe et évaluer l’impact de la prise en charge des patients atteints. Cette étude est promue par l’Université d’Oxford, et l’agence en est le représentant légal en Europe.
  • Une cohorte de personnes contacts à risque d’infection Monkeypox (MONKEY VAX), promue par l’AP-HP, a également été mise en place. Elle permettra d’étudier au niveau national l’efficacité d’une stratégie de vaccination post-exposition en anneau, et notamment le taux d’échec du vaccin (vaccin de troisième génération développé contre la variole). Cette cohorte s’élargira dans le contexte d’une collaboration européenne pour évaluer l’efficacité du vaccin en pré- et post-exposition.

L’information scientifique 

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Qu'est-ce que la variole du singe ?
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On connaît actuellement trois souches de variole simienne : le Clade I (ancien clade du bassin du Congo), le Clade IIa (ancien clade d’Afrique de l’Ouest), et le Clade IIb, qui inclut les variants en évolution circulant dans l’épidémie globale actuelle. Si la létalité du Clade I peut atteindre les 10 %, le Clade IIa, comme probablement le Clade IIb qui en est découlé, présente une létalité inférieure à 1 %.

Le réservoir animal de la maladie n'est pas connu, mais le virus a été retrouvé chez des rongeurs africains, notamment chez des écureuils appartenant aux genres Funisciurus ou Heliosciurus. Cette maladie se manifeste par des symptômes génériques tels que la fièvre, des maux de tête, un gonflement des ganglions, des douleurs musculaires, de la fatigue, suivis d’une phase d’éruption cutanée caractéristique (durant en moyenne entre deux et quatre semaines).

Les vaccins développés contre la variole peuvent être utilisés contre la variole du singe, tout comme les traitements (tecovirimat, cidofovir), même si leur approbation dans ce contexte est basée sur des données d’efficacité obtenues principalement chez l’animal, en raison de la rareté de la maladie jusqu’à aujourd’hui.

Toutefois, les connaissances scientifiques sur la variole du singe sont encore parcellaires. Des projets de recherche sont nécessaires pour étudier les réservoirs animaux, développer des méthodes diagnostiques adaptées, comprendre la dynamique de circulation du virus et les modes de transmission interhumaine, comprendre l’histoire naturelle et la physiopathologie de l’infection et mener des études en sciences humaines et sociales, notamment auprès des populations les plus exposées.