Consortium de recherche fondamentale et clinique pour le contrôle des réservoirs et la rémission du VIH
Dernière mise à jour le 08 avril 2026
Le consortium ANRS Rhiviera (Remission of HIV Infection Era) est un projet multidisciplinaire lancé en 2014, issu de l’ancienne Action Coordonnée ANRS « Réservoirs du VIH » (AC32) et de l’étude ANRS EP47 VISCONTI.
Il vise à synchroniser les efforts de la communauté de recherche française en établissant une collaboration public-privé pour développer de nouveaux outils et stratégies en vue d’une rémission durable de l’infection par le VIH.
Le consortium se concentre sur le développement de stratégies et d’outils innovants pour parvenir à cette rémission.
Plus d’informations sur Rhiviera.comLes objectifs incluent :
Pour cela, le consortium Rhiviera mène des projets translationnels ambitieux en partenariat avec des acteurs publics et privés, visant à comprendre l’établissement des réservoirs cellulaires du VIH et des sanctuaires corporels, développer des technologies et des marqueurs pour identifier et évaluer ces réservoirs, ainsi que caractériser les réponses immunitaires capables de contrôler ou d’éliminer les cellules infectées.
L’initiative met particulièrement l’accent sur les bénéfices d’un traitement antirétroviral précoce et cherche à identifier les meilleures combinaisons de médicaments pour assurer une diffusion optimale dans les tissus, limitant ainsi la formation des réservoirs et préservant les réponses immunitaires. Les recherches de l’ANRS Rhiviera s’appuient sur une combinaison de recherche fondamentale et clinique, ainsi que sur des cohortes uniques de personnes infectées par le VIH et des modèles équivalents sur des primates non humains.
Actuellement, l’ANRS Rhiviera s’engage dans des études précliniques et cliniques de preuve de concept pour explorer les pistes prometteuses issues de l’ensemble du programme de recherche.
Février 2026 – Nature Communications. Deux nouvelles études parues dans Nature Communications, dont plusieurs de leurs auteurs sont impliqués dans le consortium Rhiviera, viennent de donner suite à l’étude de cohorte pVISCONTI promu par l’ANRS MIE.
Pour rappel, cette dernière a démontré, en s’appuyant sur un modèle primate d’infection par le SIV (le virus d’immunodéficience simienne, donc non-humain), que la mise en place précoce d’un traitement antirétroviral dans les quatre semaines suivant l’infection favorise très fortement le contrôle viral et la baisse de la virémie même après l’interruption du traitement. Cependant, un traitement antirétroviral trop tôt ou trop tard peut ensuite empêcher le contrôle viral du fait d’une charge virale trop importante, non pas dans le sang, mais dans certains tissus qualifiés de « réservoirs ».
La première étude établit, grâce à l’analyse de macaques infectés par la souche SIVmac251 et caractérisés soit par un contrôle viral effectif ou non effectif après interruption du traitement, des marqueurs biologiques à même de prédire l’amplitude d’un contrôle ou d’un rebond viral avant même l’interruption du traitement. En effet, chez les individus traités, le taux de provirus du VIH est déjà plus bas avant l’interruption du traitement dans leurs ganglions lymphatiques que les autres et coïncide avec un taux plus élevé de lymphocytes T-CD8+ anti-SIV.
Une autre étude, également parue dans Nature Communications en février 2026 et impliquant certains des mêmes auteurs, enrichit la caractérisation du contrôle viral post-traitement. S’appuyant là encore sur le modèle primate d’infection par le SIV de l’étude pVISCONTI, elle identifie le macrophage intestinal CX3CR1 comme un autre potentiel biomarqueur du contrôle viral dans la régulation de l’immunité mucosale.
Février 2026. Carine Van Lint, directrice de recherche FNRS en virologie moléculaire à l’Université libre de Bruxelles, a été récompensée par la revue Retrovirology d’un prix créé en 2005 en hommage au chercheur Kuan–Teh Jeang, pour ses travaux sur la latence du VIH–1 et sa réactivation.
Janvier 2026 – Communications Medecine. Les thérapies antirétrovirales peuvent bloquer de manière efficace la réplication du VIH-1 chez les individus vivant avec le VIH. Cependant, parce qu’elles ne peuvent empêcher la présence de réservoirs cellulaires contenant le virus dans un état latent, l’ANRS MIE a mis en place en 2022 l’étude DOLUVOIR pour mieux comprendre les mécanismes qui gouvernent la formation de ces réservoirs viraux.
L’équipe de l’étude ANRS EP64 DOLUVOIR a exploré la persistance du virus VIH-1 dans cinq sites parmi 20 patients VIH-1 chroniques traités avec une première ligne associant le dolutégravir à d’autres inhibiteurs d’intégrase.
Les résultats ont montré la présence du virus dans ces sites malgré une suppression virologique prolongée, cette présence n’entrainant toutefois pas de résistance majeure au dolutégravir.
Février 2025 – Nature Communications. Les thérapies antirétrovirales (ARV) peuvent bloquer de manière efficace la réplication du VIH-1 chez les individus vivant avec le VIH. Cependant elles ne guérissent pas et doivent être prises à vie. Le virus est, du reste, capable de demeurer dans un état latent dans des réservoirs cellulaires. Dans ces réservoirs, il est compétent pour la réplication mais transcriptionnellement silencieux. Il s’agit d’un obstacle majeur à son éradication et à la guérison.
Si la latence du VIH-1 est bien caractérisée au niveau transcriptionnel, la connaissance des mécanismes post-transcriptionnels impliqués dans le processus et leur contribution est cependant limitée. Il existe des facteurs clés contrôlant l’inhibition et la réactivation transcriptionnelle du virus. La protéine virale Rev dans les cellules quiescentes contrôle l’export nucléocytoplasmique de l’ARN messager épissé et non épissé. Il s’agit d’une cible potentielle pour les thérapies visant à réactiver le VIH-1 afin de purger les réservoirs (approche ‘shock and kill’).
Des travaux, co-financés par l’ANRS MIE, menés par des chercheurs et chercheuses européens ont révélé une régulation post-transcriptionnelle de l’ARN non épissé du VIH-1 par les facteurs endogènes MATR3 et MTR4 et la protéine virale Rev. Il s’agit d’un mécanisme, jusqu’alors inconnu, de blocage post-transcriptionnel intervenant dans l’export nucléocytoplasmique de l’ARN messager, jouant un rôle crucial dans la latence et la réactivation du VIH-1.
L’équipe a ainsi mis en évidence une rétention nucléaire de l’ARN non épissé dans des cultures cellulaires ex vivo provenant de 22 personnes vivant avec le VIH traitées par ARV. Ces résultats mettent en avant un blocage post-transcriptionnel réversible de l’export nucléocytoplasmique de l’ARN viral pouvant être d’importance dans la conception de futures thérapies curatives.
Le 12 mai 2026, le Professeur Mathias Lichterfeld (Harvard Medical School) abordera le rôle des cellules NK dans la sélection des cellules réservoirs chez le VIH.
Cette présentation se tiendra uniquement en visioconférence, à partir de 18h (heure de Paris). L’inscription est gratuite mais obligatoire.
S’inscrire
Le consortium Rhiviera organise une séries de webinaires sur les avancées scientifiques visant une rémission durable de l’infection par le VIH. Ces événements réunissent des chercheurs internationaux de renom qui partagent leurs travaux récents et leurs perspectives dans le domaine du HIV cure.
Vous pouvez retrouver la rediffusion de ces webinaires ci-dessous ou sur notre chaîne Youtube.
Françoise Barré-Sinoussi
( Institut Pasteur, Paris)
Christine Rouzioux
(CHU Necker, Université Paris Descartes, Paris)
Michaela Müller-Trutwin
( Institut Pasteur, Paris)
Roger Le Grand
(Idmit, CEA, Paris)
Jean-Michel Molina
(AP-HP, Université de Paris)
Hugo Mouquet
(Institut Pasteur, Paris)
Victor Appy
(Université de Bordeaux)
Véronique Avettand-Fènoel
(CHU d’Orléans)
Olivier Lambotte
(AP-HP, Université de Paris-Saclay)
Carine Van Lint
(ULB, Belgique)
Laurence Meyer
(AP-HP, Université de Paris-Saclay)
Laurent Hocqueloux
(CHU d’Orléans)
Hughes Fischer
(Défenseur/activiste des personnes vivant avec le VIH (PLHIV)
Cécile Goujard
(AP-HP, Université Paris-Sud)
Jérémie Guedj
(Hôpital Bichat, Université de Paris)
Christel Protière
(INSERM, SESSTIM, Marseille)
Charre, C., Melard, A., Chaillon, A. et al. Post-treatment SIV control is associated with specific features of viral persistence before and after treatment interruption. Nat Commun (2026). https://doi.org/10.1038/s41467-026-69720-6
Hua, S., Benmeziane, K., Desjardins, D. et al. Maintenance of intestinal CX3CR1+ macrophage homeostasis defines post-treatment control in SIV-infected macaques. Nat Commun 17, 3111 (2026). https://doi.org/10.1038/s41467-026-69848-5
Mchantaf, G., Melard, A., Da Silva, K. et al. HIV persistence in tissues on dolutegravir-based therapy is not associated with resistance mutations to dolutegravir. Commun Med 6, 130 (2026). https://doi.org/10.1038/s43856-026-01405-z
Nuclear retention of unspliced HIV-1 RNA as a reversible post-transcriptional block in latency. Agnieszka Dorman , Maryam Bendoumou, Aurelija Valaitienė, Jakub Wadas, Haider Ali, Antoine Dutilleul, Paolo Maiuri, Lorena Nestola, Monika Bociaga-Jasik, Gilbert Mchantaf, Coca Necsoi, Stéphane De Wit, Véronique Avettand-Fenoël, Alessandro Marcello, Krzysztof Pyrc, Alexander O Pasternak, Carine Van Lint, Anna Kula-Pacurar. Nat Commun 2025;16:2078.
Unbiased and comprehensive identification of virus-derived circular RNAs in a large range of viral species and families. Alexis S. Chasseur, Maxime Bellefroid, Mathilde Galais, Meijiao Gong, Pierre Lombard, Sarah Mathieu, Amandine Pecquet, Estelle Plant, Camille Ponsard, Laure Vreux, Carlo Yague-Sanz, Benjamin G. Dewals, Nicolas A. Gillet, Benoît Muylkens, Carine M. Van Lint, Damien Coupeau. PLoS Pathog 2025;21(9):e1013448.
Inhibition of ALKBH5 demethylase of m6A pathway potentiates HIV-1 reactivation from latency. Ali H, Wadas J, Bendoumou M, Chen HC, Maiuri P, Dutilleul A, Selberg S, Nestola L, Lalik K, Avettand-Fenoël V, Necsoi C, Marcello A, Kankuri E, Karelson M, De Wit S, Pyrc K, Pasternak AO, Van Lint C, Kula-Pacurar A. Virol J 2025;22:124.
Early antiretroviral therapy favors post-treatment SIV control associated with the expansion of enhanced memory CD8+ T-cells. Passaes C, Desjardins D, Chapel A, Monceaux V, Lemaitre J, Mélard A, Perdomo-Celis F, Planchais C, Gourvès M, Dimant N, David A, Dereuddre-Bosquet N, Barrail-Tran A, Gouget H, Guillaume C, Relouzat F, Lambotte O, Guedj J, Müller-Trutwin M, Mouquet H, Rouzioux C, Avettand-Fenoël V, Le Grand R, Sáez-Cirión A.Nat Commun. 2024 Jan 11;15(1):178. doi: 10.1038/s41467-023-44389-3.
Anti-V1/V3-glycan broadly HIV-1 neutralizing antibodies in a post-treatment controller. Molinos-Albert LM, Baquero E, Bouvin-Pley M, Lorin V, Charre C, Planchais C, Dimitrov JD, Monceaux V, Vos M; ANRS VISCONTI Study Group; Hocqueloux L, Berger JL, Seaman MS, Braibant M, Avettand-Fenoël V, Sáez-Cirión A, Mouquet H. Cell Host Microbe. 2023 Aug 9;31(8):1275-1287.e8. doi: 10.1016/j.chom.2023.06.006.
In-Depth Characterization of Full-Length Archived Viral Genomes after Nine Years of Posttreatment HIV Control. Trémeaux P, Lemoine F, Mélard A, Gousset M, Boufassa F, Orr S, Monceaux V, Gascuel O, Lambotte O, Hocqueloux L, Saez-Cirion A, Rouzioux C, Avettand-Fenoel V. Microbiol Spectr. 2023 Feb 14;11(1):e0326722. doi: 10.1128/spectrum.03267-22.
Prolonged Antiretroviral Treatment Induces Adipose Tissue Remodelling Associated with Mild Inflammation in SIV-Infected Macaques. Mausoléo A, Olivo A, Desjardins D, Sáez-Cirión A, Barrail-Tran A, Avettand-Fenoel V, Noël N, Lagathu C, Béréziat V, Le Grand R, Lambotte O, Bourgeois C. Cells. 2022 Oct 2;11(19):3104. doi: 10.3390/cells11193104.