L’ANRS Maladies infectieuses émergentes, agence autonome de l’Inserm, anime, évalue, coordonne et finance la recherche sur le VIH/sida, les hépatites virales, les infections sexuellement transmissibles, la tuberculose et les maladies infectieuses émergentes et réémergentes.
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Dernière mise à jour le 16 juillet 2026
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La tuberculose demeure un problème majeur de santé publique à l’échelle mondiale, avec 1,23 million de décès en 2024 selon le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (2025). Le succès de Mycobacterium tuberculosis (Mtb) repose en grande partie sur sa remarquable capacité à s’adapter aux stress environnementaux et à résister aux défenses microbicides de son hôte.
Chez de nombreux microorganismes, la production de métabolites dits « spécialisés » joue un rôle important dans les mécanismes d’adaptation et de virulence. Contrairement aux métabolites primaires, indispensables à la croissance, ces molécules ne sont pas essentielles mais confèrent un avantage sélectif permettant aux microbes de survivre dans des environnements hostiles. Pourtant, ce répertoire métabolique et son rôle potentiel dans la pathogénicité de Mtb restent encore très peu étudiés.
Lors de travaux préliminaires, nous avons utilisé une approche globale de métabolomique pour analyser les métabolites produits par des mycobactéries cultivées dans différentes conditions de stress in vitro. Ces analyses ont mis en évidence plusieurs signatures métaboliques inédites, encore non caractérisées sur le plan structural, associées aux conditions de stress et à la virulence de certaines souches. Parallèlement, grâce à des outils de genome mining dédiés à l’identification des voies de biosynthèse de métabolites spécialisés, nous avons identifié dans le génome de Mtb plusieurs clusters de gènes biosynthétiques (BGCs) susceptibles d’encoder des enzymes impliquées dans la production de ces molécules. Le projet TB-SPECIAL repose ainsi sur l’hypothèse que Mtb produit des métabolites spécialisés encore inconnus qui jouent un rôle clé dans les stratégies d’adaptation et de virulence du bacille.
Pour tester cette hypothèse, nous analyserons l’expression de ces BGCs en réponse à différents stress et étudierons le phénotype de souches mutantes correspondantes à l’aide de plusieurs bio essais cellulaires permettant d’évaluer le fitness bactérien, la survie et les propriétés immunomodulatrices dans les cellules hotes. Les métabolites produits par l’activation des BGCs les plus pertinents sur le plan physiologique seront ensuite identifiés grâce à une analyse globale et non biaisée des métabolites produits par la souche sauvage, comparée à ceux des souches mutantes correspondantes.
Les résultats de ce projet fourniront une base solide pour mieux comprendre le rôle des métabolites spécialisés dans la physiologie de Mtb et dans ses interactions avec l’hôte. La découverte de nouvelles molécules pourrait ouvrir la voie à des stratégies thérapeutiques ou diagnostiques innovantes. En particulier, cibler des mécanismes adaptatifs non essentiels pourrait fragiliser le pathogène sans exercer une forte pression de sélection, ce qui pourrait contribuer à améliorer la prise en charge des formes de tuberculose résistantes, persistantes ou latentes. Par ailleurs, certains métabolites spécialisés associés à la virulence ou spécifiques de certaines souches pourraient constituer de nouveaux biomarqueurs potentiels.
LAYRE Emilie
Contrat d'initiation
12
19 921 €
NEYROLLES Olivier | CNRS UMR 5089 NEYROLLES Olivier CNRS UMR 5089 Institut de pharmacologie et de biologie structurale 205 route de Narbonne 31077 Toulouse Cedex 04
La tuberculose (TB), causée par Mycobacterium tuberculosis, demeure un problème de santé mondial majeur, avec environ 10 millions de nouveaux cas et 1,3 million de décès signalés chaque année. Traditionnellement considérée comme une maladie pulmonaire même si n’importe quel organe peut être touché, des preuves émergentes montrent que la TB pulmonaire exerce des effets systémiques, entraînant des séquelles neurologiques indépendamment d’une infection directe du système nerveux central, comme dans la méningite tuberculeuse. Les patients atteints de TB rapportent fréquemment des symptômes persistants, tels que des déficits cognitifs, des troubles de l’humeur et de la fatigue. De plus, les survivants de la TB présentent un risque accru de maladies neurodégénératives, telles que la maladie de Parkinson et la démence, bien que les mécanismes sous-jacents restent mal compris. Ces effets découlent probablement d’une inflammation systémique, d’une activation immunitaire ou de facteurs bactériens circulants qui compromettent la barrière hémato-encéphalique, mais ils demeurent peu étudiés en raison d’une focalisation de la recherche sur la méningite tuberculeuse, qui touche moins de 2 % des cas de TB.
Avec plus de 155 millions de survivants de la TB dans le monde, identifier les mécanismes sous-jacents est essentiel pour améliorer la qualité de vie après traitement et combler une lacune importante en santé publique. Le projet TB‑MIND vise à comprendre comment la TB pulmonaire altère la santé cérébrale via des mécanismes périphériques inflammatoires et métaboliques. En combinant des modèles murins et de primates non humains, il poursuivra trois objectifs : (1) identifier les mécanismes systémiques responsables de la neuro‑inflammation et des troubles cognitifs ; (2) déterminer les médiateurs, d’origine hôte et bactérienne, impliqués dans la communication entre poumon et cerveau ; (3) caractériser les séquelles cérébrales post‑TB et l’impact potentiel de la maladie sur la vulnérabilité aux processus neurodégénératifs.
Grâce à l’intégration d’approches avancées (cytométrie spectrale, imagerie multiplexe, transcriptomique spatiale et tests comportementaux), le projet TB‑MIND apportera une compréhension mécanistique du lien entre infection pulmonaire chronique, neuro‑inflammation et vieillissement cérébral, contribuant à une meilleure évaluation des conséquences neurologiques de la TB à long terme. Enfin, ce travail participera à élargir la compréhension du rôle des infections systémiques dans les processus neurodégénératifs.
TAILLEUX Ludovic
Projet de recherche
36
195 711 €
BROSCH Roland | Unité de Pathogénomique Mycobactérienne Intégrée BROSCH Roland Unité de Pathogénomique Mycobactérienne Intégrée Institut Pasteur 25-28 rue du Dr. Roux 75015 Paris France
BERNARDIN Faustine
Allocation de recherche
La tuberculose (TB) reste la principale cause de mortalité par maladie infectieuse dans le monde, alors que le traitement repose depuis plus de cinquante ans sur des schémas antibiotiques largement inchangés. La conception rationnelle de thérapies dirigées contre l’hôte constitue une approche complémentaire prometteuse, mais nécessite une compréhension mécanistique approfondie à travers des populations et des contextes épidémiologiques divers. Les cellules dendritiques plasmacytoïdes (pDC) sont bien connues pour leur rôle dans les réponses antivirales, en raison de leur capacité à produire de grandes quantités d’interféron de type I (IFN). Cependant, leur rôle dans la TB humaine reste pratiquement inexploré.
Sur la base de nos travaux antérieurs montrant que SLAMF7 et SLAMF8 régulent l’activation des pDC et la production d’IFN de type I lors d’infections bactériennes, nous avons observé que ces récepteurs sont également surexprimés dans le sang total des patients atteints de TB et associés à la production d’IFN de type I/II. Nous formulons donc l’hypothèse que les récepteurs SLAMF définissent un état d’activation fonctionnellement distinct des pDC et d’autres cellules myéloïdes au cours de la TB, caractérisé par une reprogrammation métabolique et une production dysrégulée d’IFN de type I contribuant à l’immunopathologie plutôt qu’à la protection.
Pour tester cette hypothèse, DECODE-TB est un projet proof-of-concept de 12 mois structuré autour de trois objectifs complémentaires : 1) profilage immunométabolique haute dimension des cellules immunitaires circulantes à travers des cohortes internationales de TB ; 2) caractérisation fonctionnelle des pDC issues de patients TB ; et 3) analyse intégrative pour l’identification de signatures immunitaires, générant un jeu de données permettant l’identification computationnelle future de cibles thérapeutiques. En établissant un réseau unique de recherche translationnelle France-Argentine avec accès à des cohortes TB bien caractérisées dans des contextes épidémiologiques distincts, ce projet produira les données mécanistiques et cliniques préliminaires nécessaires pour soutenir une candidature à grande échelle ultérieure. L’objectif final est d’identifier les états de pDC dépendants de SLAMF comme cibles potentielles pour des stratégies dirigées contre l’hôte visant à renforcer l’immunité protectrice contre la TB.
PELLEGRINI Joaquin / GARCIA Veronica Edith
19 823 €
PELLEGRINI Joaquin | INSERM UMR1291 – CNRS UMR5051 PELLEGRINI Joaquin INSERM UMR1291 – CNRS UMR5051 Biologie cellulaire de l’immunité contre les bactéries intracellulaires Institut Toulousain des Maladies Infectieuses et Inflammatoires (Infinity) CHU Purpan – BP 3028 31024 C3 Toulouse France --------------- GARCIA Veronica Edith | Institute of Biological Chemistry, Faculty of Exact and Natural Sciences (IQUIBICEN) Laboratory QB23 GARCIA Veronica Edith Institute of Biological Chemistry, Faculty of Exact and Natural Sciences (IQUIBICEN) Laboratory QB23 National Council on Scientific and Technical Research - University of Buenos Aires Department of Biological Chemistry Av. Int. Güiraldes 2160, 2nd Building , 4th Floor C1428 Buenos Aires Argentina
La tuberculose demeure la première cause de mortalité infectieuse dans le monde, et le développement d’un vaccin réellement protecteur est freiné par une compréhension incomplète de l’immunité T. Bien que les lymphocytes T soient essentiels au contrôle de Mycobacterium tuberculosis (Mtb), leur efficacité reste limitée. Plusieurs études indiquent qu’ils sont fréquemment exclus du cœur des granulomes, là où se concentrent les macrophages infectés, mais les mécanismes responsables de cette ségrégation spatiale demeurent mal compris.
Ce projet vise à décrypter, en temps réel et in vivo, le comportement des lymphocytes T dans les granulomes tuberculeux pulmonaires. Pour cela, nous utiliserons la microscopie intravitale multiphotonique (MP-IVM), développée dans notre laboratoire en confinement ASB3 et unique en Europe, qui permet d’observer directement la migration, l’activation et les interactions cellulaires dans un poumon vivant infecté par Mtb. Nos recherches s’attacheront à analyser la dynamique des lymphocytes T CD4 et CD8 dans des modèles murins présentant des profils de susceptibilité distincts (C57BL/6 et Sp140⁻/⁻), à étudier le rôle de la matrice extracellulaire comme barrière régulant la migration et l’accès des lymphocytes T aux macrophages infectés, ainsi qu’à évaluer l’implication des vaisseaux spécialisés High Endothelial venules (HEVs) comme voies privilégiées de recrutement des lymphocytes T dans les granulomes et leur modulation par la vaccination.
L’originalité du projet repose sur la première application de la MP-IVM pulmonaire en environnement BSL3 au modèle tuberculose. En combinant imagerie intravitale, modèles murins génétiquement modifiés et collaborations internationales (IPBS Toulouse, UCSF, SSI Danemark), nous chercherons à identifier les verrous qui limitent l’efficacité des lymphocytes T contre Mtb. Ces travaux apporteront des connaissances inédites sur l’organisation et les contraintes du microenvironnement tuberculeux et ouvriront de nouvelles perspectives vaccinales et thérapeutiques visant à renforcer l’immunité T dans la tuberculose.
LEFRANCAIS Emma
292 164 €
Les traitements actuels pour l’infection chronique du virus de l’hépatite B (VHB) sont rarement curatifs et doivent être pris à vie. Des stratégies thérapeutiques antivirales et immunomodulatrices à durée limitée sont activement recherchées pour une cure fonctionnelle des 254 millions patients VHB infectés. Le virus infecte les hépatocytes, mais la réponse immunitaire joue un rôle prépondérant dans la physiopathologie induite par le VHB, en déterminant sa progression vers la résolution ou la chronicité. Les thérapeutiques actuellement disponibles ne diminuent pas de manière significative l’antigène HBs (HBsAg), essentiel au contrôle viral par la réponse immunitaire cellulaire et humorale.
Récemment, nous avons évalué les effets du modulateur d’assemblage de capside (CAM) GLP-26 dans notre nouveau modèle de souris immunocompétent(HIS-HUHEP) avec correspondance des haplotypes HLA-A2 et HLA-DR15. Ce modèle unique combine une double greffe du système immunitaire humain avec un foie chimérique humanisé. Il permet le développement d’un cycle viral complet du VHB et la génération de réponses immunitaires humaines pour étudier l’immunité antivirale. Après deux mois de traitement GLP-26 des souris HIS-HUHEP infectées VHB, la virémie et l’HBsAg étaient indétectables, l’hépatite avait diminuée, et les anticorps IgG anti-HBs (HBsAb) étaient présents chez quelques souris. De manière remarquable, après l’arrêt du GLP-26 un contrôle viral ou une reprise virale s’est produite chez la moitié des souris. En particulier, les contrôleurs viraux présentaient une réponse immunitaire fonctionnelle caractérisée par: des cellules NK cytotoxiques et des lymphocytes T activés mémoires dans le foie, des réponses lymphocytaires T HBV-spécifiques polyfonctionnelles, et des HBsAb neutralisants. Ainsi, un traitement à durée limitée avec un antiviral puissant a entraîné l’élimination de la virémie et de l’antigénémie, d’une séroconversion HBsAg-/HBsAb+, et une immunité antivirale, permettant un contrôle de la virémie post traitement, ce qui évoque une cure fonctionnelle du VHB. Cela suggère le concept novateur qu’un antiviral pourrait rompre la tolérance immunologique et permettre le développement d’un contrôle viral immunitaire.
L’objectif est d’analyser finement les mécanismes d'action du GLP-26(composé parent de l'ALG-000184 actuellement en essai clinique de Phase II). Nous étudierons les mécanismes sous-jacents à l’amélioration des réponses immunitaires avec des charges virales diminuées par le GLP-26. Alors que les antiviraux à action directe agissent sur le cycle viral, le GLP-26 pourrait aussi indirectement renforcer l’immunité, plusieurs protéines virales réprimant les réponses immunitaires. GL26 pourrait avoir deux mécanismes d’action: premièrement un effet antiviral direct, et deuxièmement un effet immunomodulateur indirect.
Le projet poursuivra trois objectifs:
Dans l’ensemble, une compréhension approfondie des mécanismes du GLP-26 pourrait inciter le développement de CAMs plus efficaces qui conjugeraient des effets antiviraux et immunomodulateurs, afin d'orienter le choix des stratégies thérapeutiques combinées et augmenter le taux de guérison fonctionnelle en clinique.
STRICK-MARCHAND Helene
443 400 €
DI SANTO James | Inserm U668 Unité Immunité Innée DI SANTO James Inserm U668 Unité Immunité Innée Département Immunologie Institut Pasteur 25 rue du Dr Roux 75724 Paris
Chez les personnes vivant avec le VIH sous traitement antirétroviral, la persistance du virus dans les cellules infectées de manière latente constitue le principal obstacle à la guérison de l’infection. En effet, le principal réservoir latent est constitué de lymphocytes T CD4+ mémoire quiescents contenant des provirus intégrés mais transcriptionnellement silencieux. Lors de l’interruption du traitement, ces provirus latents ont la capacité de redevenir transcriptionnellement actifs, conduisant à un rebond viral rapide.
La terminaison prématurée de la transcription de l'ARN polymérase II est un mécanisme clé de régulation de l'expression provirale du VIH. Ce processus, dont on sait aujourd'hui qu'il se produit à des fréquences étonnamment élevées dans de nombreux gènes, limite la production de transcrits viraux complets et constitue ainsi une étape majeure dans la régulation de l'expression et de la latence des gènes du VIH. Nous avons récemment identifié le complexe PCF11/WDR82 comme un nouveau facteur cellulaire qui renforce la terminaison prématurée de la transcription dans les cellules latentes. Ce projet vise à mieux comprendre les mécanismes sous-jacents contrôlant cette étape clé.
Nous présentons ici des données préliminaires montrant que PCF11/WDR82 joue un rôle central dans le recrutement de cofacteurs impliqués à la fois dans la terminaison de l'ARN Polymérase II et dans la dégradation des ARNs nucléaires naissants. Dans ce projet, nous utiliserons une combinaison d'approches cellulaires, biochimiques et moléculaires pour valider et caractériser le rôle de PCF11/WDR82 dans le contrôle de la transcription du VIH. Nous allons : 1) identifier et caractériser fonctionnellement les partenaires de PCF11/WDR82 ; 2) caractériser l’architecture du complexe et sa dynamique de recrutement sur les provirus latents 3) quantifier l’impact de PCF11/WDR82 sur la terminaison prématurée et la dégradation des RNA viraux.
Des études récentes ont souligné l'implication potentielle de facteurs de terminaison prématurée de la transcription dans le maintien de la latence du VIH au sein des réservoirs de lymphocytes T infectés chez les personnes sous traitement antirétroviral. Notre projet vise à élucider les mécanismes moléculaires par lesquels PCF11/WDR82 pourrait induire cette répression transcriptionnelle des provirus latents.
EMILIANI Stéphane
169 524 €
NIEDERGANG Florence | Inserm U1016 - CNRS UMR 8104 Département Infection, Immunité, Inflammation NIEDERGANG Florence Inserm U1016 - CNRS UMR 8104 Département Infection, Immunité, Inflammation Equipe Biologie des Phagocytes Université Paris Descartes/ Institut Cochin 22 rue Méchain 75014 Paris
L’infection par le virus de l’hépatite B (VHB) demeure un défi majeur de santé publique touchant plus de 250 millions de personnes qui présentent un risque élevé de développer des maladies hépatiques graves, telles que la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire (CHC). La persistance de l’infection par le VHB est principalement due à l’ADN circulaire covalemment clos (ADNccc), un épisome nucléaire stable qui sert de matrice pour la transcription virale. Si les traitements antiviraux actuels permettent de contrôler efficacement la réplication virale, ils ne permettent pas d’éliminer l’ADNccc, soulignant ainsi l’urgence de développer des stratégies ciblant ce réservoir viral.
L’ADNccc du VHB est organisé sous la forme d’un minichromosome, associé à des histones et des protéines non-histones, et sa transcription est finement régulée par des facteurs viraux et cellulaires. Il a été montré que l’un des rôles majeurs de la protéine régulatrice virale HBx est de dégrader le complexe smc5/6 responsable de la répression transcriptionnelle de l’ADNccc, cependant les mécanismes moléculaires de l’établissement de cette répression restent mal compris. Des travaux antérieurs ont montré que, en l’absence d’HBx, la transcription de l’ADNccc est éteinte suite à l’établissement d’une chromatine réprimée caractérisée par le recrutement de SETDB1 et HP1 et par le dépôt de la marque répressive H3K9me3.
L’objectif principal de ce projet est d’élucider les mécanismes conduisant à la répression épigénétique de l’ADNccc médiée par SETDB1 et de déterminer si elle dépend du complexe SMC5/6 ou représente une voie indépendante de restriction du virus par la cellule. Parallèlement, nous utiliserons la technique de « single-molecule footprinting » (SMF) afin d’analyser l’architecture de la chromatine et l’occupation par les facteurs de transcription et par la Pol II des promoteurs du VHB à l’échelle de la molécule d’ADN unique, permettant ainsi de comprendre et de cartographier l’hétérogénéité qui existe au niveau des promoteurs et les interactions fonctionnelles entre les facteurs contrôlant la transcription virale.
Nos études préliminaires ont identifié KAP1 comme un facteur cellulaire recruté sur l’ADNccc du VHB, suggérant que KAP1 pourrait médier la répression transcriptionnelle via le recrutement de SETDB1. Ce projet vise donc à étudier les bases moléculaires responsables de la répression transcriptionnelle de l’ADNccc dépendante de KAP1, à déterminer si KAP1 est responsable du recrutement de SETDB1, à identifier les cofacteurs cellulaires responsables de son recrutement et à définir son interaction fonctionnelle avec le complexe SMC5/6. En utilisant le single-molecule footprinting, nous cartographierons le positionnement des nucléosomes, l’occupation par les facteurs de transcription et la liaison de l’ARN polymérase II sur les promoteurs du VHB à l’échelle de la molécule unique, dans des contextes de transcription active (HBV wt) ou réprimée (HBV X-).
En intégrant des approches biochimiques, moléculaires et de single-molecule, ce projet génèrera des connaissances très précises de la régulation épigénétique et transcriptionnelle de l’ADNccc du VHB. Il déterminera les mécanismes de régulation transcriptionnelle à l’échelle de la molécule unique intégrant ainsi la complexité de la régulation transcriptionnelle. Il permettra également d’identifier de nouveaux mécanismes cellulaires contrôlant l’expression des gènes viraux et contribuera au développement de thérapies ciblées intégrant toutes ces paramètres.
NEUVEUT Christine
124 416 €
BENKIRANE Monsef | CNRS UPR 1142 Laboratoire de Virologie Moléculaire BENKIRANE Monsef CNRS UPR 1142 Laboratoire de Virologie Moléculaire Institut de Génétique Humaine 141 rue de la Cardonille 34396 Montpellier Cedex 05
MÉZIÈRE Léa
BELOUZARD Sandrine | Centre d'Infection et d'Immunité de Lille BELOUZARD Sandrine Centre d'Infection et d'Immunité de Lille Virologie Moléculaire et Cellulaire Inserm-U1019, CNRS-UMR9017, Univ. Lille, Institut Pasteur de Lille, CHU Lille CS50447 1, rue du Professeur Calmette 59021 Lille France