Une étude de la revue PLOS chiffre les impacts positifs de la science ouverte sur la recherche à l’échelle de la France.
Dernière mise à jour le 12 décembre 2025
Dans le cadre de sa feuille de route sur la politique des données, des algorithmes et des codes sources, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche met en place des mesures en faveur de la science ouverte, à savoir la diffusion sans entrave des résultats, méthodes et produits de la recherche scientifique en France. Dans cette optique, il suit un Plan national pour la science ouverte (actuellement dans sa deuxième édition), introduit en 2018 par la loi pour une République numérique adoptée en 2016.
L’ANRS MIE, ainsi que d’autres agences de financement de la recherche (ANR, Anses, Ademe, INCa et FRM), y participe activement dans le cadre d’une approche commune et d’un réseau d’échanges constitué en 2020 en lien avec le Comité pour la science ouverte (CoSO). Ainsi, en 2024, environ 66 % des articles publiées par la recherche française sont en accès ouvert (contre 37 % en 2018).
Conformément à la politique de l’Inserm, l’ANRS MIE élabore et met en œuvre une stratégie de science ouverte en faveur du libre accès immédiat des publications scientifiques qu’elle participe à financer et à coordonner et d’un partage des données de recherche « aussi ouvert que possible, pas plus fermé que nécessaire ». Cette politique se traduit notamment par le dépôt dans l’archive ouverte nationale HAL du texte intégral des publications scientifiques issues des projets financés par l’ANRS MIE et le soutien d’un modèle de publication en accès ouvert à tous et sans frais de publication pour les chercheurs et chercheuses selon le modèle Diamant.
La science ouverte à l’ANRS MIECompte-tenu de ce contexte, le bureau sur la science ouverte de la revue scientifique PLOS (elle-même en accès ouvert sur la base de licences libres) considère la politique française parmi les plus « progressistes » en la matière et comme « leader » en ce qui concerne le suivi bibliométrique de la science ouverte. « La France constituait ainsi un terrain prometteur pour mesurer les effets de pratiques de science ouverte », atteste la direction de PLOS.
S’appuyant sur le corpus suivi par le Baromètre français de la science ouverte, les chercheurs du bureau sur la science ouverte de PLOS ont passé au crible 576 537 publications françaises en accès ouvert, parues entre 2020 et 2022. Résultat ? Celles-ci sont, en moyenne, citées 8,6% plus que des articles en accès restreint. En outre, un article partageant du code source est associé à 13,5 % de citations supplémentaires, un autre partageant des données à 14,5 % de citations supplémentaires tandis qu’un article publié sous forme de prépublication est référencé 19 % plus qu’un article à accès restreint et sans prépublication.
Cette analyse statistique – une première à l’échelle d’un pays – relève également des spécificités selon les disciplines. Parmi celles à laquelle s’attache l’ANRS MIE, une étude en accès libre partageant des données en recherche médicale (domaine représentant un peu moins d’un tiers du corpus français) est associée à une augmentation de 34,9 % du nombre de citations. Une étude de biologie fondamentale est associée, quant à elle, à 25,3 % plus de citations qu’une étude similaire en accès restreint, en étant prépubliée en accès libre.
Lire l’étudeCette étude ne clôt pas le dossier de la recherche sur la science ouverte. Elle représente une étape cruciale, montre des résultats encourageants quant à l’impact académique des politiques de science ouverte et renforce l’ANRS MIE dans son engagement global en faveur de la science ouverte.
En 2025, l’ANRS MIE a poursuivi ses efforts, en particulier pour promouvoir l’accessibilité des informations et favoriser le partage et la réutilisation des données de la recherche.
Avec plus d’une centaine d’institutions internationales incluant l’ANR, partenaire du réseau des agences françaises de financement (Ademe, ANR, ANRS MIE, Anses, INCa et Fondation pour la recherche médicale), l’ANRS MIE a définitivement signé la Déclaration de Barcelone d’avril 2024. Celle-ci est directement issue des conclusions en matière de science ouverte du Conseil de l’Union européenne, alors présidé par la France, en juin 2022 puis de la constitution de la Coalition pour l’avancement de l’évaluation de la recherche (CoARA).
Par cette déclaration, l’ANRS MIE s’est ainsi engagée à :
L’ANRS MIE mène par ailleurs un travail de fond, en collaboration avec les centres de méthodologie et de gestion (CMG), pour guider la future politique de partage et de réutilisation des données de l’agence. Ce travail a pour objectifs principaux :
Enfin, plus concrètement, l’ANRS MIE a fait évoluer le chapitre « Promotion de la science ouverte » du règlement de ses appels à projets, en recommandant fortement l’utilisation du modèle « structuré » du plan de gestion de données disponible sur le portail DMP OPIDoR ; et de la trame type des projets cliniques dont elle est promoteur, en précisant les exigences relatives à l’ouverture des données.