Statut : en cours - niveau 1
Dernière mise à jour le 11 mai 2026
Le 7 mai 2026, l’ANRS MIE a décidé l’ouverture d’une cellule Émergence de niveau 1. Celle-ci conduit à la mise en place d’une veille scientifique renforcée ainsi qu’à la définition de priorités de recherche à visée préventive (préparation aux crises) en lien avec les communautés scientifiques, les groupes d’experts et les associations, production d’information à destination des décideurs publiques.
L’ANRS MIE a organisé une première réunion de recherche le 11 mai comprenant des chercheurs, des médecins ainsi que des représentants des autorités sanitaires (Direction générale de la Santé, Santé publique France, …), afin de dresser un état des connaissances et discuter des priorités de recherche.
En savoir plus sur le dispositif ÉmergenceLe 2 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté sur un possible foyer d’infection à hantavirus à bord du navire de croisière néerlandais MV Hondius reliant Ushuaïa en Argentine, au Cap-Vert.
Le navire, parti d’Ushuaïa le 1er avril, transportait 147 passagers et membres d’équipage. Durant son itinéraire, un certain nombre de passagers ont quitté le navire, notamment lors d’une escale à Saint-Hélène. Le navire n’a pas été autorisé à accoster à son arrivée au Cap-Vert le 3 mai et une prise en charge médicale des passagers et de l’équipage a été assurée. Le navire a finalement été accueilli dans le port de Tenerife, aux Canaries, le 10 mai afin de poursuivre l’examen, la prise en charge et le transfert des passagers.
Au 8 mai 2026, le risque d’une propagation hors du navire était considéré comme « faible » par l’OMS.1,3
Au 11 mai 2026, un total de dix cas d’infection à hantavirus Andes a été identifié dans le cadre de l’épisode survenu à bord du MV Hondius, comprenant huit cas confirmés et deux cas probables. Trois décès ont été rapportés, traduisant une létalité élevée estimée entre 30 et 38 %.
Les cas et les prises en charge concernent plusieurs pays, notamment l’Afrique du Sud, les Pays-Bas, la Suisse, l’Espagne, le Danemark et le territoire britannique de Sainte-Hélène, Ascension et Tristan da Cunha, soulignant la dimension internationale de cet événement sanitaire. Les patients présentent un âge médian élevé, compris entre 65 et 69 ans, avec une prédominance masculine.
Par mesure de précaution, l’ensemble des passagers et membres d’équipage du MV Hondius est actuellement considéré comme « contact à haut risque ». Avant l’identification du foyer, 30 passagers de plus de douze nationalités avaient débarqué à Sainte-Hélène le 24 avril, entraînant une dispersion internationale des contacts. A cela s’ajoute les individus contacts secondairement identifiés après l’évacuation d’un des cas en avion.
Au total, 161 contacts ont été recensés et font l’objet d’un suivi pendant 42 jours après leur dernière exposition. Compte tenu de la durée potentiellement longue d’incubation, l’apparition de nouveaux cas dans les prochaines semaines ne peut être exclue.
Les enquêtes épidémiologiques sont en cours pour suivre la situation des passagers et membres d’équipage encore à bord, ainsi qu’auprès des personnes qui ont pu être transférées à l’extérieur. Elles devraient permettre de mieux comprendre les circonstances déterminantes de cette épidémie et d’évaluer précisément le risque de transmission interhumaine.
Huit citoyens français ont été identifiés parmi les cas contacts. Le 11 mai 2026, le ministère de la Santé a confirmé qu’une de ces personnes a été testée positive avec des symptômes légers. Le Gouvernement a par ailleurs pris un décret pour renforcer les mesures d’isolement des cas contacts.
Le 6 mai 2026, l’analyse de biologie moléculaire de la souche impliquée dans le foyer du MV Hondius réalisé par les autorités sanitaires sud-africaines a identifié une souche d’hantavirus de type Andes. Il s’agit de la seule souche, parmi les 38 connues, à pouvoir se transmettre d’une personne à l’autre bien que ce mode de transmission reste marginal par rapport à l’exposition aux rongeurs infectés. 2
Le séquençage complet a été publié le 8 mai, confirmant son appartenance au virus Andes sud-américain (proche de souches déjà décrites en Argentine et au Chili). À ce stade, aucune mutation particulière associée à une augmentation de transmissibilité ou de virulence n’a été rapportée. Les données disponibles ne suggèrent pas l’émergence d’un nouveau variant distinct, mais des analyses phylogénétiques et fonctionnelles complémentaires sont en cours.
L’hypothèse actuellement privilégiée est celle d’une contamination initiale survenue avant l’embarquement en Amérique du Sud, suivie d’une transmission interhumaine à bord du navire.
Les premiers cas avaient notamment visité des sites à risque, en Argentine, au Chili et en Uruguay, dans un contexte d’observation ornithologique, avec une possible exposition à des rongeurs infectés, scénario compatible avec l’écologie connue du virus Andes en Patagonie.
La survenue de cas parmi des personnes ayant partagé des espaces clos, des cabines ou des contacts prolongés renforce l’hypothèse d’une transmission interhumaine, phénomène rare mais documenté pour le virus Andes, seul hantavirus présentant cette capacité.
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