Disparue le 8 mars 2026 à l’âge de 68 ans, elle laisse un souvenir indélébile de sa contribution à la lutte contre les maladies infectieuses et en particulier le VIH/sida.
Dernière mise à jour le 12 mars 2026
Ce dimanche 8 mars 2026, la communauté scientifique et médicale a appris avec une profonde tristesse la disparition du Pr Laurence Weiss à l’âge de 68 ans. Professeure d’immunologie clinique à Université Paris Cité, elle était également praticienne hospitalière à l’AP-HP, au sein de Hôpital Européen Georges‑Pompidou, où elle a dirigé le service d’immunologie clinique jusqu’en 2023. Chercheuse et clinicienne, elle a consacré sa carrière à mieux comprendre les interactions entre le système immunitaire et les infections virales, en particulier le VIH.
Laurence Weiss a également joué un rôle actif au sein des activités de l’ANRS, quand elle était encore l’Agence nationale de recherche sur le sida, puis, jusqu’à aujourd’hui, au sein de l’ANRS Maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE). Elle a notamment participé, durant la pandémie de Covid-19, aux différents comités d’animation et d’évaluation de la recherche en la matière. Elle a ensuite été nommée co-président du groupe AvATher de l’ANRS MIE.
Conçu initialement pour l’évaluation de médicaments antiviraux contre la Covid-19, AvATher – anciennement MAb-Ther – a étendu son périmètre à d’autres viroses respiratoires (coronavirus, grippe, virus respiratoire syncitial, autres virus jugés prioritaires). Laurence Weiss, avec les membres du groupe AvATher, a ainsi contribué à émettre de nombreux avis consultatifs à destination des autorités de santé et des cliniciens sur des médicaments antiviraux en phase de développement clinique avancé.
« La rigueur de sa démarche en clinique était indissociable de l’attention singulière qu’elle portait aux personnes et de son engagement constant – sans limites de temps – auprès des malades, de l’équipe, des personnels hospitaliers et des associations, se remémore le Pr Michel Kazatchkine, ancien directeur de l’ANRS (1998-2005) et collègue de Laurence Weiss pendant de nombreuses années en milieu hospitalier. Son engagement allait bien au-delà du monde institutionnel. Elle aura porté le plaidoyer de l’accès aux soins et de la défense des droits sur les plans national et international [en particulier au Vietnam]. »
« Excellente clinicienne et chercheuse aussi rigoureuse qu’exigeante, [Laurence] a marqué les avancées de la recherche en immunologie du VIH/sida, atteste le Pr Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine avec qui Laurence Weiss a conduit des recherches sur la régulation des mécanismes de réplication rétrovirale du VIH chez les lymphocytes T à l’Institut Pasteur. [Elle] était aussi et surtout une amie fidèle, une grande dame de cœur qui laisse derrière elle un héritage de savoir, d’engagement et d’humanité. »
« Sa rigueur, sa formidable capacité de travail et son souci constant de tendre vers l’excellence resteront pour beaucoup d’entre nous un modèle, partagent le Pr Guislaine Carcelain, professeur à l’Université Paris Cité et médecin immunologue à l’Hôpital Robert-Debré, et le Pr Jean-Daniel Lelièvre, professeur à l’Université Paris-Est Créteil et médecin immunologue à l’Hôpital Henri-Mondor, dans un hommage au nom du Collège des enseignants en immunologie dont Laurence Weiss était membre. Et Laurence mettait les mêmes qualités pour les soins de ses patients et n’avait de cesse de parfaire les choix thérapeutiques et les processus de soins qu’elle questionnait sans relâche pour les améliorer avec ses équipes. »
« Laurence a toujours associé la recherche à la clinique tout en restant engagée dans la lutte contre le sida auprès des associations, tout particulièrement dans les pays les plus démunis en Asie et en Afrique », se souvient quant à lui le Pr Pierre-Marie Girard, médecin infectiologue à l’Hôpital Saint-Antoine et professeur à la Faculté de médecine Sorbonne Université.
« Par son dévouement, ses compétences remarquables et ses qualités humaines, Laurence a été d’une aide précieuse pour nous éclairer sur les choix à prendre dans les moments difficiles avec toujours cette volonté de partager son expérience et transmettre son savoir, témoignent Alban Dhanani, Nathalie Morgensztejn et Alexandre Moreau de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Avoir travaillé avec Laurence aura été une expérience d’une grande richesse, inestimable. »
« Laurence a énormément donné à la communauté scientifique au sein de l’ANRS puis de l’ANRS MIE pendant de nombreuses années, abonde enfin le Pr Yazdan Yazdanpanah, directeur de l’ANRS MIE. Chacune et chacun d’entre nous a pu apprécier son énergie, son enthousiasme, sa rigueur, son humilité et le courage dont elle a fait preuve jusqu’à la fin. »