Le 27 janvier 2026 s'est tenu à Paris le lancement du 5e Rapport de la mise en place de la "Mission des 100 jours" par l'IPPS. L'évènement s'est déroulé à PariSanté Campus en partenariat avec l'ANRS MIE (Inserm) et Pasteur Network.
Dernière mise à jour le 02 février 2026
Le Secrétariat international pour la préparation aux pandémies (International Pandemic Preparedness Secretariat – IPPS) publie aujourd’hui le 5e Rapport de le mise en place de la “Mission des 100 jours”, attirant l’attention sur la fragilité grandissante de la préparation mondiale aux pandémies à une époque où les risques biosécuritaires et géopolitiques s’accroissent.
Le rapport est présenté lors d’un évènement international organisé à PariSanté Campus à Paris, en partenariat avec l’Agence nationale de recherche sur le VIH, les hépatites virales, la tuberculose et les maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE/Inserm) et Pasteur Network. Cette presentation fait l’objet d’une diffusion mondiale via Zoom.
La Mission des 100 jours a pour objectif que des outils de diagnostic, des traitements et vaccins (DTV) sûrs, efficaces et abordables puissent être développés, approuvés et mis à disposition à grande échelle dans les 100 jours suivant l’identification d’une menace pandémique. Le 5e Rapport évalue les progrès accomplis dans la réalisation de cet objectif, au niveau mondial, au cours d’une année marquée par des changements politiques, financiers et épidémiologiques majeurs.
En 2025, l’adoption de l’accord de l’OMS sur les pandémies a marqué une avancée significative, établissant le premier cadre mondial pour une préparation et une réponse équitables. Cependant, le rapport constate que la mise en place de la réponse aux épidémies représente désormais un test décisif. Au même moment, la forte réduction des financements mondiaux consacrés à la santé et à la R&D, notamment la réduction des engagements des principaux donateurs et la fermeture de plusieurs grands programmes, a bouleversé les portefeuilles de produits R&D et révélé à quel point l’écosystème de préparation repose sur une base de financement étroite.
Le tableau de bord 100DM 3.0, élaboré en collaboration avec Impact Global Health, montre que l’investissement global dans la R&D en matière de lutte contre les pandémies a continué de baisser tout au long de l’exercice 2024, avec des effets plus prononcés dans le domaine thérapeutique. Les portefeuilles consacrés au diagnostic, aux thérapies et vaccins restent inégaux et concentrés dans les premières phases, avec une progression limitée dans les phases intermédiaires et finales de développement. Les progrès des systèmes habilitants — notamment la préparation réglementaire, la préparation aux essais cliniques, les cadres de partage des données et la coordination de la fabrication — restent lents.
Les connaissances scientifiques nécessaires pour réagir plus rapidement aux pandémies continuent de progresser, mais ce rapport montre clairement que les progrès réalisés dans l’application de ces avancées pour fournir des outils efficaces sont insuffisants. Aujourd’hui, malgré l’accord historique de l’OMS sur les pandémies, le monde reste vulnérable aux chocs financiers, au manque de coordination des efforts de la R&D et à la fragilité des filières de développement, en particulier dans le domaine thérapeutique.
La “Mission des 100 jours” a été conçue pour nous faire passer de la panique à la préparation. Pour y parvenir, il faudra des investissements soutenus, une interaction plus soutenue entre le développement des outils de diagnostic, des thérapies et des vaccins, et la volonté politique de traduire les engagements mondiaux en capacité opérationnelle. L’année à venir sera décisive : si nous n’agissons pas maintenant, la possibilité de mettre en place une réponse plus rapide, plus équitable et plus résiliente aux futures pandémies s’amenuisera encore davantage.
Ces conclusions ont été renforcées par la survenue d’une succession d’épidémies en 2025. Le mpox reste une urgence sanitaire continentale en Afrique, le H5N1 a démontré un risque de propagation zoonotique, et les épidémies d’Ebola, de Marburg, de fièvre de la vallée du Rift et de chikungunya ont exercé une pression renouvelée sur les systèmes de santé publique. Ces évènements ont mis l’accent sur les défis persistants en matière de détection précoce, de coordination et d’accès équitable aux contre-mesures.
Pour la première fois, et en réponse aux demandes d’analyses plus détaillées émanant des pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI), le tableau de bord 100DM comprend une évaluation approfondie des capacités de préparation et de réponse aux pandémies en Afrique. Cette nouvelle analyse évalue les capacités du continent en matière d’essais cliniques, de laboratoires, de cadres réglementaires et de fabrication, fournissant ainsi une image plus claire des atouts régionaux nécessaires pour soutenir la Mission des 100 jours.
Malgré les nombreuses pressions auxquelles la préparation aux épidémies est soumise, le rapport identifie aussi des domaines dans lesquels des progrès significatifs ont été réalisés. Les avancées dans les plateformes technologiques, notamment celles de production d’ARNm et d’anticorps monoclonaux et celles faisant appel à l’intelligence artificielle, continuent d’offrir des opportunités pour accélérer le développement. Les capacités régionales ont gagné en puissance, en particulier en Afrique, avec une maturité réglementaire et des capacités de fabrication croissantes. L’intégration par le Rwanda du cadre et du tableau de bord de la Mission des 100 jours dans sa planification nationale de préparation aux épidémies constitue un exemple de la manière dont la Mission des 100 jours pourrait être mise en place au niveau national.
Le lancement à Paris intervient à un moment politique critique, alors que la France assume la présidence du G7 et accueillera en avril un sommet majeur sur “Une Seule santé” (One Health), et que la communauté internationale se prépare en septembre pour la réunion des Nations Unies sur la prévention, la préparation et la réponse aux pandémies.
Pour l’IPPS, 2026 représente une fenêtre d’opportunité de plus en plus étroite pour concrétiser les ambitions en systèmes durables et opérationnels capables d’apporter des réponses plus rapides, plus équitables et mieux coordonnées face aux futures menaces pandémiques.
Le mandat de l’IPPS prenant fin en 2027, le rapport identifie quatre domaines d’action prioritaires pour 2026 :
En tant qu’acteur clé dans la préparation aux futures menaces infectieuses, l’ANRS MIE est honorée d’accueillir l’IPPS pour le lancement du 5e Rapport de la mise en place de la “Mission des 100 jours”. Ce lancement est crucial, car il intervient à un moment où les budgets mondiaux destinés à soutenir la santé et la recherche sont en baisse, où le risque d’émergence de maladies infectieuses reste plus élevé que jamais et où les risques liés à la biosécurité et à la géopolitique s’accroissent. Il s’agit également d’une opportunité, à l’heure où la France prend la présidence du G7 et accueillera le prochain sommet “Une seule santé” (One Health). Le rapport de l’IPPS souligne plus que jamais l’importance des initiatives internationales et mondiales dans la lutte contre les maladies infectieuses.
IPPS : info@ippsecretariat.org
L’IPPS est une entité indépendante créée pour favoriser les échanges scientifiques et faciliter l’engagement multidisciplinaire en faveur de la “Mission des 100 jours” et du développement accéléré des outils de diagnostic, des traitements et vaccins (DTV). Le Secrétariat cherche à accroître la capacité des partenaires à mettre en place les moyens de maintenir leur ambition, leur démarche et leur engagement dans la réalisation de la “Mission”. L’IPPS a une durée limitée : elle achèvera ses travaux en 2027.
Lancée en 2021, la “Mission des 100 jours” vise à minimiser l’impact des pandémies. Pour cela, elle s’assure que des outils de diagnostic, des traitements et des vaccins sûrs et abordables soient prêts à être déployés à l’échelle mondiale dans les 100 jours suivant l’identification d’une menace pandémique. La mise en œuvre de cette initiative est dirigée par l’IPPS en collaboration avec les gouvernements, les universités et les organisations internationales.
Pour toute demande d’informations ou d’entretiens, veuillez contacter Ashley Giles (a.giles@ippsecretariat.org).