La variole du singe ou Monkeypox (MPXV) est causée par l’orthopoxvirus simien décrit pour la première fois chez l’homme en 1970 au Congo. Depuis lors, la plupart des cas ont été signalés dans les régions rurales et les forêts tropicales humides du bassin du Congo. En 2003, la première flambée de MPXV en dehors d’Afrique s’est déclarée aux États-Unis liée à des animaux malades importés du Ghana. La transmission se fait par un contact étroit avec une personne ou un animal infecté avec des lésions, des liquides organiques, des gouttelettes respiratoires, ou avec des matériaux contaminés par le virus. Le diagnostic repose sur la positivité de la PCR MPXV réalisée sur des lésions cutanées ou muqueuses. On ne sait pas dans quelle mesure l’infection peut être asymptomatique.
En mai 2022, plusieurs cas de MPXV ont été recensés dans des pays non endémiques majoritairement chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Au 23 juin 2022, 330 cas confirmés de variole du singe ont été rapportés en France : 227 en Ile-de-France, 22 en Occitanie, 21 en Auvergne-Rhône-Alpes, 19 en Nouvelle-Aquitaine, 14 dans les Hauts-de-France, 14 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 6 en Normandie, 3 en Bretagne, 1 en Centre-val de Loire, 1 en Bourgogne-Franche-Comté, 1 en Pays de la Loire et 1 en Grand-Est.
L’épidémie progresse de jour en jour. Jusqu’à très récemment, seuls les établissements de Santé de référence (ESR) étaient en mesure de prendre en charge le diagnostic, le suivi des cas confirmés et la vaccination des sujets contacts. Pour l’Ile de France, les 2 ESR sont les hôpitaux Pitié-Salpêtrière et Bichat. Ces 2 centres en plus de ceux de Tenon, Saint-Antoine, le centre 190 et la Maison de santé du Chemin Vert sont des centres très investis dans la prise en charge et le suivi des personnes infectées par le VIH et des usagers de PrEP, personnes particulièrement touchées par cette infection.
La recherche MonVIP repose sur les hypothèses suivantes :
La majorité des cas confirmés de MKP sont diagnostiqués en Ile-de-France (70%)
Ces cas sont pour 30% des personnes vivant avec le VIH et 55% usagers de PrEP.
La quasi-totalité des cas confirmés sont des hommes.
Nous avons fait le choix de ces 2 populations d’intérêt au vu de la fréquentation importante de milieux de convivialité et la participation à des événements festifs déjà rapportés dans les premières publications. Cette étude a la particularité d’associer des centres hospitaliers et la médecine et les laboratoires de ville qui prennent en charge des populations à risque d’acquisition de maladies sexuellement transmissibles. Le MPXV est un nouveau virus émergent et la réponse anticorps (quantitative et qualitative) chez les patients et chez les sujets exposés est largement méconnue.
Après avoir informé le participant de cette étude et de l’utilisation de son échantillon de sang, prélevé antérieurement et dans le futur, fait dans le cadre du soin courant, les échantillons des participants qui ne s’opposent pas à cette utilisation seront transférés au laboratoire central. Un auto-questionnaire en ligne sera proposé au patient via un lien internet. Il sera construit à partir de questions déjà validées dans d’autres enquêtes (Rapport au Sexe, Prevenir, Parcours).
Ces échantillons de sang permettront la réalisation de tests sérologiques qui se développent actuellement. Les tests positifs pourront être confirmés par des tests de séroneutralisation en cours de développement par l’équipe d’Olivier Schwartz. La réalisation de cette étude de cohorte dans ces centres permettra de répondre facilement à la question de la séroprévalence du MPXV car les files actives sont de 18 300 PVVIH et 4930 usagers de PrEP et de décrire leurs comportements sociaux et sexuels durant cette crise sanitaire et évaluer le ressenti des personnes selon qu’ils aient été contaminés par le MPXV ou non.