ANRS Infectious emerging diseases (MIE), autonomous agency of Inserm, facilitates, evaluates, coordinates and funds research into HIV/AIDS, viral hepatitis, sexually transmitted infections, tuberculosis and emerging and re-emerging infectious diseases.
A central role in infectious diseases research for over 35 years
Supporting research to prevent, understand and treat infectious diseases
ANRS MIE three majors levels of action
ANRS MIE is an agency operating under the specific status of an autonomous agency within Inserm.
Patient associations, next generation of scientists, quality and ethical approach, open science
Our agency funds, coordinates, evaluates and facilitates research into HIV/AIDS, viral hepatitis, sexually transmitted infections, tuberculosis and emerging infectious diseases.
Learn more about the diseases and pathogens covered by our research
Information on the projects we fund
Our workgroups bring together researchers and representatives of civil society
Guiding and advising innovative project leaders
The agency supports a number of research platforms and networks to federate and help shape research in its field
National and international research platforms supported by the agency and designed for the scientific community
Clinical research networks and networks of young researchers
Access to data and biological collections from research promoted by the agency
The agency is a member of various networks and forges partnerships with national and international associations, organisations and initiatives
Partner sites, international global health research platforms, ad hoc partnerships
WHO, Ministry of Europe and Foreign Affairs, Global Health EDCTP3 Joint Undertaking, structuring networks
Strategic international projects and capacity-building programmes
Fighting epidemics: ANRS MIE leads WHO filovirus CORC
Collaboration with community stakeholders
Each year, the agency offers two calls for generic projects and calls for thematic projects. Some are jointly carried out with other research players
Agency's current, forthcoming and completed calls for proposals
Find out the list of calls for projects previously funded by the agency
Find out the Start programme, here to support and guide the next generation of scientific researchers
ANRS MIE is at the forefront of crisis preparedness and response.
Facilitation and watch procedure for responding to emerging or re-emerging epidemics.
This Outbreak Response Unit for several diseases is active since March 2025.
ANRS MIE continues to follow influenza closely since June 2024.
Opened since January 2025 and still active since the detection of one new case in French Guiana in January 2026.
A level 1 Outbreak Response Unit since December 2023, monitoring new cases in Mayotte and La Réunion.
Every Outbreak response units, active or inactive.
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Last updated on 10 July 2026
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L’immunité innée est essentielle pour initier les réponses antivirales et orienter l’immunité adaptative. Dans le contexte des virus à ARN ainsi que des vaccins à ARNm formulés en nanoparticules lipidiques (LNP), les mécanismes moléculaires impliqués dans la reconnaissance initiale de l’ARN et l’activation subséquente de la réponse immunitaire innée restent controversés. Les récepteurs de reconnaissance de motifs (PRRs) détectent des structures moléculaires non-soi, telles que les ARN viraux, et activent des voies de signalisation conduisant à la production d’interférons de type I/III (IFNs) et de cytokines pro-inflammatoires. Parmi ces récepteurs, les récepteurs de type RIG-I (RLRs : RIG-I, MDA5, LGP2) sont des protéines cytosoliques liant l’ARN avec des spécificités de ligands distinctes. Mon projet de thèse vise à élucider (1) la reconnaissance des ARN viraux et endogènes par les RLRs lors d’une infection par le virus Influenza A (IAV) et (2) la reconnaissance par l’immunité innée des candidats vaccins à ARNm à travers leur interaction avec différents PRRs ; toutefois, ce second objectif ne sera pas approfondi en raison des contraintes de confidentialité liées à la collaboration industrielle avec Sanofi.
Pour le premier objectif, nous avons étudié les rôles de RIG-I, MDA5 et LGP2 dans la reconnaissance des infections par le virus influenza sauvage (WT), ainsi que de leurs ligands ARN aux niveaux de la séquence nucléotidique et des modifications post-transcriptionnelles. RIG-I et MDA5 se sont révélés essentiels pour la détection des virus influenza A (IAV) et B (IBV). Les ligands ARN issus des purifications de RIG-I et de LGP2 ont montré une activité immunostimulatrice dans des essais d’IFN de type I. RIG-I se lie au segment NS de polarité négative, et RIG-I ainsi que LGP2 ciblent le segment M de polarité négative. Les segments viraux de polarité négative présentent une capacité plus élevée à activer la signalisation IFN de type I que leurs homologues de polarité positive, ce qui est cohérent avec les valeurs d’IC50 des segments NS et M pour leur liaison à RIG-I. De plus, RIG-I reconnaît des transcrits de l’ARN polymérase III présentant une diminution des niveaux de 5-méthylcytosine (m5C) lors de l’infection.
La quatrième année de thèse sera consacrée à la réalisation d’expériences ciblées visant à valider ce mécanisme, incluant la génération de lignées cellulaires RLR étiquetées Strep déficientes pour NSUN2 (NSUN2-KO) à l’aide de CRISPR–Cas9, l’analyse par qPCR de l’enrichissement des ARN transcrits par Pol III sur RIG-I, ainsi que la caractérisation des interactions ARN–RIG-I dans le contexte de la méthylation m5C. Cette période permettra également l’intégration des résultats, la rédaction d’un article scientifique et la finalisation de la thèse. Les résultats attendus de ce projet incluent l’étude d’une hypothèse émergente concernant la mobilisation d’ARN endogènes sur RIG-I lors d’infections virales, ainsi qu’une meilleure compréhension des mécanismes régulant leurs propriétés immunostimulatrices en lien avec la méthylation de l’ARN. Ces travaux sont directement pertinents pour la recherche sur les maladies infectieuses et pourraient contribuer à la conception de stratégies antivirales et de thérapies à base d’ARN, en identifiant des déterminants moléculaires régulant l’immunogénicité des ARN dans le contexte des pathogènes viraux émergents.
URESIN Deniz
AR Flash
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Le projet ESCAPE vise à redéfinir les stratégies de réponse aux épidémies dans les pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI) en identifiant et en exploitant des clusters spatiaux épidémiologiquement significatifs issus des données de mobilité de la population. Centré sur l’épidémie d’Ebola de 2014–2015 en Guinée, ESCAPE exploitera des données de téléphonie mobile anonymisées provenant d’environ 9 millions d’utilisateurs, ainsi que des rapports épidémiologiques détaillés au niveau préfectoral, afin de mieux aligner les stratégies d’intervention sur les dynamiques réelles de transmission. Le projet répond à une limite majeure des interventions de santé publique traditionnelles: leur ancrage sur des frontières administratives statiques, qui ne reflètent pas nécessairement les schémas de propagation des maladies façonnés par les mouvements humains. ESCAPE extraira des clusters spatiaux guidés par la mobilité et évaluera leur pertinence en tant qu’unités dynamiques, fondées sur les données, pour des actions de santé publique ciblées. Le projet poursuit deux objectifs principaux: (1) identifier des clusters de mobilité à l’aide de la science des réseaux appliquée aux données de téléphonie mobile; (2) simuler l’impact des interventions ciblant ces clusters à l’aide de modèles épidémiques de type métapopulation. En comparant ces résultats avec les stratégies historiquement fondées sur les frontières administratives, ESCAPE quantifiera les gains en matière de réduction de la propagation épidémique et de l’impact sociétal. Ce projet propose ainsi une nouvelle solution de rupture pour la préparation aux épidémies dans des contextes à ressources limitées, avec des implications potentielles pour la gestion d'autres maladies infectieuses sensibles à la mobilité.
FANELLI Federico
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CARRAT Fabrice | Inserm UMR S 1136 Epidémiologie de la grippe et des hépatites virales : risque, pronostic et stratégies thérapeutiques CARRAT Fabrice Inserm UMR S 1136 Epidémiologie de la grippe et des hépatites virales : risque, pronostic et stratégies thérapeutiques Institut Pierre Louis d'Epidémiologie et de Santé Publique CS 81393 56 Boulevard Vincent Auriol 75646 Paris Cedex 13
Les maladies arbovirales comptent parmi les défis les plus pressants de santé publique mondiale en 2026. Causées par des virus à ARN transmis par des arthropodes hématophages, elles comprennent notamment le virus de la dengue (DENV), le virus du chikungunya (CHIKV), le virus Zika (ZIKV) et le virus de la fièvre jaune (YFV). Leur impact clinique et épidémiologique est considérable, allant de syndromes fébriles bénins à des formes hémorragiques, neurologiques, congénitales ou mortelles. Ces dernières années, leur importance s’est accrue sous l’effet de l’instabilité climatique, de l’urbanisation, de l’expansion des vecteurs et de la mobilité humaine, qui favorisent l’émergence, la persistance et la diffusion de ces virus. Le Brésil demeure l’un des pays les plus touchés au monde, tandis que la France métropolitaine fait face à un risque croissant de transmission autochtone. Dans ce contexte, il est urgent de disposer de cadres analytiques capables d’extraire, à partir des données génomiques, des informations épidémiologiques rapides et pertinentes. La phylodynamique offre une voie puissante en reliant les histoires évolutives virales aux processus épidémiques. Toutefois, les modèles phylodynamiques actuels ont été conçus pour des agents pathogènes à transmission directe et ne rendent pas adéquatement compte de la transmission arbovirale, dans laquelle l’infection est médiée par des vecteurs et structurée par des phases d’incubation chez les hôtes vertébrés comme chez les moustiques. Cette inadéquation limite la fiabilité de l’inférence épidémiologique et restreint l’usage des données génomiques pour la surveillance et la reconstruction des épidémies. VECTRA répondra à cette lacune en développant un cadre phylodynamique fondé sur l’apprentissage profond, spécifiquement dédié aux maladies virales à transmission vectorielle. Le projet concevra un nouveau modèle représentant explicitement des compartiments exposés et infectieux dans les populations humaines et vectorielles, reflétant ainsi la structure biologique fondamentale de la transmission arbovirale. Ce cadre sera intégré dans une chaîne d’inférence évolutive et extensible reposant sur des réseaux neuronaux, permettant l’analyse rapide de grands jeux de données phylogénétiques tout en conservant un fort réalisme épidémiologique. Le projet établira aussi la puissance statistique et les exigences minimales d’échantillonnage génomique nécessaires à une inférence robuste dans des scénarios de transmission vectorielle, au moyen de simulations étendues et de jeux de données empiriques issus de populations humaines et de moustiques. Le cadre développé sera appliqué aux grandes épidémies de dengue et de chikungunya survenues au Brésil en 2024, un terrain d’étude pertinent par son ampleur, sa couverture génomique, son hétérogénéité écologique et son chevauchement temporel avec d’importantes anomalies climatiques. En analysant des milliers de génomes viraux, le projet estimera des paramètres clés de transmission et examinera l’influence des conditions environnementales sur l’intensité épidémique dans différents clusters de transmission. Pour certains clusters de plus petite taille, les estimations obtenues par apprentissage profond seront comparées à une implémentation bayésienne classique adaptée à la transmission vectorielle, afin d’assurer une validation rigoureuse de la cohérence et de l’incertitude des résultats. En réunissant arbovirologie, génomique évolutive et modélisation épidémique, VECTRA comblera une lacune méthodologique majeure. Il fournira un cadre open source adapté à la transmission arbovirale, générera de nouvelles connaissances sur la dynamique des grandes épidémies au Brésil et renforcera l’usage des données génomiques pour la surveillance, la préparation et la réponse de santé publique dans des contextes endémiques comme émergents. Au-delà de ses contributions scientifiques immédiates, le projet favorisera le renforcement des capacités franco-brésiliennes en phylodynamique et soutiendra la formation d’une nouvelle génération de chercheurs à l’interface entre virologie, science des données et inférence épidémique.
GOMES Ighor
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Le virus du chikungunya est un arbovirus ré-émergent qui se transmet à l'homme par l'intermédiaire du moustique vecteur Aedes, provoquant des épidémies à grande échelle avec une propagation rapide et des taux d'infection élevés. Endémique en Afrique, en Asie et en Amérique, le CHIKV provoque des arthralgies fébriles chez l'homme, qui peuvent persister dans certains cas pendant des années. Compte tenu de la propagation du vecteur Aedes et de l'absence d'antiviraux efficaces, le CHIKV représente un risque important pour la santé publique, la société et l'économie. Il est essentiel de comprendre le processus de réplication virale pour mettre au point des traitements efficaces. La réplication et la transcription du CHIKV sont assurées par un complexe réplicase (CR) formé de quatre protéines non structurelles (nsP1-4) codées par le génome viral. Le génome de l'ARN simple brin positif (+ssRNA) détourne les ribosomes de l'hôte après la désenrobage et la libération dans la cellule. Les nsP sont traduits sous forme de polyprotéine à partir du premier cadre de lecture ouvert (ORF1) et clivés en CR actifs par la protéase nsP2. Les données structurales et biochimiques actuelles sur les nsP se limitent à des domaines ou des protéines individuels, ce qui restreint notre compréhension de leur fonction concertée dans la synthèse de l'ARN. Dans notre laboratoire, la structure du CHIKV CR complet a récemment été résolue à l'aide de la cryoEM à particule unique, révélant un complexe de 3MDa. Grâce à ces assemblages, nous pouvons enfin envisager une étude holistique de la synthèse in vitro de l'ARN dans cette importante famille de virus.
Ce projet combinera des tests d'activité avec des structures cryo-EM du CR tardif à différents stades de la synthèse de l'ARN+ afin d'élucider la fonction du complexe. Le projet déterminera les modèles d'ARN optimaux pour la réplication, évaluera le couplage entre les différents PNS pendant la synthèse de l'ARN et fournira des instantanés structurels du CR à différents stades de la réplication. Pour ce faire, on testera la liaison de l'ARN aux CR CHIKV reconstitués par polarisation de fluorescence ou par déplacement de mobilité en utilisant des ARN couplés à des fluorophores et en comparant les activités de synthèse de l'ARN de divers sous-complexes nsP afin d'expliquer la fonction de l'hélicase nsP2 et de la barrique nsP3. Les CR seront incubés avec des séquences d'ARN optimales pour l'analyse cryo-EM, dans le but de capturer le complexe dans les états de pré-initiation et d'élongation. Des mutants de CR ciblés seront générés et testés sur la base des connaissances structurelles. Les résultats attendus montreront que le CR est actif dans la synthèse de l'ARN, détermineront les préférences en matière de matrice et mettront en évidence une activité de synthèse spécifique au promoteur. Cela fournira un aperçu structurel et fonctionnel détaillé de la réplication de l'ARN, grâce auquel nous comprendrons le rôle coopératif des PNS dans la synthèse de l'ARN. L'étudiant acquerra des compétences en matière de transcription de l'ARN, de purification du CR, de cryo-EM et d'analyse des données afin de fournir une approche intégrée de la recherche sur la réplication virale.
DJELLAKH MOHAMED WALID
L’encéphalite à tiques (TBE) et la borréliose de Lyme (BL) sont deux zoonoses à tiques d’importance croissante en santé publique. Comprendre et estimer les facteurs pouvant expliquer leurs répartitions est nécessaire pour aider la mise en place de mesures de prévention et de contrôle. Dans la partie Ouest de l’Europe, TBE et BL sont transmises par la même tique Ixodes ricinus. En France, la BL est présente depuis plusieurs décennies, avec des régions à risque accru (Grand-Est (GE), Auvergne-Rhône-Alpes (AURA)). Des cas sporadiques de TBE sont rapportés dans la région GE depuis 1968, et le nombre de cas rapportés a augmenté depuis le début des années 2000, affectant de nouvelles zones, suscitant une inquiétude croissante (la TBE est à déclaration obligatoire depuis 2021). Comme la TBE et la BL sont transmises par le même vecteur, étudier ces deux maladies conjointement sur les mêmes zones affectées offre des avantages significatifs. Grâce à l’utilisation de techniques de modélisation spatiale de pointe combinées à une série unique de données «One Health» (variables environnementales, hôtes animaux et variables anthropiques) sur les deux maladies, l’objectif de cette thèse est de cartographier le risque d’infection de LB et TBE en France, et d’estimer les déterminants sous-jacents associés. Les cartes de risques produites permettront une utilisation translationnelle des résultats pour les campagnes de surveillance et de prévention. Ce projet de thèse s’inscrit dans un projet de recherche sur la dynamique de transmission et de distribution spatiale de LB et TBE en France dans une approche «One Health». Cela assurera un environnement de recherche riche et dynamique pour le doctorant, tout en s’appuyant sur un réseau d’experts et de collaborateurs au niveau national sur l’étude des arbo-pathogènes zoonotiques d’importance en santé publique.
SUHANDA Ilona Eveline
À Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, les moustiques Aedes aegypti infectés par Wolbachia, une bactérie symbiotique intracellulaire héréditaire qui rend son hôte résistant aux virus, ont été déployés comme stratégie de biocontrôle pour prévenir les épidémies de virus de la dengue (DENV). Cependant, il a été démontré que l'infection du moustique par Wolbachia modifie la diversité des virus et des bactéries qui y résident. En outre, on sait que le microbiote du moustique affecte la sensibilité de son hôte aux arbovirus et peut modifier la compétence du vecteur, ce qui peut avoir des conséquences en aval sur la transmission des arbovirus par les moustiques. Cependant, malgré la possibilité que ces interactions aient un impact sur la durabilité de l'intervention de Wolbachia, notre compréhension actuelle des interactions entre Wolbachia et le microbiote des moustiques est encore limitée.Ici, nous visons à étudier les interactions globales entre Wolbachia et le microbiote des moustiques et leurs effets sur la compétence vectorielle des moustiques pour les arbovirus. Nous émettons l'hypothèse que ces interactions moduleront la force du blocage du DENV induit par Wolbachia, ce qui aura un impact sur l'efficacité à long terme de la stratégie de biocontrôle de Wolbachia actuellement mise en œuvre dans 13 pays à travers le monde.
Une analyse métagénomique sur des moustiques sauvages infectés ou non par Wolbachia sera réalisée pour étudier comment l'infection par Wolbachia modifie la composition du microbiote du moustique (bactéries et virus). Les composants viraux du microbiote en présence ou en l'absence de Wolbachia seront isolés. Nous étudierons ensuite la capacité de ces virus isolés à influencer la compétence vectorielle pour le DENV chez les Ae. aegypti infectés ou non par Wolbachia. Les composants bactériens seront également étudiés, mais pas dans le cadre de ce projet de doctorat. Ainsi, la première année du doctorat sera consacrée à l'isolement du virus et à la participation à l'analyse métagénomique. Les deuxième et troisième années seront consacrées à la recolonisation par les virus sélectionnés des Ae. aegyti infectés ou non par Wolbachia et à la compétence vectorielle du DENV qui en découle.
La stratégie Wolbachia étant déployée dans de plus en plus de pays, il est essentiel d'étudier les impacts des interactions multitrophiques Wolbachia × microbiote chez les moustiques sur le phénotype de blocage du virus et sur la transmission des arbovirus.
L'originalité de ce projet réside dans i) l'utilisation d'une approche communautaire globale pour comprendre les interactions microbiennes sur le phénotype de l'hôte ii) la tentative de modifier la composition du microbiote chez Ae. aegypti pour mesurer son impact sur le blocage du virus induit par Wolbachia. À cette fin, ce projet combine la microbiologie, la bioinformatique, la biologie des vecteurs et l'expertise en entomologie médicale pour examiner une question de recherche fondamentale dans le contexte d'un environnement d'étude éco-épidémiologique très pertinent. Les résultats du projet fourniront les connaissances nécessaires et opportunes pour identifier les facteurs de risque environnementaux qui renforceraient ou compromettraient le blocage du virus induit par Wolbachia et, par conséquent, l'efficacité de la lutte antivectorielle basée sur Wolbachia.
VALTAIN Dominique
L’encéphalite à tiques (TBE) est une zoonose émergente causée par le virus de l’encéphalite à tiques (TBEV), un flavivirus transmis principalement par des tiques du genre Ixodes. L’infection humaine se caractérise par une grande hétérogénéité clinique, allant de formes asymptomatiques à des atteintes neuro-invasives sévères associées à des séquelles durables ou au décès. L’augmentation récente de l’incidence en Europe, ainsi que l’émergence de nouveaux foyers, notamment en France où la TBE est devenue à déclaration obligatoire en 2021, souligne l’importance de mieux comprendre les déterminants biologiques de cette infection. La variabilité interindividuelle des formes cliniques suggère un rôle majeur des facteurs liés à l’hôte, en particulier de la variabilité génétique.
Lors de l’infection, l’activation des voies de signalisation de l’interféron de type I induit l’expression de nombreux gènes stimulés par l’interféron (ISGs), constituant une composante centrale de la réponse antivirale. Cependant, les effecteurs moléculaires spécifiques contrôlant la réplication du TBEV restent mal caractérisés. Des variations génétiques affectant l’expression ou la fonction de ces ISGs pourraient ainsi contribuer aux différences de sensibilité observées. Le projet Host-ImmuniTick vise à déterminer comment la diversité génétique de l’hôte module les réponses immunitaires antivirales et influence l’issue de l’infection par le TBEV. Pour cela, nous nous appuierons sur la population murine Collaborative Cross (CC), un panel de lignées recombinantes consanguines capturant une large diversité génétique.
Des expériences préliminaires menées au laboratoire ont mis en évidence une forte variabilité de sensibilité au TBEV entre lignées CC, associée à des différences de réplication virale et de neuroinvasion, confirmant la pertinence de ce modèle pour l’étude des déterminants de l’hôte. Le premier objectif est d’identifier les mécanismes antiviraux impliqués dans le contrôle de la réplication virale. Un criblage fonctionnel d’environ 250 ISGs murins sera réalisé à l’aide d’une bibliothèque lentivirale permettant une expression stable dans des lignées fibroblastiques murines immortalisées. Après infection, la réplication virale sera quantifiée par cytométrie en flux afin d’identifier des ISGs à activité antivirale ou provirale. Les candidats seront ensuite validés dans des fibroblastes embryonnaires murins (MEFs) issus de lignées de souris CC présentant une sensibilité contrastée à l’infection, en utilisant des approches de gain et de perte de fonction. La cinétique de réplication virale sera analysée par cytométrie en flux et RT-qPCR afin de caractériser finement leur impact sur l’infection. Le second objectif vise à caractériser l’infection dans un contexte de transmission vectorielle et à analyser les réponses immunitaires locales au site d’inoculation. À l’aide d’un modèle combinant souris CC et tiques Ixodes ricinus, nous comparerons l’infection induite par morsure de tique à une inoculation sous-cutanée, en évaluant les paramètres cliniques, la cinétique de réplication virale, la dissémination tissulaire et la neuroinvasion. En parallèle, la réponse immunitaire au site de gorgement sera étudiée à partir de biopsies cutanées précoces, par analyses d’expression des ISGs et cytokines, ainsi que par caractérisation histologique de l’infiltration cellulaire.
En intégrant génétique de l’hôte, analyses fonctionnelles des réponses antivirales et modèles de transmission vectorielle, ce projet apportera une compréhension mécanistique des déterminants de la sensibilité au TBEV et des interactions virus-vecteur-hôte.
FERY-SIMONIAN Luc
VOSSHENRICH Christian | Mouse Genetics, Immunity and Infections Team Department of Genomes and Genetics VOSSHENRICH Christian Mouse Genetics, Immunity and Infections Team Department of Genomes and Genetics Mouse Genetics, Immunity and Infections Team Pasteur Institute 25-28 rue du Docteur Roux 75015 Paris France
Contexte et justification : Le Burkina Faso fait face depuis plusieurs années à une émergence et réémergence d’arbovirus occasionnant des épidémies et des décès. Malgré l’existence d’un système de surveillance de ces arbovirus certains tels le USUV et le WNV ne sont pas couverts par cette surveillance. Le virus du Nil occidental (WNV) et le virus Usutu (USUV) sont des arbovirus phylogénétiquement apparentés transmis principalement par les moustiques du genre Culex. Les oiseaux constituent les principaux hôtes amplificateurs et l’Homme et le cheval sont des hôtes accidentels. Il est difficile de prédire à quel moment ces pathogènes peuvent passer de l’animal à l’homme d’où l’importance de la surveillance des reservoirs animaux impliqués dans le cycle enzootique de ces virsus. Une surveillance aviaire du USUV et du WNV permettrait d’identifier les espèces impliquées dans l’amplification et la circulation de ces virus au Burkina Faso et d’anticiper sur la survenue d’épidémies humaines.
Objectif : L’objectif de cette étude est de réaliser une surveillance moléculaire et sérologique du USUV et du WNV chez les oiseaux domestiques et sauvages et les chevaux en zone urbaine et semi urbaine au Burkina Faso en tenant compte des variations saisonnières.
Méthodes : Il s’agira d’une étude transversale descriptive à recueil prospectif qui se déroulera sur 3 ans en milieux urbains (Bobo-Dioulasso) et semi-urbain (Banfora). Les échantillons seront collectés en tenant compte des variations saisonnière pour voir la dynamique de la circulation des arbovirus en fonction des saisons. Des prélèvements sanguins seront réalisés sur les chevaux. Chez les oiseaux, un prélèvement de goutte de sang sur du papier buvard sera réalisé ainsi qu’un écouvillonnage oral ou rectal. Des prélèvements d’organes seront également réalisés chez les oiseaux trouvés morts. Au total, 385 échantillons d’oiseaux domestiques, d’oiseaux sauvages et de chevaux seront collectés. Tous les échantillons collectés seront convoyés dans le laboratoire d’accueil à Montpellier pour les analyses moléculaires et sérologique. Sur le plan moléculaire, tous les échantillons seront analysés par RT-PCR pour la détection de l’ARN des virus recherchés et les échantillons positifs feront l’objet de séquençage et d’analyses phylogéniques pour identifier les souches de virus circulants. Sur le plan sérologique, les échantillons seront d’abord screené par un test ELISA commercial Pan-Flavivirus et les échantillons positifs seront ensuite testés par séroneutralistion pour détecter les anticorps spécifiques à chaque virus.
Résultats attendus : Les résultats de notre travail permettront d’identifier les espèces aviaires impliquées dans le maintien de cycle enzootique du USUV et de WNV au Burkina Faso ainsi que les saisons de forte circulation de ces virus. Nous aurons à la fin de notre travail, une information sur les souches virales circulantes. L’étude sur les chevaux nous permettront de valider la pertinence de l’utilisation de ces derniers comme sentinelles dans la surveillance de ces flavivirus. Nous pourrons ainsi faire des propositions concrètes aux autorités compétentes du Burkina Faso afin d’améliorer la surveillance et la lutte contre ces virus.
Echéancier : La mise en place et l’obtention des autorisations administratives et des consentements se fera pendant les cinq premiers mois de la première année ; l’acquisition des échantillons du sixième au neuvième mois de la première année et les neufs premiers mois de la deuxième année ; l’analyse de Laboratoire à partir du dixième mois de la première année jusqu’à la fin de la troisième année ; l’analyse des données à partir du premier mois de la deuxième année jusqu’à la fin de la troisième année ; la valorisation des données à partir du septième mois de la deuxième année jusqu’à la fin de la troisième année.
KONATE Djara
Le moustique Aedes aegypti, vecteur d‘arbovirus comme la dengue (DENV) et le chikungunya (CHIKV), représente une menace majeure de santé publique. Les pièges contre Ae. aegypti constituent un élément incontournable pour la surveillance de vecteurs et la lutte antivectorielle. Différents types de pièges existent, ciblant des comportements chez les femelles tels que la recherche d’hôte (i.e. BG-sentinelles) ou la ponte (i.e. Gravidtrap). Cependant, des variations de comportement ont été reportées chez Ae. aegypti dans la littérature, ce qui peut compromettre l’efficacité des pièges dans différents contextes. Par exemple, des molécules citées comme attractives dans une étude, peuvent être rapportées comme répulsives pour l’espèce dans d’autres. Outre les différences méthodologiques des études, des facteurs liées aux populations de moustiques et à une perception différentielle des odeurs par les antennes pourraient expliquer ces variations comportementales mais cela, à notre connaissance, n’a jamais été évalué. Les études disponibles évaluent le comportement et la perception antennaire de moustiques avec des colonies élevées en laboratoire, négligeant les variations potentielles entre les populations de terrain d’Aedes aegypti. Enfin, l’ingestion d’arbovirus conduit à des infections disséminées dans le moustique qui peuvent altérer la perception antennaire des stimuli olfactifs, et donc le comportement, comme reporté récemment, mais cela reste peu étudié.
Nous proposons un projet doctoral de recherche translationnelle, organisé en trois workpackages (WP), porté par l’Institut Pasteur de la Guadeloupe (IPG) et de la Guyane (IPFG). Grâce aux collaborations avec le Pasteur Network, nous pouvons évaluer (i) comment la perception antennaire et les comportements d’Ae. aegypti varient d’une population à une autre à travers le monde, ainsi que (ii) l’impact de l’infection sur les neurones d’Ae. aegypti, la perception antennaire et le comportement. Enfin, nous proposons de (iii) mener des essais de terrain en Guadeloupe et en Guyane pour valider des attractants identifiés grâce aux expériences précédentes.
LOÏAL Aïcha