Cellule Émergence hantavirus

Statut : suspendue depuis juillet 2026 - niveau 1

Dernière mise à jour le 03 juillet 2026

L’essentiel de la situation en mai-juin 2026

  • Les hantavirus regroupent un grand nombre de virus zoonotiques, principalement transmis par des rongeurs sauvages. Leurs caractéristiques varient à travers le monde. Le taux de létalité, qui peut être important, varie de 0,4 à 60 % selon le virus et la région considérée.
  • Une alerte sanitaire internationale a été déclenchée le 2 mai 2026 après notification à l’OMS d’un foyer de syndromes respiratoires sévères sur le navire de croisière néerlandais MV Hondius, en route vers le Cap-Vert.
  • L’agent pathogène identifié est un hantavirus de type Andes (ANDV), confirmé par biologie moléculaire le 6 mai 2026. Il s’agit du seul hantavirus où une transmission interhumaine a été décrite dans certains contextes.
  • L’ANRS Maladies infectieuses émergentes a activé une cellule Émergence de niveau 1 le 7 mai 2026. Une première réunion de recherche incluant toutes les parties prenantes (scientifiques, médecins, administration, directions d’établissement) s’est tenue le 11 mai 2026.
  • Le 2 juillet 2026, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré officiellement la fin de l’épidémie à hantavirus Andes. Au total, l’épidémie aura touché 13 personnes dont trois en sont décédées.

Le dispositif Émergence de l’ANRS MIE

Le 7 mai 2026, l’ANRS MIE a décidé l’ouverture d’une cellule Émergence de niveau 1. Celle-ci conduit à la mise en place d’une veille scientifique renforcée ainsi qu’à la définition de priorités de recherche en lien avec les communautés scientifiques, les groupes d’experts et les associations, production d’information à destination des décideurs publiques.

Le 3 juillet 2026, l’ANRS MIE a suspendu sa cellule Émergence à la suite de la déclaration, le 2 juillet 2026, de la fin de l’épidémie par le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.

En savoir plus sur le dispositif Émergence

L’ANRS MIE a organisé une première réunion de recherche le 11 mai comprenant des chercheurs, des médecins ainsi que des représentants des autorités sanitaires (Direction générale de la Santé, Santé publique France, …), afin de dresser un état des connaissances et discuter des priorités de recherche.

L’ANRS MIE a exploré les différents axes de recherche et identifié 8 actions prioritaires au regard de la situation épidémiologique actuelle et des risques identifiés. Les champs retenus couvrent l’histoire naturelle de la maladie, le diagnostic biologique, le développement de thérapies innovantes et de vaccins, l’infodémie en contexte d’incertitude scientifique.

A partir des priorités retenues, un calendrier a été établi, distinguant les actions à mettre en œuvre à court, moyen et long terme. L’enjeu des actions de long terme est le développement de programmes à fort potentiel stratégique au niveau national, mobilisables pour toute émergence.

Suivez l’actualité scientifique des hantavirus

L’ANRS MIE met à disposition une veille scientifique sur les hantavirus avec un focus sur le virus Andes responsable de l’épidémie issue de la croisière du MV Hondius, afin de suivre les progrès de la recherche.

Retrouvez plus particulièrement dans la veille scientifique à télécharger :

  • un résumé de la situation épidémiologique
  • les articles scientifiques récents publiés dans des revues scientifiques à comité de lecture
  • les articles médiatiques et les communiqués de presse récents
  • un bref aperçu de l’épidémiologie, de la virologie, de la clinique, de la prise en charge et de la prévention de la maladie
  • les recommandations officielles des agences de santé

Téléchargez la veille scientifique

La situation sur le foyer d’hantavirus à bord d’un navire de croisière

Le 2 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté sur un possible foyer d’infection à hantavirus à bord du navire de croisière néerlandais MV Hondius reliant Ushuaïa en Argentine, au Cap-Vert.

Le navire, parti d’Ushuaïa le 1er avril, transportait 147 passagers et membres d’équipage. Durant son itinéraire, un certain nombre de passagers ont quitté le navire, notamment lors d’une escale à Saint-Hélène. Le navire n’a pas été autorisé à accoster à son arrivée au Cap-Vert le 3 mai et une prise en charge médicale des passagers et de l’équipage a été assurée. Le navire a finalement été accueilli dans le port de Tenerife, aux Canaries, le 10 mai afin de poursuivre l’examen, la prise en charge et le transfert des passagers.

Au 8 mai 2026, le risque d’une propagation hors du navire était considéré comme « faible » par l’OMS.1,3

Un événement sanitaire à transmission interhumaine

Au 11 mai 2026, un total de dix cas d’infection à hantavirus Andes a été identifié dans le cadre de l’épisode survenu à bord du MV Hondius, comprenant huit cas confirmés et deux cas probables. Trois décès ont été rapportés, traduisant une létalité élevée estimée entre 30 et 38 %.

Les cas et les prises en charge concernent plusieurs pays, notamment l’Afrique du Sud, les Pays-Bas, la Suisse, l’Espagne, le Danemark et le territoire britannique de Sainte-Hélène, Ascension et Tristan da Cunha, soulignant la dimension internationale de cet événement sanitaire. Les patients présentent un âge médian élevé, compris entre 65 et 69 ans, avec une prédominance masculine.

Par mesure de précaution, l’ensemble des passagers et membres d’équipage du MV Hondius est actuellement considéré comme « contact à haut risque ». Avant l’identification du foyer, 30 passagers de plus de douze nationalités avaient débarqué à Sainte-Hélène le 24 avril, entraînant une dispersion internationale des contacts. A cela s’ajoute les individus contacts secondairement identifiés après l’évacuation d’un des cas en avion.

Au total, 161 contacts ont été recensés et font l’objet d’un suivi pendant 42 jours après leur dernière exposition. Compte tenu de la durée potentiellement longue d’incubation, l’apparition de nouveaux cas dans les prochaines semaines ne peut être exclue.

Les enquêtes épidémiologiques sont en cours pour suivre la situation des passagers et membres d’équipage encore à bord, ainsi qu’auprès des personnes qui ont pu être transférées à l’extérieur. Elles devraient permettre de mieux comprendre les circonstances déterminantes de cette épidémie et d’évaluer précisément le risque de transmission interhumaine.

Huit citoyens français ont été identifiés parmi les cas contacts. Le 11 mai 2026, le ministère de la Santé a confirmé qu’une de ces personnes a été testée positive avec des symptômes légers. Le Gouvernement a par ailleurs pris un décret pour renforcer les mesures d’isolement des cas contacts.

Identification du virus impliqué

Le 6 mai 2026, l’analyse de biologie moléculaire de la souche impliquée dans le foyer du MV Hondius réalisé par les autorités sanitaires sud-africaines a identifié une souche d’hantavirus de type Andes. Il s’agit de la seule souche, parmi les 38 connues, à pouvoir se transmettre d’une personne à l’autre bien que ce mode de transmission reste marginal par rapport à l’exposition aux rongeurs infectés. 2

Le séquençage complet a été publié le 8 mai, confirmant son appartenance au virus Andes sud-américain (proche de souches déjà décrites en Argentine et au Chili). À ce stade, aucune mutation particulière associée à une augmentation de transmissibilité ou de virulence n’a été rapportée. Les données disponibles ne suggèrent pas l’émergence d’un nouveau variant distinct, mais des analyses phylogénétiques et fonctionnelles complémentaires sont en cours.

Origine de la transmission

L’hypothèse actuellement privilégiée est celle d’une contamination initiale survenue avant l’embarquement en Amérique du Sud, suivie d’une transmission interhumaine à bord du navire.

Les premiers cas avaient notamment visité des sites à risque, en Argentine, au Chili et en Uruguay, dans un contexte d’observation ornithologique, avec une possible exposition à des rongeurs infectés, scénario compatible avec l’écologie connue du virus Andes en Patagonie.

La survenue de cas parmi des personnes ayant partagé des espaces clos, des cabines ou des contacts prolongés renforce l’hypothèse d’une transmission interhumaine, phénomène rare mais documenté pour le virus Andes, seul hantavirus présentant cette capacité.

Fin de l’épidémie

Le 2 juillet 2026, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a officiellement déclaré que l’épidémie d’hantavirus Andes était terminée.4

Au total, à cette date, 13 cas ont été signalés (12 confirmés en laboratoire), dont trois décès. Le taux de décès pour cette épidémie s’établit donc à 23%. Tous provenaient de la croisière du MV Hondius. Dix cas ont été hospitalisés : huit s’en sont remis mais deux personnes demeurent sous surveillance (dont une Française). Les quatre autres passagers français ainsi que le reste des cas contacts identifiés ont tous achevé leur 42 jours d’isolement recommandés par l’OMS. Aucun cas secondaire n’a été identifié. Pour l’OMS, « cette épidémie ne pose plus aucun risque pour la santé publique et aucune nouvelle contamination n’est attendue. »1

 

En savoir plus sur les hantavirus

Références

  1. Hantavirus cluster linked to cruise ship travel, Multi-country, 4 May 2026 – World Health Organization. https://www.who.int/emergencies/disease-outbreak-news/item/2026-DON599 (consulté le 3 juillet 2026)
  2. Hantavirus-hit cruise ship to sail to Spain; rare Andes strain confirmed, 6 May 2026 – Reuters. https://www.reuters.com/business/healthcare-pharmaceuticals/two-cases-hantavirus-which-spreads-human-to-human-linked-ship-south-africa-says-2026-05-06/
  3.  Hantavirus cluster linked to cruise ship travel, Multi-country, 8 May 2026 – WHO. https://www.who.int/emergencies/disease-outbreak-news/item/2026-DON600 (consulté le 11 mai 2026)
  4. Taking the world’s temperature: WHO chief spotlights global health emergencies, 2 July 2026 – UN News. https://news.un.org/en/story/2026/07/1167865 (consulté le 3 juillet 2026)

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