Lauréat 2025 du PEPR MIE, le projet ArboSENSOR compte développer un système de détection des arbovirus, portable et fiable. Explications de la coordinatrice du projet, le Dr Laura Picas.
Dernière mise à jour le 17 juin 2026
Mettre la recherche au service de l’innovation, c’est l’ambition du projet ArboSENSOR. Lauréat 2025 du Programme et équipements prioritaires de recherche sur les maladies infectieuses émergentes (PEPR MIE), piloté et opéré par l’ANRS MIE dans le cadre du plan France 2030, ce projet entend développer un système miniature de détection du virus du chikungunya, du Zika ou encore de la dengue, portable mais aussi fiable qu’un test ELISA ou PCR.
« Nous voulons continuer de démocratiser les systèmes de diagnostic en ‘point-of-care’ [à proximité directe du patient], à l’image des autotests antigéniques du Covid-19 à domiciles déclare le Dr Laura Picas, directrice de recherche au CNRS et à l’Université de Montpellier et coordinatrice du consortium ArboSENSOR. De telle sorte à identifier des malades même dans des zones difficiles d’accès ou dépourvus d’infrastructures et de personnel spécialisés, que nécessitent les tests ELISA ou PCR. »
Le projet de recherche s’appuie sur une première preuve de concept exploratoire : l’adaptation puis l’optimisation d’un système de détection optique miniature à base de quartz capable d’analyser des signatures spécifiques de fréquence d’oscillation dans un échantillon.
En collaboration avec un équipe de recherche dans la microélectronique, l’équipe du Dr Laura Picas est parvenue à développer une surface où greffer des anticorps anti-chikungunya et rendre ainsi le système « cinq fois plus sensible qu’un test ELISA » affirme le Dr Laura Picas. « Avec le projet ArboSENSOR, nous voulons étendre la compatibilité de notre système à d’autres arbovirus, l’améliorer jusqu’à atteindre une sensibilité proche de celle d’un test PCR et l’adapter à une détection électrique plutôt qu’optique afin de le miniaturiser encore davantage. »
Cette ambition, l’équipe du Dr Laura Picas, n’aurait pas pu y prétendre sans le soutien de l’ANRS MIE.
« En tant que biophysicienne, certes travaillant au sein d’un institut d’infectiologie, j’hésitais à pouvoir prétendre à une aide de l’ANRS MIE, confie la directrice de recherche de l’Institut de recherche en infectiologie de Montpellier (IRIM). Mais à l’ouverture de l’appel à projets 2025 du PEPR MIE, toutes les planètes se sont alignées : la volonté d’innover sur le ‘point-of-care’, les moyens de constituer le plus large consortium possible et ainsi de s’appuyer sur d’importantes capacités d’échantillonnage et évidemment, la priorité mise sur la recherche sur les maladies infectieuses émergentes. De quoi nous permettre de développer la technologie telle qu’on l’envisageait et faire la différence. »
Fort du soutien de l’ANRS MIE, le projet ArboSENSOR débutera ainsi en septembre 2026. Dans le cadre du PEPR MIE, ce projet bénéficie d’un financement à hauteur d’1 million d’euros sur 36 mois.
Doté d’une enveloppe de 70 millions d’euros du plan France 2030 et piloté par l’ANRS MIE, le PEPR MIE est un dispositif indispensable de financement de la recherche et de l’innovation pour lutter contre l’émergence de maladies infectieuses. Il consiste l’une des principales mesures de la stratégie d’accélération « Maladies infectieuses émergentes & Menaces nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques » (SA MIE MN) du Gouvernement.
Depuis 2023, le PEPR MIE a financé 34 projets de recherche et chaires junior, tant sur l’acquisition de nouvelles connaissances, le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques ou l’amélioration des politiques de santé publique. Découvrez quatre portraits de projets lauréats :
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