« De la recherche fondamentale à translationnelle » : une jeune chercheuse soutenue par l’ANRS MIE participe à décrypter le CCHFV

Le Dr Solène Denolly, dont les travaux sont soutenus par l’ANRS MIE, commente une étude alliant recherches clinique et fondamentale.

Dernière mise à jour le 15 avril 2026

Appliquer les résultats de la recherche fondamentale à la recherche clinique

Dans une étude publiée dans la revue Emerging Microbes & Infections le 30 mars 2026, des chercheuses et chercheurs soutenus par l’ANRS MIE se sont penchés sur les mécanismes de propagation du virus à l’origine de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (CCHFV). En 2024, dans une précédente étude parue dans Nature Communications, Solène Denolly, François-Loïc Cosset, et leurs collègues étaient parvenus à identifier un récepteur des lipoprotéines, lié au transport des lipides et détourné par le CCHFV pour transmettre ses propres particules virales.

Ici, dans le cadre de sa Chaire Junior « VISTA – Exploiter les facteurs hôte associés aux structures induites par le virus pour concevoir des stratégies antivirales contre les Orthonairovirus » financée par l’ANRS MIE dans le cadre du Programme et équipements prioritaires de recherche sur les maladies infectieuses émergentes (PEPR MIE), Solène Denolly, chargée de recherches Inserm au Centre de recherche en cancérologie de Lyon (Inserm / CNRS/ Université Lyon-1/ Centre Léon Berard), a voulu explorer plus loin cette découverte. « Nous avons pu démontrer que les particules du CCHFV sont associés à des composants des lipoprotéines. A partir de cette découverte, j’ai souhaité valider comment des inhibiteurs de la formation de ces lipoprotéines, connus pour réduire les risques d’obésité ou de maladies cardiovasculaires, pourraient enrayer la propagation du CCHFV », explique la jeune chercheuse.

Avec la collaboration notamment du Dr François-Loïc Cosset, directeur du Laboratoire des agents hépatotropes et émergents (CIRI, Lyon), dont le travail est également financé par l’ANRS MIE à travers l’appel à projets « Émergences PRFI », et du laboratoire P4 Jean Mérieux Inserm, Solène Denolly et ses collègues ont examiné l’effet antiviral d’une douzaine de ces molécules déjà développées en recherche clinique. « Nous souhaitions rationaliser le screening afin d’acquérir des connaissances à même de servir directement une recherche plus avale : passer directement de la recherche fondamentale à la recherche translationnelle. » Résultat : une poignée de molécules a présenté un effet antiviral puissant. Or, certaines de ses molécules constituent la base de médicaments contre des troubles lipidiques comme l’hypercholestérolémie. De quoi donner des pistes à la recherche d’un premier traitement spécifique contre le CCHFV.

Programme Start : reconnaître l’expertise des jeunes scientifiques

La chaire VISTA portée par le Dr Solène Denolly est l’une des cinq récentes lauréates de l’appel à candidatures pour « Chaire junior » du PEPR MIE. Ce dispositif de financement, lancé pour la première fois en 2025, s’inscrit dans le soutien aux jeunes chercheurs et chercheurs du Programme Start de l’ANRS MIE. « Ma thèse sur les hépatites virales avait été financée par une bourse de l’ANRS MIE, on pourrait donc dire que je suis un pur produit de l’ANRS MIE ! » s’amuse la jeune chercheuse. « Plus sérieusement, le fait d’avoir une bourse nominative est bien plus valorisant qu’un financement classique : cela valide la reconnaissance de notre profil par des pairs et nous offre une visibilité personnelle. Qui plus est, lorsque ce soutien émane d’une agence de référence reconnue à l’échelle européenne et mondiale. »

Le cas de Solène Denolly témoigne du bénéfice pour la communauté scientifique de financer spécifiquement le lancement de carrière des jeunes chercheuses et chercheurs sans les faire nécessairement dépendre de collègues plus aguerris. De plus, grâce au financement de sa première chaire, Solène Denolly compte bien s’entourer : « recruter deux ou trois autres personnes pour donner plus de corps au projet et, ultérieurement, obtenir une labellisation d’équipe. »

Qu’est-ce que le Programme Start ?

Le Programme Start a pour vocation de soutenir et accompagner la prochaine génération de chercheuses et chercheurs (notamment étudiant.e.s en Master, doctorant.e.s, post-doctorant.e.s) sur les thématiques de recherche de l’ANRS MIE (VIH/Sida, hépatites virales, tuberculose, IST, maladies infectieuses émergentes).

Lancé en 2024, il rassemble tous les dispositifs de financement, de formation et d’accompagnement suivants, proposés ou coordonnés par l’ANRS MIE :

  • bourses de Master – Réseau International ;
  • allocations doctorales, postdoctorales et de quatrièmes années de thèse – Maladies infectieuses émergentes ;
  • bourses d’excellence « Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine » ;
  • chaires junior PEPR MIE ;
  • animation des réseaux AMYB (pour ANRS MIE Young Basic research community network) et RJCSS VIH/sida (pour Réseau des jeunes chercheur.es en sciences sociales sur le VIH/sida) ;
  • ainsi qu’une offre d’ateliers et de formations thématiques.

Contact : start@anrs.fr

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