Deltavirus : un jeune chercheur soutenu par l’ANRS MIE contribue à « ouvrir le champ des possibles »

Le Dr Joe McKellar, dont le post-doctorat a été financé par l'ANRS MIE dans le cadre du Programme Start, revient sur sa contribution à l'amélioration des connaissances des deltavirus.

Dernière mise à jour le 15 avril 2026

Enrichir les connaissances sur des pathogènes méconnus

Le 6 mars 2026, une équipe de chercheuses et chercheurs menée par l’Institut de génétique moléculaire de Montpellier (IGMM), institut de recherche du CNRS et de l’Université de Montpellier, ont publié une étude inédite dans la revue Cell. Inédite par son sujet : les deltavirus, des virus microscopiques au fonctionnement particulièrement méconnu.

Cette famille de virus, dans laquelle se situe le virus de l’hépatite D (utilisant le virus de l’hépatite B comme « helper »), emprunte les protéines de surface d’autres virus pour infecter des cellules. Cette nouvelle étude montre que ces deltavirus font bien plus. « Quand j’ai rejoint le laboratoire du Dr Karim Majzoub à l’IGMM, des deltavirus ressemblant fortement à celui de l’hépatite D venaient d’être découverts chez certains serpents ou rongeurs », se remémore le Dr Joe McKellar, premier auteur de l’étude. Le jeune chercheur et ses collègues ont souhaité investiguer le type des protéines qu’ils emploient et si celui-ci concerne des familles virales spécifiques ou non.  Docteur en virologie avec une spécialité en microscopie, Joe McKellar a focalisé son travail sur l’observation en microscopie des particules virales après la surinfection de cellules répliquant les deltavirus avec des particules virales « helpers » (du virus de la stomatite vésiculaire, pathogène touchant le bétail, ou du virus de l’herpès simplex de type 1) in vitro en laboratoire de confinement de niveau 3.

Avec ses collègues, il a eu à développer des techniques de séparation de virus pour examiner l’identité des différentes types de particules, ce qui a nécessité un certain temps d’optimisation. « Avec l’aide d’Aurélien Fouillen de l’Institut de génomique fonctionnelle (Université de Montpellier, CNRS, Inserm), nous avons pu imager les différents types de particules par microscopie électronique. » Résultat : non seulement un même deltavirus peut s’aider de plusieurs virus différents, y compris touchant l’humain, mais il ne s’emploie pas qu’à « emprunter » leurs protéines de surface, il peut également s’introduire dans ces virus sous forme d’hybrides. Une découverte qui, pour Joe McKellar, « ouvre le champ des possibles ». Prochaine étape : comprendre comment ces deltavirus parviennent à s’introduire dans autant de virus différents.

Programme Start : valoriser le profil des jeunes scientifiques

Premier auteur de l’étude, le Dr Joe McKellar y a contribué dans le cadre d’un post-doctorat à l’IGMM financé par l’ANRS Maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE) à travers son Programme Start pour les jeunes chercheuses et chercheurs. « Compter sur mon propre financement m’a permis de bénéficier d’une certaine indépendance vis-à-vis du reste de l’équipe et faire valoir mon expertise personnelle, témoigne le jeune chercheur. Je n’ai pas seulement participé à l’effort collectif, j’ai eu la possibilité d’être plus à l’initiative et ainsi d’apporter ma propre contribution. »

Cette autonomie l’a poussé à réorienter sa carrière. « C’est en menant ces projets que j’ai réalisé à quel point l’impact d’une découverte scientifique dépend de la façon dont on la visualise », explique le jeune chercheur. Au terme de son post-doctorat en novembre 2025, Joe McKellar a donc lancé la start-up Viroscope, une agence de production de visuels stylisés issus d’imagerie microscopique à destination de la communication scientifique. « Faire de la science est primordial, mais la donner à voir est tout aussi crucial. »


N.B. : Deux autres chercheurs et co-auteurs de l’étude, Florian Seigneuret et Hugues de Rocquigny, tous deux de l’unité Inserm « Morphogénèse et Antigénicité du VIH, des Virus des Hépatites et émergents (MAVIVHe) » de l’université de Tours, ont également bénéficié d’un financement de l’ANRS MIE.

Qu’est-ce que le Programme Start ?

Le Programme Start a pour vocation de soutenir et accompagner la prochaine génération de chercheuses et chercheurs (notamment étudiant.e.s en Master, doctorant.e.s, post-doctorant.e.s) sur les thématiques de recherche de l’ANRS MIE (VIH/Sida, hépatites virales, tuberculose, IST, maladies infectieuses émergentes).

Lancé en 2024, il rassemble tous les dispositifs de financement, de formation et d’accompagnement suivants, proposés ou coordonnés par l’ANRS MIE :

  • bourses de Master – Réseau International ;
  • allocations doctorales, postdoctorales et de quatrièmes années de thèse – Maladies infectieuses émergentes ;
  • bourses d’excellence « Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine » ;
  • chaires junior PEPR MIE ;
  • animation des réseaux AMYB (pour ANRS MIE Young Basic research community network) et RJCSS VIH/sida (pour Réseau des jeunes chercheur.es en sciences sociales sur le VIH/sida) ;
  • ainsi qu’une offre d’ateliers et de formations thématiques.

Contact : start@anrs.fr

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