Le Projet SHIELD : Empêcher les infections de se transformer en cancer

Le projet SHIELD vise à faciliter la vaccination, le dépistage et le traitement pour prévenir les infections pouvant mener à un cancer.

Dernière mise à jour le 16 mars 2026

L’essentiel

  • Chaque année, plus de deux millions de personnes développent un cancer en Europe
  • Un cas sur huit est causé par une infection qui aurait pu être évitée
  • Une détection précoce permet un traitement plus efficace
  • L’Union européenne a investi jusqu’à 20 millions d’euros dans le projet « SHIELD Joint Action » (Strategies for Health Interventions to Eliminate Infection related Cancers) pour lutter contre les infections pouvant entrainer un cancer

Chaque année, plus de deux millions de personnes développent un cancer en Europe. Or, un cas sur huit est causé par une infection, comme le papillomavirus humain (HPV), l’hépatite B et C, le VIH ou la tuberculose, qui aurait pu être évitée.

Bon nombre de ces infections peuvent en effet être détectées plus tôt et être traitées plus efficacement si les patients reçoivent à temps le soutien approprié. Par exemple, le nombre de personnes touchées par le cancer du col de l’utérus a diminué dans plusieurs pays après l’intégration du vaccin contre le HPV dans leurs programmes de vaccination infantile, avec toutefois des disparités selon les pays.

C’est la raison pour laquelle l’Union européenne a investi jusqu’à 20 millions d’euros dans le projet « SHIELD Joint Action » (Strategies for Health Interventions to Eliminate Infection related Cancers) pour lutter contre les infections pouvant entrainer un cancer.

Ce projet européen a été lancé les 15 et 16 décembre 2025. L’évènement a eu lieu au Rigshospitalet, le plus grand hôpital du Danemark, à Copenhague. Il a accueilli un large éventail de partenaires européens et d’experts issus d’organismes cliniques, de santé publique, politiques et communautaires. Les discours d’ouverture ont été prononcés par le commissaire européen chargé de la santé et du bien-être animal, Olivér Várhelyi, et la ministre danoise de la santé, Sophie Løhde.

Quel est le but de SHIELD ?

Le projet européen « SHIELD Joint Action » vise à faciliter la vaccination, le dépistage et le traitement pour prévenir les infections pouvant mener à un cancer.

Plus précisément, le but est de :

  • favoriser l’accès à la vaccination contre le HPV et l’hépatite B
  • améliorer le dépistage et les tests de l’hépatite B, de l’hépatite C, du HPV, du VIH et de la tuberculose.

Trop de personnes développent un cancer à la suite d’infections que nous aurions pu empêcher. Le projet SHIELD visera à garantir que personne ne passe entre les mailles du filet. En fin de compte, il s’agit de sauver des vies et de créer plus d’équité en matière de santé au-delà des frontières nationales et des divisions sociales.

Quels sont les pays impliqués dans SHIELD ?

Au total, 25 pays européens, regroupant 69 organisations au total, sont partenaires du projet :

  • Pays de l’UE/Espace Economique Européen : Danemark (coordinateur), Belgique, Croatie, Chypre, Tchéquie, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Espagne, Suède.
  • Pays hors UE/EEE : Bosnie-Herzégovine, Moldavie, Norvège, Ukraine

Le rôle de l’ANRS MIE

Le projet SHIELD est coordonné par le Centre of Excellence for Health, Immunity and Infections (CHIP), du Rigshospitalet, au Danemark. L’ANRS MIE a été chargée, avec le Public Health Center d’Ukraine, de suivre et évaluer la mise en place du projet SHIELD, en veillant à ce qu’elle soit conforme aux objectifs, aux délais et aux résultats prévus.

Les objectifs spécifiques poursuivis par l’ANRS MIE sont :

  • Le suivi continu des tâches, des étapes et des livrables du projet afin de vérifier leur achèvement dans les délais
  • L’évaluation des performances du projet en termes d’objectifs, de satisfaction des parties prenantes et de valeur ajoutée
  • Le contrôle et la gestion des risques et des changements pendant la mise en place du projet.
25
pays partenaires du projet
69
organisations impliquées
25
millions d’euros de budget

Les actions menées par le projet SHIELD

La création de modèles utiles à la prévention et à la vaccination

Une grande partie du projet est consacrée à la mise au point, par des experts de renom, de modèles basés sur les données nationales qui permettront de montrer ce qui se passe au niveau de la maladie lorsque l’on augmente ou réduit une intervention donnée.

Des questions du type “À quelle vitesse et dans quelle mesure le nombre de personnes vivant avec le VIH augmente-t-il dans un pays si, par exemple, les efforts de prévention tels que la distribution d’aiguilles propres aux personnes qui s’injectent des drogues sont interrompus ?” ou “Pendant combien de temps et à quelle fréquence est-il utile de dépister le cancer du col de l’utérus dans un pays où la vaccination contre le HPV fait partie du programme de vaccination infantile ?” seront par exemple abordées.

Les modèles obtenus aideront les pays à planifier des programmes de prévention et de vaccination plus efficaces. À long terme, cela signifie que les services de prévention seront plus accessibles, plus pertinents, plus inclusifs et plus rentables.

Autres actions aidant à la prévention des infections menant à un cancer

Dans le cadre de son action préventive, de dépistage et de traitement des infections, le projet vise également à :

  • aider les pays à éliminer la stigmatisation et la discrimination liées au VIH, à l’hépatite virale, à la tuberculose et aux IST ;
  • former des éducateurs et des professionnels de santé pour lutter contre la stigmatisation ;
  • développer de meilleures informations plus accessibles sur la prévention et le traitement à destination des populations et des patients, y compris les groupes de population vulnérables ;
  • renforcer le suivi de la couverture vaccinale, en particulier parmi les groupes vulnérables ;
  • améliorer et adapter la prévention, le dépistage et le traitement dans les systèmes de santé, les services sociaux et les établissements pénitentiaires ;
  • recueillir et partager les expériences et les meilleures pratiques à travers l’Europe afin de faire bénéficier les personnes de services de meilleure qualité et plus uniformes, quel que soit leur lieu de résidence.

Ce projet est une occasion unique de collaborer à l’échelle européenne. Le Parlement européen et la Commission européenne souhaitent que l’accent soit davantage mis sur la prévention de ces infections.