Dernière mise à jour le 20 août 2026

L’essentiel

  • Comme chaque année, le but de cette journée est de sensibiliser le public aux maladies transmises par les moustiques et à aux efforts déployés pour les éradiquer
  • Les variations climatiques et météorologiques peuvent avoir une influence sur les moustiques et leur capacité à transmettre des agents pathogènes

Les moustiques en France

Il existe 65 espèces différentes de moustiques en France hexagonale, 13 à la Réunion, 50 à Mayotte, 22 en Nouvelle-Calédonie, 17 en Polynésie française, 22 en Martinique, 41 en Guadeloupe et 249 en Guyane.1

Moins de 400 espèces de moustique, parmi les 3 500 qui existent, sont responsables de la transmission de maladies virales et parasitaires à l’être humain.2

Trois genres principaux de moustiques sont présents sur le territoire français : Aedes, Anopheles et Culex.1

Les Culex comprennent l’espèce Culex pipiens, le principal représentant en France hexagonale. Les Anophèles sont présents dans les zones rurales et périurbaines sur le littoral atlantique, en Corse et dans certaines zones humides du centre. On les retrouve en Europe et au Moyen-Orient.1,4

Le moustique Aedes albopictus (moustique tigre), originaire d’Asie, et classé comme espèce exotique envahissante, s’est développé rapidement depuis 2004 en France hexagonale. Au 1er janvier 2026, il était implanté dans 83 départements sur 96.1,5 Le genre Aedes est également présent à La Réunion, à Mayotte, en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane.1

Les moustiques du genre Aedes sont vecteurs des virus de la dengue, du virus chikungunya ou du virus Zika.2,6

Ceux du genre Anopheles sont les vecteurs par excellence du parasite Plasmodium, responsable du paludisme, et les moustiques du genre Culex transmettent le virus du Nil occidental. 2,6

Certaines de ces maladies (dengue, chikungunya, Zika et Fièvre du Nil occidental) sont des arboviroses.

Cas d’arboviroses : quelques chiffres

2025 avait été marquée par une circulation active précoce de certains arbovirus en France hexagonale. Les premiers signes de chikungunya avaient été reportés dès le 27 mai.7

L’année s’était également caractérisée par une intensification du nombre de cas autochtones.7 En France hexagonale, sur la période 2010-2024, le nombre annuel maximum de cas autochtones d’arbovirose était de 84 en 2024 : 83 cas de dengue et 1 cas de chikungunya. En 2025, 809 cas autochtones de chikungunya et 30 cas autochtones de dengue avaient été reportés.7

L’augmentation précoce et massive des épisodes de transmission du chikungunya en 2025 s’explique par l’épidémie survenue dans l’Océan Indien, notamment à La Réunion, où les échanges fréquents avec la France hexagonale ont joué un rôle clé dans l’introduction du virus par des voyageurs virémiques. Cette épidémie avait, de plus, été causée par une souche virale particulièrement adaptée au moustique Ae. albopictus.7

Au 3 août 2026, trois épisodes de transmission autochtone de chikungunya (sept cas), deux de transmission autochtone de dengue (2 cas) et quatre cas autochtones d’infection à Virus du Nil occidental ont été identifiés en France hexagonale.8

L’année 2026 est marquée par des vagues de chaleur (épisode de températures nettement plus élevées que les normales pendant plusieurs jours) et des périodes caniculaires (épisode de températures très élevées, de jour comme de nuit, sur une période prolongée d’au moins 3 jours).9

L’influence du changement climatique sur les arboviroses

Il n’y a pas actuellement de consensus sur la manière exacte dont le changement climatique affectera globalement les maladies à transmission vectorielle.10 En revanche, le changement climatique est reconnu comme un facteur déterminant influençant la distribution géographique des arboviroses.10-12

Un climat plus chaud et l’évolution des régimes pluviométriques peuvent créer des environnements propices aux vecteurs sensibles au climat (tels que les moustiques et les tiques) et aux agents pathogènes.11

Depuis quelques années, maintenant, l’aire de distribution des arboviroses s’est étendue au-delà de leurs limites naturelles, que sont les régions tropicales ou subtropicales, pour gagner les régions tempérées européennes, épargnées jusqu’alors.2

L’influence de la chaleur sur les moustiques

Les moustiques sont ectothermes : leur température corporelle dépend de leur environnement extérieur. Incapables de réguler leur température interne, ils s’adaptent aux changements de température en se déplaçant vers des zones où les conditions climatiques sont compatibles avec leur développement.13 Le climat constitue donc un facteur contraignant l’installation des insectes.13

Les températures élevées peuvent réduire la transmission des virus en diminuant le taux de survie des moustiques et en dépassant les limites thermiques des arbovirus. Elles peuvent également favoriser la transmission en accélérant la réplication virale et en raccourcissant la période d’incubation extrinsèque.12

Ainsi, la durée du cycle de développement d’Ae. albopictus est deux fois plus courte à 30 °C qu’à 20°C.13 Le taux de survie des adultes dépend également de la température. Or le moustique adulte infecté doit survivre suffisamment longtemps pour assurer la transmission de l’agent pathogène.13

Il en ressort que la plasticité thermique des caractéristiques des moustiques joue un rôle important.12

Les données actuelles indiquent qu’Ae. aegypti présente le taux de survie le plus élevé en situation de stress thermique, suivie par Ae. albopictus, tandis que l’espèce indigène Cx. pipiens, mieux adaptée au froid, affiche le seuil de survie le plus bas (sa limite thermique supérieure (UTL pour upper thermal limits) est la plus basse des trois espèces).12

Les expériences sur le cycle de vie des espèces ont montré que Cx. Pipiens ne tolère généralement pas les températures supérieures à 33 °C, Ae. Albopictus à 35 °C et Ae. aegypti à 40 °C.12

Une étude a étudié la limite thermique supérieure des trois espèces à chaque stade de leur vie et évalué leur persistance potentielle en Europe dans le cadre de scénarios actuels et futurs de vagues de chaleur.12

Les modèles ont prédit que les vagues de chaleur affecteraient principalement les larves et les adultes de toutes les espèces (le seuil de survie varie selon les stades). D’ici 2100, les deux espèces d’Aedes devraient pouvoir persister grâce à leur réserve d’œufs, si Ae. aegypti venait à s’implanter en Europe.12

De vastes régions du sud de l’Europe dépasseront les limites thermiques de Cx. pipiens. En raison de sa moindre résistance à la chaleur, l’espèce pourrait voir son habitat viable se réduire sous les vagues de chaleur successives. Ae. albopictus serait confronté à des contraintes modérées. Ae. aegypti ne serait globalement pas limité par la chaleur extrême, mais plutôt par une faible humidité, ce qui renforce l’hypothèse selon laquelle l’aridité limite sa répartition actuelle en Europe.12

Les variations climatiques et météorologiques, que ce soient la température, les précipitations ou l’humidité, peuvent avoir une incidence sur la reproduction, la survie, la répartition géographique des moustiques et, par conséquent, sur leur capacité à transmettre des agents pathogènes.10

Quelques exemples des actions de l’ANRS MIE dans la réponse aux arboviroses

Le rôle d’Arbo-France dans la réponse aux épidémies d’arbovirus

Arbo-France, placé sous l’égide de l’ANRS MIE, est un réseau français d’étude des arboviroses dont l’objectif est de faciliter la préparation et la réponse aux épidémies d’arbovirus humains et animaux en métropole et dans les territoires ultra-marins.

Arbo-France a identifié les priorités de recherche en arbovirologie. Elles s’articulent autour de trois volets :

  • Caractérisation du phénomène initial de l’émergence qui doit être considéré dans sa globalité, son écosystème et sa dimension sociale. Les approches intégrées (« Une seule santé ») seront privilégiées : étude des facteurs responsables du passage de la barrière d’espèce, du changement de vecteur, étude du rôle des phénomènes climatiques, de la biodiversité…
  • Diffusion épidémique qui fera appel à des recherches multidisciplinaires sur les nouveaux outils de diagnostic et de surveillance, la génomique, l’évaluation du risque, la dynamique de transmission et ses déterminants, la pathogénèse et les sciences humaines et sociales
  • Prise en charge de l’épidémie qui recouvre le soin aux patients, la prévention et les stratégies innovantes de lutte et de réponse contre ces infections (thérapeutiques, vaccinales, antivectorielle) en y intégrant la dimension socio-anthropologique et les inégalités sociales et territoriales.

Le projet LSDengue

Ce consortium s’articule autour d’équipes médicales et scientifiques françaises de la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion, la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie et la France hexagonale. Il a pour but d’identifier de nouveaux biomarqueurs pronostiques de formes graves de la dengue à partir de la cohorte CARBO.

Il est financé dans le cadre du Programme et Équipements Prioritaires de Recherche Maladies Infectieuses Émergentes (PEPR MIE).

LSDengue mettra en place le premier réseau interterritorial de partage d’échantillons et de données, reliant la plupart des territoires d’outre-mer français.

Le projet ARBOGEN

Ce projet, étroitement lié à LSDengue, s’appuie sur la collecte de génome du virus de la Dengue (DENV) circulant dans l’aire de répartition des territoires ultra-marins et métropolitains français et a pour objectif d’identifier les déterminants génétiques du virus impliqués dans la gravité de la maladie.

Ce projet vise à étudier l’impact des mutations du génome du DENV sur la pathogenèse de la maladie et sur les méthodes de lutte contre celle-ci.

Ce projet est financé par MSDavenir.

LSDengue et ARBOGEN sont des projets complémentaires qui vont permettre de jeter des bases solides pour la préparation et la réponse aux virus émergents, en particulier les arbovirus, sur l’ensemble du territoire français.

L’appel à projet Émergences PRFI

Cet appel vise à soutenir des projets de recherche collaboratifs entre une équipe française et une équipe issue d’un pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI), autour des enjeux globaux liés aux maladies infectieuses émergentes, parmi lesquelles les arboviroses. Il promeut une approche intégrée, mobilisant des recherches fondamentales, translationnelles, cliniques, en santé publique et en sciences humaines et sociales.

Références

  1. La chaire bien-être animale : Les moustiques sont-ils inutiles ? https://chaire-bea.vetagro-sup.fr/les-moustiques-sont-ils-inutiles/ (consulté le 17/08/2026)
  2. anses : Le moustique tigre. https://www.anses.fr/fr/content/le-moustique-tigre (consulté le 17/08/2026)
  3. AgirMoustique.fr : Où se trouve le moustique tigre ? https://agirmoustique.fr/ou-se-trouve-le-moustique-tigre/ (consulté le 17/08/2026)
  4. ecdc : Anopheles maculipennisl. – current known distribution: April 2026. https://www.ecdc.europa.eu/en/publications-data/anopheles-maculipennis-sl-current-known-distribution-april-2026 (consulté le 17/08/2026)
  5. Santé publique France : Face aux moustiques et aux maladies qu’ils transmettent, protégeons-nous ! https://www.santepubliquefrance.fr/presse/face-aux-moustiques-et-aux-maladies-quils-transmettent-protegeons-nous (consulté le 17/08/2026)
  6. OMS : Maladies à transmission vectorielle. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/vector-borne-diseases (consulté le 17/08/2026)
  7. Santé publique France : Chikungunya, dengue et Zika en France hexagonale. Bilan 2025. https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-a-transmission-vectorielle/chikungunya/bulletin-national/chikungunya-dengue-et-zika-en-france-hexagonale-bilan-2025 (consulté le 17/08/2026)
  8. Santé publique France : Chikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 5 août 2026.  https://www.santepubliquefrance.fr/index.php/maladies-a-transmission-vectorielle/chikungunya/bulletin-national/chikungunya-dengue-zika-et-19 (consulté le 17/08/2026)
  9. Météo-France : Canicule, pic ou vague de chaleur : quelles différences ? https://meteofrance.com/meteo-a-z/canicule-pic-ou-vague-de-chaleur-quelles-differences (consulté le 17/08/2026)
  10. de Souza WM & Weave SC. Effects of climate change and human activities on vector-borne diseases. Nat Rev Microbiol 2024;22(8):476-491.
  11. Paz S. Climate change impacts on vector-borne diseases in Europe: Risks, predictions and actions. Lancet Reg Health Eur 2020;1:100017.
  12. Kramer IM, et al. Heatwaves constrain the future persistence of mosquito vectors in Europe. Glob Chang Biol 2026;32(4):e70876.
  13. Failloux A-B. Les moustiques vecteurs d’arbovirus : une histoire sans fin. Biologie Aujourd’hui 2018 ; 212 (3-4) : 89-99

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