Le covid causée par l’infection par le SARS-CoV-2 est une maladie d’expression polymorphe tant par sa présentation clinique que par sa gravité et sa durée. Le plus souvent, les individus ne présentent pas de symptômes ou présentent des symptômes modérés et bénins, qui disparaissent spontanément en 2 à 3 semaines. Cependant, certains individus présentent des formes sévères qui peuvent mener à une hospitalisation en réanimation, voire au décès. Par ailleurs, certains patients présentent des symptômes prolongés, à la suite d’une infection aiguë à SARS-CoV-2, plusieurs semaines ou mois après les premières manifestations, synonymes d’un covid long. Ces covids longs ont un retentissement important sur la qualité de vie des patients dans les mois suivant l’infection, et représentent un coût potentiellement important pour la société, par la consommation de soins accrue des personnes touchées. Certaines spécialités peuvent être grandement impacté, avec un risque de saturation. Cette pandémie de covid, qui s’inscrit dans la durée, a brutalement et durablement bouleversé l’organisation du système de soins en général et du système hospitalier en particulier. La surcharge hospitalière liée à la pandémie de covid a été plus ou moins marquée au cours des différentes vagues, suite notamment à l’émergence de variants qui a modifié la contagiosité, la fréquence des symptômes et leur sévérité, et à la mise en place de mesures sanitaires. Ces mesures sanitaires peuvent avoir eu un effet sur le fardeau de l’infection selon différentes modalités et notamment : 1) la diminution du nombre de cas de covid (isolement, confinement, contact tracing, vaccination et traitements prophylactiques des patients vulnérables), 2) la diminution de la sévérité des infections par le SARS-CoV-2 (vaccination et traitements précoces de l’infection) et 3) la diminution du risque de symptômes persistants (vaccination). La vaccination disponible progressivement à partir de décembre 2020 a ainsi eu un fort impact sur la proportion de cas hospitalisés, reflétant l’efficacité du vaccin à prévenir la gravité des formes cliniques chez les personnes vaccinées. Cependant, certaines de ces mesures sanitaires ont été mises en place de façon hétérogène sur le territoire français, entre l’hexagone et les territoires ultramarins, mais aussi au sein de l’hexagone.
Hypothèses : Identifier les ressources médico-économiques suite à une infection par le SARS-CoV-2, à l’échelle nationale, mais aussi régionale et dans les territoires ultra-marins, pourrait permettre d’anticiper les besoins lors de la survenue d’une nouvelle vague et de mieux y répondre. De plus, les stratégies de prise en charge qui permettent de diminuer le risque d’hospitalisation et/ou le nombre de symptômes vont permettre de diminuer le développement de symptômes persistants, et donc les besoins de soins post-covid. En conséquence, cela permettrait de réduire la surcharge hospitalière, maintenir les soins courants en période de pic d’épidémie, et réduire les coûts à long-terme.
Objectifs : Evaluer le fardeau médico-économique des infections à SARS-CoV-2, notamment du covid long, et évaluer l’impact de stratégies précoces en France. Cette recherche sera conduite sur la France entière, puis spécifiquement en France métropolitaine et dans les territoires ultra-marins.
La recherche s’appuiera sur la modélisation de la prise en charge de la population infectée par le SARS-CoV-2, selon des profils associés à des trajectoires de soins différentes, le schéma vaccinal, l’initiation d’un traitement précoce, l’admission en hospitalisation, et les suites de l’infection aiguë. Les consommations de soins post-covid, potentiellement attribuables au covid long, seront également prises en compte. Le modèle sera alimenté en particulier par les données recueillies dans les études menées par l’équipe investigatrice principale de la recherche (ANR Long-COCO et cohorte French Covid).
Les résultats de cette étude permettront d’anticiper les ressources et les coûts liés à la pandémie de covid, et de se préparer à de nouvelles vagues épidémiques pour contribuer à réduire la pression hospitalière et la désorganisation des soins.