Le contrôle de l’émergence de la Covid-19 en Europe, y compris en France, a été obtenu en combinant une réduction initiale de la transmission par des politiques de confinement, de rigueur variable et, un an plus tard, une forte incitation à la vaccination contre la Covid-19. Bien que réussie, cette expérience a révélé les défis soulevés par le contrôle des maladies infectieuses émergentes tout en respectant les bonnes pratiques de santé publique comme par exemple, maintenir la confiance au sein de la société et limiter les inégalités sociales. Le projet ACME vise à promouvoir – par le biais de la préparation aux épidémies – le développement et la mise en œuvre de mesures préventives de riposte (MPR), y compris la vaccination, efficaces, acceptables et accessibles, spécifiquement lors d’épidémies de maladies infectieuses (ré)émergentes en France. Ceci pourrait être atteint par des stratégies de communication et d’organisation facilitant la confiance et inclusives. Notre projet s’inscrit dans l’Axe 2 (Connaissance, expertise, communication) du PEPR-MIE, car il vise à mieux comprendre les facteurs clés qui influencent l’acceptation et l’accessibilité physique et psychologique des différents MPR en situation d’épidémie, et proposera des approches pour traduire les connaissances scientifiques en action de santé publique.
Nous avons identifié quatre thèmes clés « ACME » interdépendants, que nous pensons être essentiels pour permettre une acceptabilité et une accessibilité élevées des MPR pendant une crise épidémique : 1) efficacité des programmes ; 2) confiance dans le système au sens large (société, politiques…) et ses freins – réactance, politisation, conspiration ; 3) les professionnels de santé – leurs attitudes, formation et implication ; et 4) l’engagement du niveau local dans la communication et l’organisation.
Les objectifs généraux du projet ACME seront : 1. d’évaluer les déterminants, facilitateurs et barrières à l’adoption/adhésion, la confiance et l’équité sociale concernant les MPR en situation d’épidémie en France, et identifier des approches pour suivre ces facteurs pour la préparation aux épidémies ; 2. de développer des scénarios potentiels de maladies épidémiques et des MPR pertinentes, et évaluer les préférences, vis-à-vis des stratégies et programmes possibles, de la population générale, de sous-groupes spécifiques et des professionnels de santé ; 3. de préparer la recherche interventionnelle sur les programmes de MPR facilitant la confiance et inclusives, en identifiant les expériences évaluées à l’international et en étudiant leur transférabilité en France et aux situations épidémiques ; 4. d’élaborer des recommandations et des protocoles pré-évalués pour une mise en œuvre rapide de la recherche interventionnelle lors de futures émergences, et une feuille de route de recherche et pour un transfert actif vers la santé publique pour la préparation aux épidémies.
Conformément à ces objectifs, le projet ACME comportera quatre axes de travail scientifique reliés entre eux, soutenus par une coordination continue par l’Institut Pasteur. Le consortium ACME englobe diverses disciplines des sciences sociales et du comportement (anthropologie, psychologie, économie comportementale) et les combine avec une expertise pertinente en santé publique et biomédicale (promotion de la santé, épidémiologie et infectiologie). Tous les partenaires ont déjà démontré une forte expertise dans leurs domaines et ont une expérience en recherche fondamentale et en santé publique. Notre plan de travail sur 3 ans comprend de larges consultations répétées des parties prenantes (autorités et acteurs nationaux, régionaux et locaux, experts en sciences sociales et biomédicaux, professionnels de santé et représentants de la société civile). Le projet ACME créera des opportunités pour établir des liens avec d’autres projets de recherche en sciences sociales et avec les futurs projets PEPR-MIE traitant de l’émergence des maladies infectieuses, en particulier ceux qui développent des vaccins et des interventions préventives.