Defining the landscape of human genes regulating coronavirus replication in primary airway epithelia and elucidating their mechanisms of action
Les virus respiratoires peuvent se propager rapidement et provoquer des épidémies mondiales, comme illustré par la pandémie de COVID-19. Les coronavirus sont largement présents chez les animaux et franchissent régulièrement la barrière d’espèces. Au cours des 25 dernières années, trois coronavirus pathogènes ont ainsi émergé chez l’homme : le SARS-CoV en 2003, le MERS-CoV en 2012 et le SARS-CoV-2 en 2019, à l'origine de la COVID-19. De plus, quatre autres coronavirus humains sont responsables d’épidémies saisonnières chaque hiver. Comme tous les virus, les coronavirus sont des parasites intracellulaires obligatoires et dépendent de leurs cellules hôtes pour se répliquer. En réponse, celles-ci ont développé des mécanismes de défense, dont des protéines antivirales exprimées constitutivement ou induites lors de l'infection par l’interféron. Un enjeu majeur en virologie est d’identifier les gènes cellulaires régulant positivement ou négativement la réplication virale. Malgré les avancées récentes dues aux outils de cribles génétiques à grande échelle tels que CRISPR, nos connaissances sur les interactions hôtes/pathogènes restent limitées. En effet, la plupart des cribles génétiques ont été réalisés dans des lignées cellulaires cancéreuses, qui ne reproduisent pas fidèlement l'environnement naturel ni le microenvironnement intracellulaire des cellules cibles humaines de ces virus et présentent des biais inhérents à leur origine tumorale. Des études ont montré que les gènes identifiés dans ces cribles varient fortement en fonction du modèle cellulaire utilisé, soulignant la nécessité d’études dans un contexte cellulaire pertinent.
Ce projet de thèse vise à identifier le paysage des gènes humains régulant la réplication des coronavirus dans un modèle primaire de choix, des épithélia respiratoires primaires humains (human airway epithelia, HAE) génétiquement modifiés et cultivés à l’interface air-liquide (ALI). Ce modèle 3D contient les principaux types cellulaires épithéliaux retrouvés in vivo (cellules basales, ciliées, et sécrétrices) et reproduit l'architecture pseudostratifiée et les fonctions mucociliaires des voies respiratoires. L’équipe a mis au point des méthodes CRISPR pour éditer efficacement les cellules progénitrices de l’épithélium respiratoire humain (les cellules basales) et ainsi obtenir des HAE-ALI génétiquement modifiés, différenciés et fonctionnels. Le projet de thèse s’articulera autour de trois axes principaux. Le premier axe consistera à réaliser des cribles CRISPR rationalisés, au format individuel, dans des cultures primaires d’HAE-ALI pour évaluer le rôle régulateur de gènes humains préalablement identifiés comme jouant un rôle dans la réplication des coronavirus dans des lignées cancéreuses. Le deuxième axe reposera sur l’analyse de données de séquençage d’ARN à l’échelle de la cellule unique (scRNA-seq) afin d’établir une liste de gènes spécifiquement exprimés dans les cultures primaires HAE-ALI. Le rôle de gènes candidats sélectionnés sur la réplication des coronavirus sera ensuite évalué, comme dans le premier axe. Enfin, le troisième axe visera à élucider les mécanismes moléculaires d’action de nouveaux gènes de choix via une combinaison d’approches dont des analyses structure-fonction, de l’interactomique et de la microscopie.
En utilisant des technologies avancées de CRISPR dans des modèles cellulaires primaires physiologiquement pertinents, ce projet de thèse améliorera notre compréhension des interactions entre les coronavirus et leurs véritables cibles cellulaires chez l’homme. Ces connaissances pourraient ouvrir la voie à des stratégies antivirales ciblant des facteurs de l’hôte. Ce projet s’inscrit donc pleinement dans les objectifs de cet appel à projets, qui vise à répondre aux enjeux des maladies infectieuses émergentes et à renforcer notre capacité de réponse face à de futures pandémies.
Applicant
HINCAPIE MENA Issy Fernanda
BONAZZI Mateo | UMR 9004 – CNRS / UM BONAZZI Mateo
UMR 9004 – CNRS / UM
Institut de Recherche en Infectiologie de Montpellier (IRIM)
1919 Route de Mende
34293
Montpellier
France