Le lenacapavir (LEN) est la première molécule antirétrovirale commercialisée issue de la famille des inhibiteurs de capside (p24). Ces effets sur la prévention de l’infection de nouvelles cellules – effet pré-intégration – ont été bien caractérisés dans les études pré-cliniques. En revanche, une de ces études à montrer un effet possible du LEN sur la production de p24 – effet post-intégration. Le mécanisme derrière cette diminution de production de la capside n’a pas été élucidé, et serait une première pour une molécule antirétrovirale : les autres molécules déjà utilisées en cliniques n’ayant que des effets en pré-intégration.
Dans des expériences préliminaires in vitro nous avons montré une rapide diminution de l’expression intracellulaire de p24 par les cellules infectées en présence de LEN. Cette diminution résulte d’un mécanisme agissant en post-transcription et en pré-maturation. Une diminution de l’expression de p24, mais pas de l’enveloppe, est également retrouvée ex vivo, suggérant une action spécifique sur le précurseur gag. De plus, cette diminution d’expression intracellulaire de p24 était associée à une diminution de la production de particules virales. Au total, une diminution probable de l’expression de gag a été objectivée en présence de LEN, néanmoins, le mécanisme exact et les conséquences en aval pour les cellules infectées doivent encore être analysées.
En effet, ceci peut avoir divers impacts à la fois diagnostics et cliniques. Une diminution de l’expression de p24 pourrait diminuer la réactivité du test de dépistage par exemple lors d’une primo-infection décapitée sous Prophylaxie pré-exposition (PrEP) par LEN. De plus une diminution d’expression de p24 chez une personne infectée et traitée par LEN pourrait engendrer une diminution de la présentation des peptides gag à la surface des cellules infectées et donc diminuer l’inflammation chronique.
Objectif : Le but est de déterminer les effets du LEN sur la production de la capside p24 par les cellules infectées par le VIH in vitro et ex vivo.
Hypothèse : Le LEN engendre une dégradation intracellulaire de p24 dans les cellules infectées qui expriment et présentent alors spécifiquement moins la protéine et peptides p24.
Méthodologie : D’abord nous allons caractériser et valider les mécanismes de diminution de l’expression de p24 induite par le LEN in vitro. Parmi, les expériences réalisées nous allons analyser l’infectiosité des particules virales produites en présence de LEN, tester l’impact des mutations de résistance au LEN connues sur la diminution de l’expression de p24 intracellulaire et explorer les différents mécanismes cellulaires possibles de dégradation de p24 induite par le LEN. Ensuite nous allons observer si ces résultats sont similaires chez des personnes vivant le VIH traitées ou non ex vivo. Enfin, nous allons analyser indirectement le degré de présentation des peptides p24 en présence de LEN par une expérience de killing.
Éthique : Ce projet requiert le recueil de PBMC de personnes vivant avec le VIH (étude APRIL, autorisation CPP Est I 2022-A02567-36 le 15/1/2023).
Résultats attendus : L’objectif global de ce projet est d’améliorer notre connaissance sur le comportement des cellules infectées par le VIH en présence de LEN. En effet, caractériser l’effet du LEN sur la production de p24 est nécessaire pour en mesurer les impacts cliniques et diagnostics. Au final, ce contrat d’initiation ouvre la porte à d’autres études fondamentales et cliniques sur l’utilisation du LEN. Par exemple, une diminution de l’expression de p24 par les cellules infectées en présence de LEN pourrait induire une diminution de l’inflammation résiduelle.