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Dernière mise à jour le 22 septembre 2026
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Problématique et situation du sujet : Des inégalités de genre majeures se conjuguent aux inégalités sociales pour faire des hommes hétérosexuels nés à l’étranger la population la plus tardivement diagnostiquée de l’infection par le VIH en France. Ces différences de genre sont largement imputables à l’efficacité du dépistage anténatal du VIH, proposé aux femmes à chaque grossesse et largement accepté (92 %). L’arrivée d’un enfant pourrait être une opportunité de dépistage pour les hommes. Cependant, bien qu’une consultation et un bilan biologique destinés aux futurs pères soient recommandés et remboursés, ils ne sont pas réalisés en pratique courante. Un projet pilote s’attache actuellement à évaluer la faisabilité et l’acceptabilité d’une offre de dépistage prénatal du VIH destinée aux futurs pères, dans un contexte hospitalier : 450 hommes ont été inclus entre octobre 2018 et août 2019. Les résultats préliminaires ont mis en évidence une bonne acceptation de ce dépistage lorsqu’il était directement proposé au futur père par le gynécologue ou la sage-femme et une grande satisfaction des pères effectivement dépistés d’avoir participé au suivi prénatal de leur enfant. Cependant, le recours était encore insuffisant, notamment parce que les hommes se percevaient comme peu à risque vis-à-vis du VIH. Des besoins élargis (vaccination, accès aux droits sociaux, référencement à d’autres professionnels de santé) ont émergé dans notre population d’étude, fortement marquée par la migration (65 % des inclus) et la précarité (32 %).
Objectifs : Nous proposons une recherche interventionnelle qui consiste à rendre effective une consultation prénatale destinée à tous les pères d’enfants à naître. Les objectifs de la recherche seront d’étudier la faisabilité et les processus de cette implémentation en routine et son impact sur l’accès à la santé des pères, y compris leur dépistage VIH.
Méthodes : Pendant 15 mois, nous allons proposer à toutes les femmes qui s’inscrivent pour un suivi de grossesse dans notre centre hospitalier de transmettre l’identité et les coordonnées de leur conjoint s’il est impliqué dans la grossesse et vit en Ile de France (conjoint accessible) et de répondre à un questionnaire sur leur vie affective et la perception du couple sur la prévention et les maladies infectieuses. Tous les conjoints accessibles se verront directement proposer une consultation prénatale, avec ou sans rendez-vous, à l’hôpital (en maternité, au CeGIDD ou au sein des consultations de médecine) ou en centre municipal de santé, en journée ou en horaires décalés. Une mise à jour du calendrier vaccinal, une ouverture de droits sociaux et un référencement vers d’autres professionnels de santé seront proposés et accompagnés chaque fois que nécessaire.
L’acceptation de la consultation prénatale par les pères, les différents indicateurs d’impact de cette consultation (proportion de dépistages du VIH, obtention de l’aide médicale d’état, rattrapage du calendrier vaccinal) et les préférences pour la mise en place de cette consultation (lieu et horaire de la consultation) et le rendu des résultats seront mesurés grâce aux données collectées dans les questionnaires et aux options choisies par les hommes.
La mise en œuvre et l’acceptation de ces consultations prénatales seront également étudiées par des entretiens qualitatifs.
Échéancier des travaux : début des inclusions à la fin du pilote, en mai 2020. Fin des inclusions en juillet 2021. Analyse, valorisation et diffusion des données, adaptation de la consultation prénatale aux enseignements de l’étude et transfert de l’intervention en pratique clinique quotidienne entre juillet 2021 et juillet 2022.
Résultats attendus : Cette intervention permettra de réduire le délai entre infection et diagnostic du VIH chez les hommes, d’améliorer ou de préserver leur santé et de réduire la transmission de maladies infectieuses à la mère et à l’enfant à naître. Elle a vocation à s’étendre à d’autres maternités. L’objectif final est d’organiser et d’implémenter cette consultation dédiée aux futurs pères pour qu’elle soit à terme systématiquement intégrée au suivi prénatal français.
PENOT Pauline
Projet de recherche
36
352 240 €
DESGREES DU LOU Annabel | UMR196 INED IRD UPD Centre Population et Développement DESGREES DU LOU Annabel UMR196 INED IRD UPD Centre Population et Développement CEPED Université Paris Descartes 19 rue Jacob 75006 Paris
Les VIH de type 1 sont actuellement classés en 4 groupes distincts : le groupe M (Major, VIH-1/M) pandémique, responsable de la majorité des infections actuelles, alors que les autres groupes de VIH-1 (dits VIH-1 non-M), groupes O, N et P sont moins prévalents et essentiellement présents au Cameroun : le groupe O (Outlier, VIH-1/O) est ainsi responsable de moins de 1% des infections à VIH au Cameroun, les groupes N et P sont plus anecdotiques avec 20 et 2 cas d’infection décrits respectivement. Ces variants sont caractérisés par une forte diversité génétique comparativement au VIH-1/M, qui impacte sur le diagnostic, le suivi et le traitement des patients infectés. Bien que découvert dès 1990, et ayant émergé en même temps que le VIH-1/M, peu de données d’épidémiologie, d’histoire naturelle, et d’évolution génétique de ces variants sont disponibles. Le peu de connaissances actuelles sur l’évolution génétique de ces variants provient de cas sporadiques, principalement dans le cadre d’études réalisées hors du Cameroun. La prévalence des infections à VIH-1 non-M et en particulier VIH-1/O, sur l’ensemble du Cameroun n’est donc pas connue à ce jour. Ainsi, nous proposons une étude observationnelle unique sur le territoire camerounais visant à améliorer les connaissances épidémiologiques des VIH-1 non-M en améliorant la stratégie de caractérisation de ces variants ; étudier la dynamique d’évolution génétique des VIH-1/O, endémique au Cameroun, et mesurer leurs éventuelles conséquences sur la prise en charge thérapeutique des patients infectés en lien avec le contexte médical local et la circulation de virus résistants.
PLANTIER Jean-Christophe / NJOUOM Richard
24
182 515 €
PLANTIER Jean-Christophe | Equipe d'accueil 2656 GRAM Laboratoire de virologie PLANTIER Jean-Christophe Equipe d'accueil 2656 GRAM Laboratoire de virologie Institut de Biologie Clinique/ Hôpital Charles Nicolle - CHU Rouen 1 rue de Germont 76031 Rouen Cedex --------------- NJOUOM Richard | Laboratoire de Virologie NJOUOM Richard Laboratoire de Virologie Centre Pasteur du Cameroun 451 rue 2005 Yaoundé Cameroun
COULON Pierre-Grégoire
Allocation de recherche
AMIGORENA Sebastian | Inserm U932 Laboratoire Immunité et Cancer AMIGORENA Sebastian Inserm U932 Laboratoire Immunité et Cancer Institut Curie 26 rue d'Ulm 75248 Paris Cedex 5 France
THOMAS Gaëtan
CARDON Dominique | médialab CARDON Dominique médialab Sciences Po Paris 27, rue Saint-Guillaume 75007 Paris France
Le projet RIPOSTE a pour objectif de développer un traitement innovant contre la tuberculose en ciblant la réponse de l’hôte par l’inhibition pharmacologique du facteur de transcription PU.1 dans les macrophages. Ce projet découle de la découverte que PU.1 joue un rôle central dans la réponse des macrophages à l’infection par Mycobacterium tuberculosis (Mtb). Des travaux préliminaires suggèrent qu’en inhibant PU.1 via un knockdown médié par siRNA lors de l’infection par Mtb, la croissance intracellulaire du pathogène diminue. Ce phénomène pourrait découler d’une augmentation de l’apoptose, d’une inhibition de l’expression de gènes inflammatoires ou d’autres mécanismes encore non élucidés. Dans cette optique, nous avons accès à des inhibiteurs de PU.1 récemment développés pour explorer si l’inhibition de PU.1 peut aider l’hôte à combattre l’infection par Mtb. Notre objectif principal est d’évaluer ces inhibiteurs de PU.1 sur l’infection par Mtb dans des macrophages primaires in vitro. Notre deuxième objectif est de poursuivre cette étude en évaluant l’efficacité de ces inhibiteurs sur des macrophages alvéolaires, qui seront ensuite intégrés dans un modèle organoïde humain. En parallèle, nous étudierons la pharmacocinétique et la clairance des inhibiteurs dans un modèle murin d’infection par Mtb. Cette approche globale nous permettra de déterminer la faisabilité d’une transition vers un modèle d’organoïde humain et d’évaluer l’efficacité potentielle des inhibiteurs de PU.1 sur l’infection par Mtb dans un contexte multi cellulaire et in vivo.
POSCHMANN Jérémie
Contrat d'initiation
12
19 985 €
JOSIEN Régis | CR2TI - UMR1064 Centre de Recherche en Immunologie Translationnelle et Transplantation JOSIEN Régis CR2TI - UMR1064 Centre de Recherche en Immunologie Translationnelle et Transplantation Nantes Université 30, boulevard Jean Monnet 44093 Nantes cedex 1 France
GUZMÁN Elina
BACKOVIC Marija | Unité de Virologie Structurale BACKOVIC Marija Unité de Virologie Structurale Institut Pasteur, CNRS UMR3569, Université Paris Cité 28 rue du Dr Roux 75015 Paris
Contexte : Les travailleuses du sexe cisgenres (TSC) sont exposées à un risque élevé d’infection par le VIH en raison de facteurs comportementaux, biologiques et structurels, tels que des lois restrictives, la stigmatisation et des conditions de vie précaires. À l’échelle mondiale, elles sont 30 fois plus à risque que les autres femmes cisgenres, et cette vulnérabilité est particulièrement marquée dans les pays où l'épidémie est concentrée, comme le Brésil et la France. Bien que la prophylaxie pré-exposition (PrEP) orale quotidienne ait démontré son efficacité pour la prévention du VIH chez les femmes cisgenres, son adoption reste limitée parmi les TSC, y compris au Brésil et en France. Cette recherche contribuera à combler le manque de connaissances sur l’accès à la PrEP pour les TSC au Brésil et en France, en s’appuyant sur les enseignements de l’étude ANRS-PISTAS (2023–2025), qui a examiné la littérature et mobilisé les acteurs clés afin d’identifier les barrières à l’accès à la PrEP pour les TSC à Lyon, São Paulo et Salvador.
Objectifs : Ce projet vise à analyser l'efficacité et l'acceptabilité d'une intervention communautaire menée par des médiatrice communuataires (peer navigators) pour améliorer l’accès, l’adoption et la rétention de la PrEP orale quotidienne chez les TSC à Lyon (France), Salvador et São Paulo (Brésil).
Méthodes : Il s'agit d’une étude communautaire démonstrative à méthodes mixtes qui inclut à la fois une intervention et une évaluation qualitative et quantitative. S'appuyant sur les principes de la recherche communautaire, l’étude met l’accent sur l’autonomisation des communautés pour surmonter les obstacles structurels et sociaux affectant la santé et les droits humains des TSC. L’intervention se déroulera dans des structures de santé communautaires existantes, servant de centres de référence, et comprendra trois volets principaux : 1) la navigation par les pairs ; 2) des activités d’autonomisation communautaire ; 3) la mise en lien avec les services de PrEP. L’intervention sera mise en place dans trois structures de santé communautaire : AHF à São Paulo, PrEPara à Salvador et Le Griffon à Lyon. Des médiatrices communautaires, recrutées au sein de la communauté des TSC, seront formées pour sensibiliser, effectuer des évaluations et faciliter l’accès à la PrEP, y compris par des prescriptions directes dans les sites brésiliens. L’autonomisation communautaire visera à créer des espaces sûrs pour les discussions et le soutien psychosocial. La PrEP orale quotidienne (TDF/FTC) sera fournie conformément aux recommandations nationales des deux pays.
La composante quantitative de l’étude évaluera trois axes principaux : 1) les stratégies de réduction des vulnérabilités affectant l’utilisation de la PrEP ; 2) l’acceptabilité et l’efficacité de la prescription de PrEP par des pairs ; 3) la connaissance et l’intention d’utiliser différentes modalités de PrEP. Des évaluations permettront de proposer un soutien personnalisé, et l’adhésion sera mesurée par les taux de rétention, le ratio de possession des médicaments (MPR) et l’incidence du VIH/des IST. Des analyses avant-après intervention permettront d’évaluer l’impact de l’adoption de la PrEP, en prenant en compte les contextes de travail et le statut migratoire en France.
La composante qualitative analysera la mise en œuvre de l’intervention et explorera les expériences des TSC, en mettant l’accent sur leurs perceptions de l’intervention, l’utilisation quotidienne de la PrEP et l’acceptabilité potentielle d’autres modalités à action prolongée.
Les résultats de cette étude contribueront à améliorer l’accès à la PrEP pour les TSC grâce à des approches communautaires.
FERRAZ Dulce / GRANGEIRO Alexandre
670 093 €
PREAU Marie | Laboratoire Pôps – Unité Inserm 1296 « Radiations : Défense Santé Environnement » PREAU Marie Laboratoire Pôps – Unité Inserm 1296 « Radiations : Défense Santé Environnement » Université Lumière Lyon 2 5 avenue Mendès 69676 BRON CEDEX --------------- COUTO Marcia | Departamento de Medicina Preventiva, Faculdade de Medicina, Universidade de São Paulo, São Paulo, São Paulo, Brazil COUTO Marcia Departamento de Medicina Preventiva, Faculdade de Medicina, Universidade de São Paulo, São Paulo, São Paulo, Brazil Faculdade de Medicina, Universidade de São Paulo Av. Dr. Arnaldo, 455 - Cerqueira César, Pacaembu São Paulo BRAZIL
ZHU Rui
DARDEL Frédéric | UMR7104 DARDEL Frédéric UMR7104 IGBMC 1 rue Laurent Fries Illkirch
Contexte. Ce projet s’inscrit dans un contexte où les besoins des personnes trans et/ou non-binaires vis-à-vis du VIH, des IST et de la santé sexuelle font l’objet d’un intérêt croissant de la part des autorités de santé à l’échelle internationale. Pour autant, en France, les données sont encore parcellaires pour étayer des programmes et des interventions dans ce domaine. Le présent projet est issu d’une dynamique collective de travail dans le cadre de l’AC46 de l’ANRS-MIE.
Objectifs. L’objectif général de cette recherche est de documenter et d’analyser les vulnérabilités au VIH et, plus généralement, les questions de santé sexuelle, auxquelles sont confrontées les personnes trans et non-binaires en France. Il comprend deux objectifs spécifiques : 1) Analyser les besoins de santé sexuelle à l’échelle des parcours de vie des personnes trans et non-binaires ; 2) Décrire et analyser les expériences de santé sexuelle vécues par les personnes trans et non-binaires dans leur diversité, en tenant compte des différentes discriminations et violences auxquelles elles font face dans les sphères privée, professionnelle et dans l’accès aux soins et à la prévention.
Méthodes. Pour ce faire, le projet s’appuie sur une démarche de recherche communautaire, autour de deux volets menés en parallèle, qui visent à recruter des personnes trans et/ou non-binaires résidant en France hexagonale, âgées de 18 ans ou plus. Le volet qualitatif (50 entretiens biographiques estimés) vise à comprendre en profondeur les trajectoires et les socialisations sexuelles des participants à l’étude à partir d’une analyse biographique. Le volet quantitatif consiste en une enquête par questionnaire auprès de 6000 à 7000 répondants, en mobilisant une approche thématique des conditions sociales de vulnérabilité dans le domaine de la santé sexuelle et en particulier face au VIH et aux IST.
Résultats attendus. Ce projet constituera une source de données inédites sur les trajectoires de vie, la santé et les discriminations vécues par les personnes trans et non-binaires en France. Ces données donneront lieu à des valorisations scientifiques (communications, articles, chapitres d’ouvrages), à des restitutions vers les communautés concernées (ateliers, forums, formations) et vers les professionnels de santé qui les accompagnent (conférences médicales, formations). La dimension communautaire de ce travail constitue également un des atouts du projet, par sa capacité à mettre en dialogue des univers sociaux différents et complémentaires (associations, chercheurs, cliniciens), autour d’enjeux communs.
GIRARD Gabriel
545 994 €
GIORGI Roch | UMR 1252 SESSTIM Sciences économiques et sociales de la santé & traitement de l’information médicale GIORGI Roch UMR 1252 SESSTIM Sciences économiques et sociales de la santé & traitement de l’information médicale Aix-Marseille Université 27 Bd Jean Moulin 13005 Marseille France