Du 18 au 20 juin 2026

L’essentiel

  • Ces journées ont réuni, comme chaque année, l’ensemble de la communauté de l’infectiologie ainsi que des conférenciers venus de toute la France et de nombreux pays francophones pour partager leurs expertises, questionnements et innovations.
  • A cette occasion, l’ANRS MIE a animé une session en partenariat avec les JNI sur la thématique : « Mpox, Ebola, Marburg : quand la science affronte les épidémies ».
  • La session a eu lieu le samedi 20 juin 2026, de 8h30 à 9h45 dans la salle MAILLOT.

Les 27es Journées Nationales d’Infectiologie (JNI) se sont tenues en juin 2026 à Paris, au Palais des Congrès. Pour la première fois organisées dans la capitale, elles ont réuni l’ensemble de la communauté de l’infectiologie, professionnels de santé, chercheurs, paramédicaux et étudiants, autour d’un programme scientifique riche et pluridisciplinaire.

Ces journées ont proposé un état des lieux des avancées et des enjeux du domaine, en abordant notamment les actualités thérapeutiques, les nouvelles menaces infectieuses, les innovations diagnostiques ainsi que les problématiques de santé publique. Elles ont constitué également un espace privilégié d’échanges et de partage entre acteurs de la discipline, dans un contexte marqué par l’évolution constante des maladies infectieuses et des réponses apportées.

Focus sur la vaccination contre la grippe

La vaccination a été l’une des thématiques abordées au cours de la première journée des JNI. Parmi les travaux présentés, on peut citer les derniers résultats de l’étude RESPIVAC  financée par l’ANRS MIE, qui a pour objectif principal d’évaluer l’efficacité de la vaccination des infections respiratoires virales chez l’adulte hospitalisé.

Oussama Zidi, de l’Inserm US19 à Villejuif, a présenté les résultats de cette étude nationale prospective qui a également mis à contribution des équipes Inserm de Saint-Etienne, de Dijon et de Paris, des équipes hospitalo-universitaires (CHU de Saint-Etienne, CHU de Rennes, Hospices Civils de Lyon, Hôpital Cochin de Paris) ainsi que des équipes de I-REIVAC, un réseau consacré à la recherche clinique en vaccinologie, et de F-CRIN, une plateforme nationale destinée au développement de la recherche clinique française.

Cette étude intitulée « Efficacité vaccinale grippale 2024/2025 sur les formes hospitalisées de l’adulte en France : étude prospective nationale de type ‘test negative design’  » a souligné l’importance de maintenir et de renforcer la couverture vaccinale des populations à risque.

Nous avons posé quelques questions à Oussama Zidi pour en savoir un peu plus.

  • Dans quel contexte s’inscrivent vos travaux ?

L’étude ANRS 0285s RESPIVAC a été menée dans huit CHU du réseau I-REIVAC pour évaluer spécifiquement l’efficacité de la vaccination sur les personnes hospitalisées présentant des formes graves de la grippe − des adultes hospitalisés pour syndrome respiratoire aigu sévère.

Chaque hiver en France, la grippe est responsable de plus de 20 000 hospitalisations et d’environ 9 000 décès, et la saison 2024-2025 a été particulièrement sévère. Pour éviter les formes sévères, la vaccination est recommandée pour les personnes âgées et les patients à risque. L’efficacité de la vaccination varie tous les ans car les virus mutent. De plus, les personnes vaccinées peuvent moins bien répondre à la vaccination.

C’est la raison pour laquelle, il est essentiel de réévaluer chaque saison en vie réelle l’efficacité de cette vaccination. Avec l’étude RESPIVAC, nous nous sommes appuyés sur un protocole suivant la méthode dite du test-négatif (test‑negative design).

  • Pouvez-nous en dire un peu plus sur cette méthode ?

Il s’agit aujourd’hui de la méthode de référence pour estimer l’efficacité vaccinale en vie réelle. Le principe est simple : tous les patients hospitalisés ont été testés pour savoir s’ils ont ou non la maladie étudiée. Au moment du recrutement, un test fiable permet de les classer comme « positifs » ou « négatifs ».

Ici, les personnes hospitalisées pour syndrome respiratoire aigu sévère ont fait l’objet d’un prélèvement nasopharyngé. Les patients positifs pour la grippe constituaient les « cas », les patients négatifs « les témoins ». On compare ensuite la cote de vaccination dans chaque groupe via un odds ratio (risque relatif rapproché) ajusté sur l’âge, le sexe, les comorbidités et le mois d’inclusion, avec stratification par centre. L’efficacité vaccinale s’écrit : EV = 100 × (1 − OR ajusté).

L’intérêt de cette approche est qu’elle limite le biais lié au comportement de recours aux soins, car cas et témoins proviennent de la même population qui a consulté pour les mêmes symptômes.

  • Quels sont les résultats de votre étude ?

En se basant sur les 578 adultes qui ont été hospitalisés pour syndrome respiratoire aigu sévère durant la saison 2024-2025, l’efficacité vaccinale a été estimée à 62 % (IC95 % : 41-75). Elle est particulièrement élevée chez les sujets âgés, cibles prioritaires de la vaccination. Elle s’élève jusqu’à 79 % (IC95% : 43-92) chez les 65-75 ans et atteint 69 % (IC95% : 40-84) au-delà de 75 ans.

  • Que nous apprend cette étude et quelles vont être ses retombées ?

L’étude a montré que le vaccin était efficace dans la population des adultes hospitalisés pour syndrome respiratoire aigu sévère. Ceci renforce le message de santé publique en faveur de la couverture vaccinale des sujets à risque. L’apport de RESPIVAC est de documenter cette protection sur les formes sévères, complémentaire des données des laboratoires français du réseau RELAB.

L’étude se poursuivra durant les saisons 2025-2026 et 2026-2027, ce qui permettra d’affiner les estimations de l’efficacité vaccinale hospitalière en France.

Les jeunes scientifiques et le programme Start mis à l’honneur

Présentation du programme Start au cours du Déjeuner Recherche

Dans le cadre du « Déjeuner Recherche » qui s’est tenu le 19 juin de 13h30 à 14h45 dans la salle 251, Coline BANCEL de l’ANRS MIE ont présenté le programme Start à 13h45. Un temps a également été accordé pour des échanges avec les participants.

Le programme du déjeuner recherche : 

MODÉRATEURS : Louis BERNARD, France ; Vincent LE MOING, France

  • 13h30 – RENARCI et Commission Recherche SPILF-CMIT. Nathalie GASTELLIER, France ; Claire PERNIN, France
  • 13h45 – Programme Start jeunes chercheurs de l’ANRS MIE. Coline BANCEL, France ; Sophie TROUILLET-ASSANT, France
  • 14h00 – Essai randomisé RIFREE. Raphael LECOMTE, France
  • 14h06 – Essai randomisé COMBIMUCOR. François DANION, France
  • 14h12 – Essai randomisé VIRSTAVAL. Xavier DUVAL, France
  • 14h18 – Essai randomisé en cluster PREVEAUTION. Sylvain DIAMANTIS, France
  • 14h24 – Essai randomisé TROPIFEVER. Nathan PEIFFER-SMADJA, France
  • 14h30 – Cohorte PIQTIQ. Catherine CHIROUZE, France
  • 14h36 – Essai NACRE. Clea MELENOTTE, France

Session en partenariat JNI / ANRS MIE

« Mpox, Ebola, Marburg : quand la science affronte les épidémies »

Une session ANRS MIE, co-animée avec les Journées Nationales d’Infectiologie (JNI), s’est tenue sur la thématique « Mpox, Ebola, Marburg : quand la science affronte les épidémies ». La session a eu lieu le samedi 20 juin 2026, de 8h30 à 9h45 dans la salle MAILLOT.

Au programme : 

MODÉRATEURS : Armelle PASQUET (Paris) et Eric d’ORTENZIO (Paris)

  • 8h30 – Mpox 2022–2025 en RDC : la génomique au service de la compréhension des épidémies. Martine PEETERS (Montpellier)
  • 8h48 – Épidémie d’Ebola souche Bundibugyo, les premières leçons scientifiques et politiques. Marie JASPARD (Paris)
  • 9h06 – Marburg 2025 : investigations et leçons tirées du Rwanda (et d’Éthiopie). Julien NYOMBAYIRE (Kigali, Rwanda)
  • 9h24 – Hantavirus du Nouveau Monde, une menace globalisée. Virginie SAUVAGE (CNR Hantavirus, Institut Pasteur, Paris)
Le programme des JNI