La maladie à virus Ebola est une maladie rare mais souvent mortelle chez l’être humain. Trois virus (ou souches) en sont principalement responsables : Ebola (Zaïre), Soudan et Bundibugyo.
Dernière mise à jour le 22 mai 2026
La maladie à virus Ebola (MVE) est causée par des virus à ARN monocaténaire du genre Orthoebolavirus (appartenant à la famille des Filoviridae ou filovirus, comme le virus Marburg).
Six espèces virales ont été décrites à ce jour, dont trois sont hautement pathogènes pour l’être humain :
Concernant les trois autres espèces virales connues, seul le virus Taï Forest (du nom du Parc national de Taï en Côte-d’Ivoire où il est apparu en 1994) peut également être pathogène pour l’être humain. Le virus Reston ne touche que des primates non-humains et le virus Bombali que des chauves-souris.
La maladie à virus Ebola a été identifiée pour la première fois en 1976 lors de deux flambées épidémiques simultanées en Afrique centrale et de l’Est : l’une était la maladie à virus Soudan dans la ville de Nzara (au Soudan du Sud) ; et l’autre était la maladie à virus Ebola (souche Zaïre) près de la rivière éponyme dans le village de Yambuku en République démocratique du Congo (RDC, anciennement Zaïre). 1
Le virus Bundibugyo a, quant à lui, été caractérisé pour la première fois lors de l’épidémie de 2007–2008 survenue dans le district de Bundibugyo, en Ouganda.2
Environ une cinquantaine d’épidémies de maladie à virus Ebola ont été recensées depuis 1976.3
La majorité et les plus graves d’entre elles ont été causées par le virus Ebola (Zaïre). L’épidémie de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest (Guinée, Libéria, Sierra Leone) a touché 28 610 personnes, dont 11 308 sont décédées. Au cours de cette épidémie d’une ampleur inédite, moins de 10 cas ont été recensés hors d’Afrique (dont deux en France), principalement liés aux rapatriements de patients dont des professionnels de santé contaminés sur place.
La plus récente épidémie de virus Ebola (Zaïre) a été observée entre septembre et décembre 2025 en RDC. Plus de 47 500 personnes ont été vaccinées, permettant de contenir rapidement l’épidémie malgré des conditions logistiques difficiles, avec 64 cas au total dont 45 décès.4
Les épidémies de virus Soudan se sont concentrées en Ouganda et au niveau de la frontière entre la RDC et du Soudan du Sud. La dernière en date a eu lieu entre janvier et avril 2025 en Ouganda.
Quant au virus Bundibugyo, il a été responsable de trois épidémies : en Ouganda en 2007-2008 (131 cas, 42 décès) ; en RDC en 2012 (38 cas confirmés, 12 décès) ; et lors d’un épisode en cours, dans ces deux pays, en mai 2026.
À ce jour, aucun cas confirmé n’a été importé en France hexagonale ou ultra-marine. Les deux seuls cas confirmés pris en charge en France métropolitaine l’avaient été au détour d’un rapatriement sanitaire sécurisé, après leur diagnostic, lors de l’épidémie de virus Ebola (Zaïre) de 2014-2016. Aucun cas secondaire n’avait été alors enregistré.5
Quel que soit le virus (ou « souche ») à l’origine de l’infection, la maladie à virus Ebola prend la forme d’une fièvre hémorragique sévère, dont le taux de létalité moyen est d’environ 50 % (variable selon les espèces virales et la qualité de la prise en charge).
La maladie à virus Ebola est d’origine zoonotique. Son hôte naturel est une chauve-souris frugivore de la famille des Pteropodidae. Celle-ci transmet le virus à d’autres mammifères, en particulier des primates non humains via des fruits contaminés et leurs fèces. La transmission de l’animal à l’être humain se produit lors de contacts avec des animaux infectés vivants ou morts.
La transmission interhumaine se fait par contact direct, avec les fluides corporels d’une personne infectée, ou de manière indirecte via des draps, des vêtements, des seringues contaminées. 6 La transmission sexuelle a été observée, mais est rarissime.7
Les professionnels de santé sont particulièrement à risque lors des soins. Il est nécessaire de porter des équipements de protection individuel requis.8 Les femmes enceintes, qui ont été atteintes d’une forme aigüe de la maladie par le passé, peuvent encore être porteuses du virus dans le lait maternel ou dans les liquides et tissus liés à la grossesse. 9 Aussi, il est recommandé d’éviter l’allaitement.10
Sur le plan clinique, la maladie à virus Ebola apparaît, à son stade précoce, similaire à d’autres maladies infectieuses telles que le paludisme, la fièvre typhoïde, la shigellose, la méningite et d’autres fièvres hémorragiques virales.
Le diagnostic repose donc principalement sur la détection de l’ARN viral par RT-PCR en phase aiguë, réalisée dans des laboratoires disposant de capacités de biosécurité adaptées. Des tests antigéniques rapides peuvent être utilisés en première intention dans les zones éloignées, mais nécessitent une confirmation par PCR. 11
La période d’incubation varie de 2 à 21 jours. 12
Les personnes infectées ne sont contagieuses qu’après l’apparition des premiers symptômes. Les symptômes apparaissent successivement en deux phases :
La prise en charge des malades à virus Ebola est souvent intensive et repose sur des soins de soutien, avec de la réhydratation par voie orale ou intraveineuse, et des traitements symptomatiques.
La létalité varie en fonction de la souche et des modalités de prise en charge du patient. Une prise en charge dans une unité de soins intensifs/réanimation avec du personnel formé permettra un meilleur pronostic pour le patient).
Néanmoins, le taux de létalité demeure important avec un taux de 25% pour le virus Bundibugyo virus, de 50% pour le virus Soudan et de 80-90 % pour le virus Ebola (Zaïre). 14
Des trois espèces virales hautement pathogènes pour l’être humain, seul le virus Ebola (Zaïre) (ZEBOV) bénéficie de traitements et de vaccins approuvés par les autorités sanitaires.
Il existe actuellement deux traitements approuvés en 2020 par l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) et ciblant chacun la glycoprotéine de surface du ZEBOV 15 :
Ils ont une efficacité similaire pour le traitement de l’infection chez les adultes et les enfants, chez les nourrissons nés de personnes atteintes d’Ebola confirmé, et chez les femmes enceintes et allaitantes. Ils ont été utilisés lors de l’épidémie de 2018-2020 en République démocratique du Congo.
À ce jour, deux vaccins ont été approuvés par la FDA et l’Agence européenne des médicaments (EMA) en prévention d’une maladie à ZEBOV.
L’Erbevo® (rVSV-ZEBOV) 18, développé par le laboratoire américain Merck & Co, est un vaccin vivant atténué à dose unique contenant la glycoprotéine de surface du ZEBOV. Administré avant l’exposition au virus, il a démontré une efficacité de 97,5 à 100 % et a entraîné une réponse des anticorps détectable au bout de 12 mois chez 76 % des adultes et 87 % des enfants.19-21 En août 2023, la FDA a également approuvé Ervebo® chez les enfants d’au moins un an.22
Le Zabdeno®/Mvabea® (Ad26.ZEBOV/MVA-BN) 23, développé par le laboratoire belge Johnson & Johnson Innovative Medicine (anciennement Janssen Pharmaceuticals), est un vaccin recombinant à deux doses : la première contient la glycoprotéine de surface du ZEBOV ; la seconde, dont l’administration intervient huit semaines après la première, contient les glycoprotéines des virus ZEBOV, Soudan et Marburg. Le vaccin s’est révélé sûr lors d’essais cliniques de phases I, II et III, avec 41 % des adultes et 78 % des enfants ayant présenté une réponse des anticorps détectable à 12 mois.24,25 D’autres études sont toutefois nécessaires pour préciser la protection du vaccin.
Le groupe stratégique consultatif d’experts de l’Organisation mondiale de la santé (SAGE) recommande d’utiliser le vaccin homologué Ervebo® en période épidémique et de disposer d’une réserve mondiale de 500 000 doses.26
D’autres traitements ou vaccins ciblant ZEBOV sont également à l’étude :
Certaines solutions n’ont enfin pas été concluantes, comme le plasma de convalescent.34
À ce jour, aucun traitement antiviral spécifique ni vaccin n’est approuvé pour les virus Soudan (SUDV) ou Bundibugyo (BDBV).
Plusieurs antiviraux et anticorps monoclonaux sont actuellement à l’étude pour leur activité contre le SUDV, dont l’obeldesivir déjà testé avec succès chez des macaques cynomolgus.35
S’agissant du BDBV, le candidat traitement le plus avancé à ce jour est le MBP134 (et son dérivé optimisé, le MBP431). Ce cocktail de deux anticorps monoclonaux à large spectre, capables de neutraliser plusieurs espèces virales d’Orthoebolavirus, a déjà été testé en dose unique par voie intraveineuse ou musculaire chez des primates non humains. 36,37 L’obeldesivir (par voie orale) ou encore le remdesivir, deux antiviraux à large spectre, ont montré une activité contre le BDBV mais les données restent limitées.
Les vaccins approuvés contre le ZEBOV ne semblent pas conférer de protection croisée contre le SUDV. 38 En 2022, une étude pré-clinique a néanmoins mis en évidence une réponse immunitaire protectrice induite par le vaccin multivalent Zabdeno®/Mvabea® contre le SUDV et le virus Marburg chez le primate non humain. 39
Bien qu’il soit conçu contre ZEBOV, le vaccin Ervebo® présente quant à lui une protection hétérologue partielle contre le BDBV 40, mais son efficacité demeure non démontrée en conditions réelles. Et bien que le vaccin Zabdeno®/Mvabea® constitue une plateforme multivalente (ciblant plusieurs virus), aucune donnée ne démontre une protection croisée contre le BDBV.
Plusieurs candidats vaccins ciblant spécifiquement le BDBV ou à visée pan‑filovirus sont actuellement en phase préclinique, avec des résultats chez l’animal. Le vaccin rVSV‑BDBV GP a notamment montré une protection chez le primate en post-exposition, mais n’a jamais été avancé au stade clinique.
L’ANRS Maladies infectieuses émergentes (ANRS MIE) soutient, anime et coordonne la recherche sur les maladies infectieuses émergentes – dont font partie les Orthoebolavirus.
Le 21 janvier 2025, l’ANRS MIE a été désignée pour diriger le Consortium de recherche ouverte collaborative (CORC) sur les filovirus de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Les CORC sont des réseaux internationaux d’institutions de recherche dont la mission est de définir des priorités de recherche ainsi que de renforcer la préparation mondiale aux pandémies grâce à la recherche collaborative, le partage des connaissances et le développement rapide de contre-mesures.
En mars 2025, le pôle « Veille et Réponse aux épidémies » de l’ANRS MIE a activé une cellule Émergence de niveau 1 sur les filovirus. Cette cellule pérenne comprend une veille scientifique sur les épidémies à virus Marburg et Ebola.
Elle fait suite à une première cellule Émergence de niveau 1, ouverte de septembre 2022 et janvier 2023 en réponse à l’épidémie à virus Ebola (Soudan) survenue en Ouganda.
En 2024, l’ANRS MIE a mis en place une Action coordonnée sur les fièvres hémorragiques virales co-présidée par Sylvain Baize, Marie Jaspard et Abdoulaye Touré.
Ce groupe d’échange et de réflexion stratégique est consacré notamment à la recherche scientifique sur les filovirus et a pour objectif, à travers ses groupes de travail (thérapeutique, faune sauvage, vaccins), de faire émerger des projets de recherche dans le cadre de collaborations internationales, principalement avec nos partenaires en Afrique.
Enfin, l’une des principales missions de l’ANRS MIE est le financement de travaux de recherche fondamentale et clinique. Le projet EBO-PEP compte parmi les projets ainsi financés pour améliorer les connaissances sur la maladie à virus Ebola.
Coordonné par les Pr Placide Mbala et Dr Marie Jaspard, il a pour objectif d’évaluer une stratégie innovante de prophylaxie post-exposition (PEP) destinée aux personnes à haut risque (enfants, adolescents, adultes) après un contact avec le virus Ebola (Zaïre). L’étude compare une approche combinant anticorps monoclonaux, et vaccination à la vaccination seule. Mené dans des contextes épidémiques réels (RDC, Guinée, Libéria, Sierra Leone), cet essai vise à prévenir le développement de la maladie, réduire les transmissions secondaires et mieux protéger les populations exposées, notamment les professionnels de santé.
Crédit image – Une :
Les fièvres hémorragiques virales (FHV) regroupent différentes maladies (Ebola, fièvre de Lassa, de Marburg, fièvre de Crimée-Congo…).
La fièvre hémorragique de Crimée-Congo est transmise par le virus FHCC. Cette transmission peut se faire par des piqûres de tiques, par contact avec des fluides ou liquides biologiques.
La maladie à virus Marburg est une fièvre hémorragique causée par le virus Marburg appartenant au genre Filovirus.