Objectif
Ce projet vise à développer un test moléculaire isotherme, simple et rapide, pour détecter le génome du virus de l’Hépatite Delta (VHD). Le test combinera la méthode d’amplification isotherme RPA (Recombinase Polymerase Amplification) avec la détection par CRISPR-Cas13. Les objectifs spécifiques incluent :
- l’optimisation des conditions opératoires de la RT-RPA avec des amorces T7,
- le développement d’un protocole intégrant la transcription par polymérase T7 et la détection par CRISPR-Cas13 dans une seule réaction,
- la mise au point du protocole deux étapes dans un seul tube (RT-RPA suivie de la transcription par polymérase T7 et détection par CRISPR-Cas13),
- ainsi que l’évaluation des performances analytiques du protocole de détection sur l’ARN synthétique de génotype VHD-1 et sur le standard international de l’OMS pour l’ARN du VHD.
Situation du sujet
Le VHD, identifié pour la première fois en 1977, est un virus défectif nécessitant le virus de l’hépatite B (VHB) pour se répliquer. Environ 5% des personnes atteintes d’hépatite B chronique sont co-infectées par le VHD, représentant environ 20% des porteurs de maladies hépatiques et d’hépatocarcinome. La prévalence du VHD est probablement sous-estimée en raison du manque de dépistage systématique et de tests de diagnostic disponibles. Le VHD est endémique dans de nombreux pays à revenu faible et intermédiaire, notamment en Afrique centrale, en Asie centrale, dans les îles du Pacifique et en Amérique du Sud centrale.
Problématique
La détection du VHD est complexe en raison de la grande diversité génétique du virus, qui se traduit par l’existence de huit génotypes différents. Actuellement, les méthodes de diagnostic disponibles sont souvent coûteuses et nécessitent des équipements sophistiqués. Il est donc important de développer un test moléculaire de faible coût, simple d’utilisation, spécifique et sensible, adaptable en fonction des besoins et ayant le potentiel d'être utilisé dans des environnements où l'accès au diagnostic est limité.
Méthodes
Le projet propose une méthode de détection en un seul tube, combinant plusieurs étapes. D’abord, le développement de l’amplification RT-RPA avec des amorces spécifiques incluant un promoteur T7 pour amplifier l’ARN du VHD. Ensuite, la détection par CRISPR-Cas13, utilisant des crRNA pour cibler spécifiquement l’ARN du VHD et activer la Cas13, qui clive les ARNs cibles et génère une émission de fluorescence. Enfin, l’intégration des étapes d’amplification et de détection dans un seul tube pour éviter les contaminations et simplifier le processus.
Échéancier des travaux
Le projet est divisé en quatre tâches principales. La première tâche, sur les trois premiers mois, concerne le développement de l’amplification par RT-RPA, incluant le design des amorces et l’optimisation des conditions d’amplification. La deuxième tâche, prévue pour les mois quatre à six, porte sur le développement du protocole de transcription par polymérase T7 et de détection par CRISPR-Cas13, incluant le design des ARNs guides et l’optimisation des conditions de détection. La troisième tâche, de juillet à septembre, consiste à intégrer les étapes dans un seul tube et à ajuster les paramètres pour obtenir un test sensible et spécifique. Enfin, la quatrième tâche, prévue pour les trois derniers mois, concerne l’évaluation des performances analytiques du test, incluant la sensibilité et la spécificité sur différents échantillons, y compris l’ARN synthétique de génotype VHD-1 et le standard international de l’OMS pour l’ARN du VHD.
Résultats attendus
Le développement de ce test devrait permettre une détection rapide et précise du VHD, avec une sensibilité de détection élevée (entre 10 et 100 copies/ml). Il offrirait une méthode de diagnostic accessible et adaptable à différents environnements, y compris ceux à ressources limitées, améliorant ainsi le dépistage et le suivi thérapeutique des patients atteints de VHD. De plus, cette technologie pourrait être adaptée pour détecter d’autres virus existants ou émergents.