Expression, séquençage et impact des transcrits antisens du VIH-1
La latence provirale liée à la répression du LTR5′ est considérée comme un état viral silencieux. Or, il est maintenant démontré qu’en plus d’une transcription sens, le VIH-1 possède une transcription antisens et que in vitro, ces transcrits antisens répriment le LTR5′ et freinent sa réactivation. De plus, des données suggèrent que ces transcrits agissent comme des lncRNAs. Notre hypothèse est que les transcrits antisens du VIH-1 pourraient ainsi contribuer à l’établissement et/ou au maintien de la latence chez les personnes vivant avec le VIH-1 (PVVIH) mais également agir sur le lymphocyte T infecté. Dans ce cadre, notre objectif global est de caractériser l’expression in vivo et l’impact des transcrits antisens selon les objectifs spécifiques suivants:
Objectif 1: Quantification des transcrits antisens totaux chez les PVVIH Nous avons déjà valider les RT-PCR spécifiques des transcrits antisens totaux ou du transcrit sens Gag/Pol. Nous déterminerons les niveaux relatifs (RTqPCR) et nombre de copies (PCR digitale) de ces transcrits dans 2 séries de 30 PVVIH présentant une réplication virale active (encore non traités) ou une infection latente (thérapie antirétrivirale). Les valeurs seront normalisées sur le nombre de copies d’ADN total VIH ou d’ADN viral intégré. L’INSERM est promoteur de cette partie pour laquelle le Pr JP Viard (Hôtel-Dieu) est investigateur et cette étude fait l’objet d’une demande auprès du CPP qui sera soumise fin Septembre.
Objectif 2: Caractérisation des différents transcrits antisens. Nous réaliserons un séquençage pleine longueur par la technologie MinION (Oxford Nanopore Technologies), permettant d’obtenir des séquences complètes de transcrits. Pour maximiser la détection des transcrits antisens et minimiser la contamination par les transcrits sens, nous réaliserons le séquençage sur deux lignées latentes, J1.1 et ACH-2, pour lesquelles nous avons détecté une expression des transcrits antisens associée une faible production des transcrits sens. En outre, ceci sera couplé à une étape de capture par oligonucléotides, soit des transcrits antisens totaux soit des transcrits sens totaux. Lors de l’analyse bioinformatique, les séquences retrouvées dans la capture sens seront éliminées des séquences antisens. Ceci sera réalisé en collaboration avec la plate-forme IBEN de l’ENS. Nous chercherons ensuite à détecter individuellement les transcrits antisens chez les PVVIH.
Objectif 3: Caractérisation des cibles cellulaires des transcrits antisens. Cette étude sera réalisée avec un transcrit antisens bien étudié, ASP-L, capable d’induire la répression épigénétique du LTR5’. Nous allons cloner un cDNA codant une forme non traduisible d’ASP-L dans un vecteur de transduction rétroviral ne contenant donc aucune autre séquence VIH-1 et portant un promoteur inductible permettant de contrôler le niveau de production. Le même vecteur contenant un cDNA neutre sera utilisé comme contrôle. Les transductions seront réalisées dans des lymphocytes T Jurkat et des analyses par RNAseq (PF génom’IC de l’Institut Cochin) et protéomique (PF 3P5 de l’Institut Cochin) seront réalisées après sélection (puro). Pour l’approche protéomique, nous utiliserons la méthode Label Free et analyserons en parallèle les extraits protéiques totaux et la fraction des protéines de surface (marquage par une biotine non-perméante+purification par billes streptavidine).Nous validerons ensuite les cibles identifiées par RTqPCR, western blot et cytometrie.
Ce projet implique deux équipes: Equipe 1 (C. Pique), avec une expertise dans l’étude des transcriptions sens et antisens des rétrovirus et qui comprend des virologues/cliniciens spécialistes du VIH et l’Equipe 2 (S. Gallois-Montbrun), experte dans la caractérisation des transcrits du VIH-1 par l’approche Nanopore. Dans l’équipe 1, deux personnes seront impliquées à 100%, une TCE INSERM statutaire et un IE bénéficiant d’un CDD Sidaction jusqu’en Mars 2023 dont le renouvellement sera demandé en 2022. De plus, nous travaillerons avec des plates-formes et bénéficierons de l’expertise du groupe de Véronique Avettand-Fénöèl dans l’analyse de la transcription du VIH chez les PVVIH.
Funding type
Projet de recherche
PIQUE Claudine | INSERM U1016 Institut Cochin PIQUE Claudine
INSERM U1016
Institut Cochin
Rétrovirus, infection et latence
Institut Cochin
22 rueMéchain
75014
Paris
France