L’ANRS Maladies infectieuses émergentes, agence autonome de l’Inserm, anime, évalue, coordonne et finance la recherche sur le VIH/sida, les hépatites virales, les infections sexuellement transmissibles, la tuberculose et les maladies infectieuses émergentes et réémergentes.
Un rôle central dans la recherche sur les maladies infectieuses depuis plus de 35 ans.
Accompagner la recherche pour prévenir, comprendre et traiter les maladies infectieuses.
Trois leviers d'actions majeurs de l'ANRS MIE
L'ANRS MIE est placée sous le statut spécifique d'agence autonome de l'Inserm
Associations de patients, nouvelle génération, qualité et éthique, science ouverte
L'agence finance, coordonne, évalue et anime la recherche sur le VIH/sida, les hépatites virales, les infections sexuellement transmissibles, la tuberculose et les maladies infectieuses émergentes
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Plateformes nationales et internationales soutenues par l'agence à disposition de la communauté scientifique
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L'agence est membre de différents réseaux et établit des partenariats avec des associations, des organismes et des initiatives nationaux et internationaux.
Sites partenaires, plateformes de recherche internationale en santé mondiale, partenariats ad hoc
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Projets stratégiques internationaux et programmes de renforcement des capacités
L’ANRS MIE assure la coordination du CORC pour lutter contre les menaces épidémiques
Collaboration avec les acteurs communautaires
L'agence propose chaque année deux appels à projets génériques et des appels à projets thématiques. Certains d'entre eux sont menés en partenariat avec d'autres acteurs de la recherche.
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Procédure d'animation et de veille pour répondre aux épidémies émergentes ou ré-émergentes
Cette cellule de niveau 1, ouverte en mars 2025, suit plusieurs filovirus (Marburg, Soudan et Ebola)
Activée au niveau 1 en janvier 2025, après une reprise de la circulation virale depuis août 2024
Ouverte depuis décembre 2023, pour suivre l'épidémie en RDC, elle reste active suite à des cas à Mayotte et à La Réunion
L'ANRS MIE suit de près l'évolution de H5N1 depuis juin 2024
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Dernière mise à jour le 12 février 2025
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La persistance d’un réservoir latent contenant des provirus intégrés compétents pour la réplication chalenge les perspectives d’éradication du virus de l’immunodéficience humaine (VIH). La pause proximale du promoteur est une étape clé de la transcription virale conduisant à l’accumulation de transcrits courts dans des cellules infectées de manière latente. Il est donc important d’identifier les facteurs régulant la pause et le redémarrage de l’ARN polymérase II (ARNPII) au niveau de la LTR 5 ’. Nous avons identifié le complexe “Polymerase II-Associated Factor“ (PAF1C) comme répresseur de la transcription basale du VIH. En utilisant à la fois des approches protéomiques et moléculaires, nous avons montré que PAF1C interagissait avec le complexe PTW: PP1 ainsi qu’avec Iws1 / Spt6 qui pourraient être impliqués dans la répression de la transcription du VIH. Ce projet utilisera une combinaison d’approches biochimiques et moléculaires de pointe, telles que l’ARN-seq, le ChIP et le GRO-seq, afin de déchiffrer le rôle de PAF1C dans le contrôle de la latence du VIH. Nous définirons le profil des transcrits viraux dans des modèles de latence en cellules primaires. Notre objectif est de caractériser les interactions entre PAF1C, PTW: PP1 et Spt6/Iws1 et de déterminer comment PAF1C est recruté sur les provirus latents. Nous explorerons le rôle de PAF1C dans les mécanismes qui contrôlent la pause proximale de l’ARNPII au LTR et la terminaison prématurée dans des modèles de cellules primaires infectées de manière latente. Nous déterminerons le rôle des complexes de terminaison de la transcription dans le contrôle de la latence du VIH induit par PAF1C. Que des stratégies efficaces pour éliminer le provirus latent nécessitent de réactiver ou de bloquer sa transcription, il est urgent d’identifier les principaux acteurs contrôlant les pauses proximales du promoteur du VIH. L’identification de PAF1C en tant que nouveau facteur de répression du VIH devrait aider à mieux comprendre les mécanismes contrôlant la latence du VIH.
EMILIANI Stéphane
Projet de recherche
36
248 640 €
COURAUD Pierre-Olivier | Inserm U1016 - CNRS UMR8104 Institut Cochin COURAUD Pierre-Olivier Inserm U1016 - CNRS UMR8104 Institut Cochin Institut Cochin 27 rue du Faubourg Saint Jacques 75014 Paris
La tuberculose (TB), causée par la bactérie Mycobacterium tuberculosis (Mtb), reste l’une des maladies infectieuses les plus meurtrières au monde. TB est responsable de 1.6 million de décès par an au niveau mondial. Cette situation est aggravée par l’augmentation constante et alarmante du nombre de cas de tuberculose multi- et ultra-résistante, avec près d’un demi-million de cas de ce type en 2021 selon le rapport de l’OMS (Global Tuberculosis report 2022). La force de Mtb réside dans sa capacité à survivre dans un état dormant dans les macrophages et dans les granulomes de l’hôte, puis à se réactiver dans des conditions favorables. Dans cet état dormant, la plupart des fonctions biologiques de Mtb sont ralenties, expliquant en partie la perte d’efficacité des antibiotiques. Dans ce contexte, il est urgent d’identifier de nouvelles cibles, pertinentes dans les états actif et dormant de Mtb, pour le développement de nouveaux traitements contre la TB. Les protéines contenant des centres fer-soufre (Fe-S), protéines essentielles dans divers processus biologiques (régulation de la transcription, réparation de l’ADN, métabolisme central, bioénergétique, synthèse de cofacteurs,…), constituent une famille de cibles attrayante. Le génome de Mtb contient environ 60 cadres de lecture ouverts codant pour des protéines Fe-S putatives, ayant des fonctions importantes dans les états actif et dormant de Mtb. Parmi ces protéines, les protéines WhiB utilisent leur centre Fe-S comme senseur redox pour détecter les signaux de stress rencontrés au cours de l’infection et ajustent le métabolisme de Mtb pour survivre aux conditions difficiles dans les macrophages et les granulomes, permettant de rentrer en dormance. Un moyen intéressant de cibler toutes les protéines Fe-S de Mtb en même temps serait de cibler la voie responsable de la biogenèse des centres Fe-S chez Mtb. En général, les bactéries ont plusieurs systèmes de biogenèse des centres Fe-S (ISC, SUF et/ou NIF). De façon intéressante Mtb a un seul système, le système SUF. Ce système est absent chez l’homme, où l’assemblage des centres Fe-S est réalisé par d’autres machineries. Le système SUF de Mtb est essentiel à la croissance in vitro de Mtb dans des conditions normales et a été montré comme étant un point de vulnérabilité de Mtb. De plus, le système SUF est induit dans des conditions de carence en fer, situation rencontrée par le pathogène lors de l’infection. De même, le système SUF de Mtb est régulé à la hausse dans des conditions de stress nitrosant et oxydant, facteurs de stress de la réponse immunitaire innée. Collectivement, ces données soulignent l’importance de la biogenèse et du métabolisme des centres Fe-S pour le cycle de vie de Mtb et renforcent l’hypothèse selon laquelle cibler le métabolisme des centres Fe-S dans Mtb via le système de leur biogenèse (SUF) est pertinent pour le développement de nouveaux médicaments anti-TB. Cibler le système SUF par des inhibiteurs aura d’abord un effet pléiotropique sur la capacité de Mtb à synthétiser les 60 protéines à centre Fe-S. Ensuite, cette approche désarmera Mtb en altérant sa capacité à synthétiser des centres Fe-S pour détecter les signaux de stress environnementaux, via les protéines WhiB. L’inactivation de WhiB empêchera la bactérie de s’adapter pour entrer en dormance. Le projet « FeSMtb » propose d’explorer la faisabilité d’utiliser la voie SUF de Mtb comme cible pour lutter contre la tuberculose. A cette fin, une partie du projet « FeSMtb » consistera à valider le caractère essentiel du système SUF dans la pathogénicité de Mtb. Une autre partie sera dédiée à la caractérisation structurale et fonctionnelle des protéines SUF. Une troisième partie se focalisera sur l’identification d’inhibiteurs du système SUF de Mtb, par le biais d’une approche de criblage sur cellules entières de mycobactéries ; inhibiteurs qui serviront de bases pour le développement futur de médicaments. Le projet sera réalisé en utilisant une combinaison d’approches expérimentales comprenant la génétique et la physiologie des mycobactéries, la biochimie, la spectroscopie, la biologie structurale, les modèles in vitro et in vivo de l’infection par Mtb.
OLLAGNIER Sandrine
143 480 €
ARTERO Vincent | LCBM ARTERO Vincent LCBM UMR5249 17 Avenue des Martyrs Grenoble
De par leur localisation, les cellules dendritiques (DC) représentent des cibles préférentielles précoces de microbes transmis par voies sexuelles ou sanguines. Ainsi, ces cellules expriment différents facteurs de restriction virale spécifiques permettant de limiter toute infection ou transmission microbienne. Néanmoins, quelques pathogènes, comme le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), se sont adaptés au cours de l’évolution pour contrecarrer ou détourner ces défenses cellulaires afin d’échapper aux mécanismes de dégradation et de surveillance immunitaire et ainsi faciliter la dissémination de l’infection. La caractérisation de SAMHD1 comme étant un puissant facteur de restriction de l’infection par le VIH-1 a été une découverte majeure. Alors que cette restriction SAMHD1-dépendante a été démontrée sans ambiguïté dans la plupart des DC de lignage myéloide, l’influence de ce facteur de restriction dans les cellules de Langerhans (LC) n’est pas connue. L’impact de notre étude s’avèrerait d’autant plus important que ces cellules, principalement présentes au niveau de l’épithélium de revêtement des muqueuses et de la peau, contribueraient activement aux évènements précoces de la transmission virale. Nos données, publiées très récemment, démontrent l’existence d’une activité antivirale inconnue présente dans les LC et induite par la voie de signalisation du TGF-b. En effet, alors que le récepteur lectine de type-C langerin (exprimé spécifiquement dans les LC et aussi nommé CD207) et SAMHD1 peuvent partiellement restreindre l’entrée et l’infection virale, nous avons pu observer que ces facteurs ne sont définitivement pas les seuls acteurs de restriction du VIH-1 dans ces cellules. Le facteur beta de croissance de transformation (TGF-b de l’anglais transforming growth factor beta), une cytokine par ailleurs essentielle au développement des LC, est le facteur limitant induisant une activité antivirale forte dans ces cellules. Cette forte activité antivirale induite par le TGF-b est transposable à d’autres cellules myéloides et visibles après 24 à 48h de traitement, suggérant une régulation transcriptionnelle TGF-b-spécifique du ou des facteur(s) de restriction du VIH-1. En se rapportant à notre hypothèse d’une régulation transcriptionnelle TGF-b-dépendante de l’expression d’un facteur antiviral dans les LC, nous avons donc développé des approches ambitieuses menées sur des cellules humaines primaires et basées sur des technologies innovantes de criblage à haut-débit (IlluminaSeq, criblage par interférence ARN…) afin d’établir un transcriptome différentiel permettant, notamment, d’identifier certains facteurs cellulaires dont la fonction pourrait être reliée à l’immunité intrinsèque. Cette approche nous a permis de caractériser différentes protéines dont l’expression est fortement accrue dans les LC et en présence de TGF-b. Parmi celles-ci, la protéine S100A9 s’est révélée comme un potentiel facteur de restriction du VIH-1 majeur dans les LC. En effet, nos données montrent que la diminution d’expression de S100A9 dans les LC rend ces cellules fortement susceptibles à l’infection alors que l’expression exogène de S100A9 dans différents types cellulaires limite la réplication virale. De même, nous avons pu aussi observer que l’expression et la localisation de S100A9 sont régulées de manière TGF-b-dépendante en corrélation avec la résistance à l’infection. La restriction virale exercée par S100A9 semble se dérouler entre les étapes tardives de la reverse transcription (RT) et l’intégration du provirus. Nos résultats révèlent donc l’existence d’une nouvelle activité antivirale présente dans les LC et pour laquelle nous souhaitons maintenant caractériser le mécanisme d’action. Nos données préliminaires nous orientent pour l’instant vers 2 mécanismes possibles que nous souhaitons analyser par des approches biochimiques et génétiques. Il est d’ores et déjà clair que cette étude génèrera des données biologiques sur de nouvelles cibles et leurs mécanismes impliqués dans les évènements précoces de l’infection par le VIH-1.
BLANCHET Fabien
24
76 815 €
MESNARD Jean-Michel | IRIM - UM - CNRS UMR9004 Institut de Recherche en Infectiologie de Montpellier MESNARD Jean-Michel IRIM - UM - CNRS UMR9004 Institut de Recherche en Infectiologie de Montpellier Institut 1919 route de Mende 34293 Montpellier cedex 5
Les carcinomes hépatocellulaires (CHC) sont les tumeurs hépatiques primitives du foie les plus fréquentes devant les cholangiocarcinomes. L’infection par le Virus de l’Hépatite B (VHB) est un facteur de risque majeur des CHC. Néanmoins, la co-existence fréquente d’autres facteurs de risque associés au CHC, comme l’infection par le VHC, le VHD, ou la consommation d’alcool, rend difficile l’étude de l’impact du VHB sur le CHC et, en particulier sur le microenvironnement immunitaire tumoral. L’infection par le VHB est un problème de santé publique majeur en Asie notamment, car la prévalence y est beaucoup plus importante. L’observatoire global des cancers a évalué qu’au Vietnam, le CHC est le second cancer en fréquence et la première cause de mortalité par cancer en 2022.
Au cours de nos récents travaux sur des modèles expérimentaux, nous avons émis l’hypothèse que l’expression intra-tumorale d’ARN épissées du VHB, exprimant la protéine HBSP (ARNSP1), pourrait moduler la composition et l’activité des sous populations immunitaires infiltrantes du CHC. L’impact de l’expression de l’ARN prégénomique (ARNpg) et ARNSP1 du VHB dans la tumeur n’a que très peu été étudié. Cette expression dépend notamment du degré de différentiation mais elle est indépendante de l’intégration du génome viral dans le génome cellulaire. La présence de l’ARNpg du VHB dans la tumeur a notamment été associée à une réduction de l’invasion vasculaire et à une meilleure survie. De plus, nos récents travaux suggèrent que l’infiltrat immunitaire intra-tumoral puisse varier en fonction de l’expression de l’ARNpg et de l’ARNSP1 dans la tumeur de CHC de patients, pouvant ainsi influencer l’évolution clinique et la réponse thérapeutique.
L’objectif de notre projet de recherche est d’évaluer l’impact de l’expression intra-tumorale et péri-tumorale du VHB, et en particulier de l’ARNSP1, sur le microenvironnement et l’infiltrat immunitaire (TIME) du CHC réséqué de patients Vietnamiens
Nous avons établi une collaboration avec le service de recherche clinique de l’Hôpital National du Cancer à Hanoï. Cette collaboration va nous permettre d’établir une cohorte prospective de CHC de patients sur une courte période, compte tenu de la forte incidence du CHC au Vietnam. Dans une recherche non interventionnelle, avec nos partenaires vietnamiens, cette cohorte de CHC nous permettra de caractériser le TIME de ces patients par des analyses par cytométrie en flux spectrale et par des immunohistofluorescences multiparamétrées. Cette étude sera complétée par l’exploration du contenu tumoral par des approches transcriptomiques pour analyser l’expression virale et cellulaire de façon globale et, pour certains échantillons, de façon spatiale. Enfin, les données obtenues dans ce projet de recherche pourraient soulever de nombreuses questions qui feront l’objet d’études ancillaires, explorer dans le futur avec nos partenaires vietnamiens.
A terme, ce projet de recherche pourrait ouvrir la voie à l’intégration des données d’expression virale intra-tumorale dans le développement d’une classification multi-dimensionnelles des CHC. Il pourrait également conduire à une amélioration de la prise en charge des CHC au Vietnam.
SOUSSAN Patrick / DAO VAN TU
268 920 €
FEVE Bruno | INSERM UMR S U938 Centre de Recherche Pierre et Marie Curie FEVE Bruno INSERM UMR S U938 Centre de Recherche Pierre et Marie Curie Faculté de Medecine Pierre et Marie Curie Site Saint Antoine 27, rue de Chaligny 75571 PARIS CEDEX 12 --------------- DAO VAN TU | Vietnam National Cancer Institute DAO VAN TU Vietnam National Cancer Institute K Hospital Tan Trieu, 30 Cau Buou Thanh Tri Hanoi Viêt Nam
Comprendre comment le VIH-1 est transmis et s’établissent les premières étapes d’une infection chez le nouvel hôte est crucial à des fins thérapeutiques. Les analyses génotypiques de virus isolés au stade de la primo-infection (PHI) et de virus transmis/fondateurs (T/F) ont montré que la transmission de VIH-1 est généralement le fait d’un seul variant. Il n’est cependant pas clair s’il est transmis aléatoirement ou sélectionné, et dans ce cas quelles propriétés lui ont permis d’être transmis et de s’installer chez le nouvel hôte. Dans 95 % des cas, les virus T/F et ceux de la PHI ont un tropisme R5. Il a été proposé qu’ils présentent un avantage sélectif et/ou que les virus utilisant CXCR4 comme corécepteur (virus X4 ou R5X4) sont contre-sélectionnés au moment de la transmission. La forte prévalence des virus R5 dans les premiers stades de l’infection, et implicitement l’idée que les virus X4/R5X4 ne sont probablement pas « équipés » pour être transmis, ont conduit à ne considérer que des virus R5 dans les études sur les propriétés des virus transmis. En fait, même si un certain degré de contre-sélection des virus utilisant CXCR4 a pu être rapporté (notamment des virus X4 dans le contexte d’une transmission par voie sexuelle), la littérature montre que la faible fréquence de la transmission des virus X4/R5X4 est en premier lieu le fait que leur proportion chez les individus VIH+ est faible. Des faits de transmission de virus X4/R5X4 ont en fait été rapportés, notamment quand la proportion de ces virus chez le donneur est élevée. Le suivi longitudinal de patients chez lesquels des virus X4/R5X4 ont été identifiés au stade de la PHI suggèrent aussi que ceux-ci sont compétents pour accomplir les premières étapes de l’établissement d’une infection. Ces données suggèrent donc que les virus X4/R5X4 sont transmissibles, bien que jusqu’à quel point ils le sont comparativement aux virus R5 reste incertain. Il n’est pas non plus connu si les propriétés des virus X4/R5X4 présents chez les individus nouvellement infectés diffèrent de celles des virus chroniques et dans quelle mesure elles ont contribué à installer l’infection. Enfin on ne sait pas si ces propriétés s’apparentent à celles des virus R5 T/F ou isolés lors de la PHI.
Pour répondre à ces questions, et mieux comprendre la transmission et l’établissement d’une nouvelle infection chez l’hôte, nous étudierons des virus X4 ou R5X4 isolés du plasma d’individidus diagnostiqués au stade de la PHI, comparativement à des virus R5 du même stade ou T/F et des virus chroniques. Nous contrôlerons le relation monophylétique et la diversité restreinte des séquences d’Envs dans ces plasmas afin de déduire qu’elles ont pour origine un variant unique. Nous étudierons l’hypothèse que les virus X4/R5X4 de la PHI sont pourvus de propriétés ayant pu favoriser leur installation chez le nouvel hôte. Quatre objectifs secondaires seront poursuivis à cette fin : i/ Nous étudierons si les virus X4/R5X4 de la PHI se distinguent par la manière dont ils utilisent CD4, CCR5 et CXCR4 et leur degré de dépendance à l’expression de ces récepteurs pour l’entrée virale. Des simulations de dynamique moléculaire permettront d’obtenir une description à l’échelle atomique des interactions Env/corécepteurs. ii/ Nous étudierons si ces propriétés d’interaction avec les récepteurs s’accompagnent d’un tropisme accru pour les cellules résidentes des sites de transmission et de dissémination des virus, i.e. lymphocytes T CD4, cellules dendritiques et macrophages et iii/ résultent de modifications de propriétés structurales des Envs (séquence, conformation). Des tests de neutralization des virus par des anticorps seront réalisés à cette fin. iv/ Nous étudierons enfin si l’installation de ces virus chez l’hôte s’est faite à la faveur de leur résistance aux interférons de type I (IFN-I) et/ou, comme cela a été montré pour d’autres ligands de CXCR4, de la capacité des Envs X4/R5X4 à réprimer leur production dans les cellules dendritiques plasmacytoides. Cette étude novatrice sur des virus encore trop peu étudiés devrait enrichir notre connaissance de l’établissement de l’infection VIH et des moyens de la prévenir.
LAGANE Bernard
166 500 €
FAZILLEAU Nicolas | Infinity, INSERM U1291 FAZILLEAU Nicolas Infinity, INSERM U1291 INSERM CHU Purpan, BP 3028 31024 Toulouse Cedex 3 France
LONG Mathieu
Allocation de recherche
PASCALE Romby | UPR 9002 Architecture et réactivité de l'ARN PASCALE Romby UPR 9002 Architecture et réactivité de l'ARN IBMC CNRS UNISTRA 2 allée Conrad Roentgen, 67084 Strasbourg France
TORPEY Kwasi
Colloque
30 000 €
TORPEY Kwasi | Department of Global Health TORPEY Kwasi Department of Global Health Amsterdam Institute for Global Health and Development AHTC Tower 4, Paasheuvelweg 25 1105 BP Amsterdam The Netherlands
La tuberculose (TB) causée par Mycobacterium tuberculosis (Mtb) est un enjeu mondial de santé publique, dont l’importance sera accentuée par la crise sanitaire de la COVID-19. Des stratégies innovantes sont nécessaires pour améliorer l’efficacité des traitements antituberculeux actuels. Le décryptage de la réponse immunitaire anti-Mtb pourrait guider des approches dirigées vers l’hôte (HDT), afin de renforcer les traitements antibiotiques dont nous disposons. Les lymphocytes T spécifiques de Mtb sont essentiels pour la guérison des patients tuberculeux. Dans ce projet nous proposons une approche translationnelle pour caractériser le répertoire des récepteurs, les fonctionnalités et les spécificités antigéniques précises des lymphocytes T spécifiques de Mtb chez les patients traités pour la TB. Ce projet d’intitiation vise à mettre au point un flux de travail innovant basé sur l’utilisation des techniques de séquençage sur cellules uniques. Pour ce faire, les lymphocytes circulants spécifiques de Mtb seront sélectionnés de manière exhaustive et non-biaisée avec un large panel de peptides Mtb couplés aux molécules du complexe majeur d’histocompatibilité (CMH), multimérisées et marquées avec des code-barres oligonucléotidiques. Chaque panel sera personnalisé en fonction des allèles du CMH du patient (au cours de ce projet l’allèle fréquente A2 sera exploré) et de l’isolat clinique de Mtb correspondant. Par cette approche de médecine personnalisée de la TB nous allons promouvoir la détection d’antigènes rares de Mtb et de lymphocytes T spécifiques de Mtb rares, mais pertinents pour la réponse immunitaire protectrice contre la TB et pour des futurs vaccins.
Une fois mis au point et validé, ce flux sera appliqué afin d’explorer une plus large cohorte de patients. L’accomplissement d’une telle étude permettra de caractérises des lymphocytes T protectrices anti-Mtb et de nouveaux peptides immunogènes de Mtb, offrant ainsi de nouvelles perspectives de développement de HDT dans la tuberculose.
DUMITRESCU Oana
Contrat d'initiation
12
20 000 €
COSSET François-Loïc | Inserm U1111 Centre International de Recherche en Infectiologie COSSET François-Loïc Inserm U1111 Centre International de Recherche en Infectiologie ENS de Lyon 46 allée d'Italie 69364 Lyon Cedex 07
TANKEU HAPPI Gilles Wilfrid
DEUFFIC-BURBAN Sylvie | Inserm UMR 1137 IAME Infection, Antimicrobiens, Modélisation, Evolution DEUFFIC-BURBAN Sylvie Inserm UMR 1137 IAME Infection, Antimicrobiens, Modélisation, Evolution Equipe 5 DeSCID Decision Sciences in Infecious Diseases: Prevention, Control and Care Université Paris 7 Faculté de Médecine Site Bichat 16 rue Henri Huchard 75018 Paris