Adaptation et amélioration de l’offre communautaire de santé anale, incluant le dépistage du HPV, auprès des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et des travailleuses du sexe au Maroc.
Dernière mise à jour le 29 mai 2026
Type de projet
Étude scientifique
Promotion
ALCS
Dispositif de financement
AAP générique VIH/sida, IST, hépatites virales, tuberculose (2024-2)
Montant de l’aide allouée
398 865€
Durée
36 mois
Statut
En cours
Coordinateurs
Marion Di Ciaccio (IRD) & Mustapha Sodqi (Université Hassan II de Casablanca)
Structures
Maroc : ALCS, Laboratoire Glab, CHU IBN Rochd / France : SESSTIM, Coalition PLUS, IAME, Hôpital Bichat
Pathogènes
VIH, HPV (anal)
Le projet de recherche communautaire SAMAR (ANRS 0682), lancé en mars 2026, participe à l’amélioration de l’offre de santé anale au Maroc pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) et travailleuses du sexe (TS), vivant ou non avec le VIH. Il s’inscrit dans la dynamique des cliniques de santé sexuelle et reproductive (CSSR) de l’Association de lutte contre le sida (ALCS), où la santé anale a été intégrée depuis 2022 en réponse à des besoins croissants observés en consultation.
L’objectif du projet est d’évaluer l’acceptabilité de cette offre auprès de toutes les parties prenantes, d’intégrer le dépistage de l’infection au papillomavirus humain à haut risque (HPV-HR) et d’adapter l’offre aux besoins des personnes concernées.
Le cancer anal reste rare en population générale (0,35 pour 100 000 personnes-années chez les hommes et 0,57 chez les femmes), mais son risque est fortement augmenté dans certaines populations. Il est multiplié par 85 chez les HSH vivant avec le VIH et par 8 chez les femmes séronégatives, suggérant une forte exposition chez les TS.
Dans 90% des cas, ce cancer est lié à une infection par les papillomavirus humains à haut risque (HPV-HR), une infection sexuellement transmissible pouvant survenir malgré l’usage du préservatif et plus fréquente chez les personnes vivant avec le VIH. Une surveillance régulière, incluant un examen proctologique avec anuscopie et biopsies si nécessaire, est donc essentielle chez les populations à risque.
Pourtant, l’accès à cette offre reste limité par des barrières multiples : tabou autour de la santé anale, stigmatisation des groupes à risque, manque de connaissances sur le cancer anal et son dépistage et expérience limitée des médecins des examens proctologiques.
Au Maroc, la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH constitue un frein majeur au recours aux services de santé. Si l’épidémiologie du HPV est documentée chez les femmes, elle concerne essentiellement l’infection cervicale, et reste peu connue chez les hommes et pour les localisations anales.
Les activités de l’ALCS montrent une fréquence croissante des pathologies anales lors des consultations IST dans les CSSR. Cette évolution a conduit à former des médecins à la santé anale et à intégrer cette dimension dans l’offre de prévention et de soins.
Le projet SAMAR (dont le terme, d’origine arabe, signifie « préservation » ou « conversation nocturne ») s’inscrit dans cette dynamique en contribuant à son renforcement et à son adaptation, notamment en intégrant le dépistage du HPV par auto-prélèvement anal (APA).
Le projet repose sur trois volets complémentaires :
Le projet SAMAR produira des données inédites sur l’infection HPV anale chez les HSH et TS vivant avec le VIH au Maroc, dans un contexte où ces informations sont actuellement absentes. Il permettra également d’évaluer l’acceptabilité de la consultation anale et de l’auto-prélèvement anal dans un pays du Sud, ainsi que l’apport d’une approche communautaire.
Enfin, SAMAR contribuera à structurer un circuit d’orientation et de prise en charge adapté aux besoins des populations concernées, en renforçant les liens entre les CSSR de l’ALCS et le système de soins national.