Yebela Mpox : mieux comprendre la perception du Mpox

Approche compréhensive des enjeux de prévention et d’accès aux soins du Mpox, en République démocratique du Congo, au Cameroun et au Burundi, auprès des populations-clés du VIH et de toutes les parties prenantes.

Dernière mise à jour le 29 mai 2026

En bref

Type de projet
Étude scientifique

Promotion
IRD

Dispositif de financement
AAP générique VIH/sida, IST, hépatites virales, tuberculose (2026-1)

Montant de l’aide allouée
350 000€

Durée
36 mois

Statut
En cours

Coordinateurs
Marion Di Ciaccio (IRD) & Célestin Ncutinamagara (ANSS Santé PLUS)

Structures
SESSTIM (France), ANSS Santé PLUS (Burundi), Coalition PLUS (France), UCOP+ (RDC), Positive Generation (Cameroun), Université libre de Bruxelles (Belgique)

Pathogène
Mpox

Le projet de recherche Yebela Mpox (ANRS00908-R-PR) vise à comprendre, à travers des méthodes qualitatives, comment le Mpox, et en particulier son évolution vers une infection sexuellement transmissible, est perçue et compris par les populations concernées par le VIH.

Contexte du projet Yebela Mpox

Depuis la résurgence du Mpox (anciennement appelé la « variole du singe ») en 2022, la transmission du virus semble évoluer. En plus de la transmission de l’animal à l’homme, une transmission sexuelle du virus a été observée, y compris en Afrique centrale, et semble devenir un mode de transmission de plus en plus important. Cela soulève de nouveaux défis en matière de prévention et de santé publique.

En 2022, la transmission sexuelle a joué un rôle important dans la flambée épidémique qui s’est propagée hors des pays endémiques sur l’ensemble des régions de l’organisation mondiale de la santé. La majorité des cas de Mpox concernaient les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), souvent touchés par d’autres infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH. De plus, l’Africa CDC a identifié que les travailleurs et travailleuses du sexe (TS) sont également surexposés à ce virus ainsi que, de fait, leurs clients.

Malgré cela, en Afrique centrale, les connaissances sur la perception du Mpox, notamment concernant le clade 1b et sa transmission interhumaine et sexuelle, restent limitées. Les études en sciences sociales sur le Mpox ont principalement été menées dans des contextes occidentaux lors de l’épidémie de 2022, laissant un manque de données sur la perception de cette maladie en Afrique centrale.

Objectifs du projet Yebela Mpox

Yebela Mpox (dont le terme « yebela » emprunté au lingala, équivaut à « sache-le » en français) a pour but d’étudier comment une stratégie de lutte contre le Mpox peut être mise en place en Afrique centrale, en prenant en compte les facteurs structurels (offre de soin disponible, mobilisation communautaire) et individuels. L’étude s’intéressera aux populations-clés du VIH (HSH et TS), aux personnes vivant avec le VIH, aux soignants et agents de santé communautaire impliqués dans la réponse au Mpox, ainsi qu’à la population générale vivant dans des zones particulièrement exposées en République démocratique du Congo, au Cameroun et au Burundi.

Ce projet s’appuie sur la théorie des représentations sociales, qui analyse comment les connaissances et croyances collectives influencent la perception d’un phénomène. L’objectif est de comprendre comment le Mpox, et en particulier son évolution vers une infection sexuellement transmissible, est perçue et comprise par les populations concernées. L’étude examinera également la circulation de l’information sur le Mpox et l’organisation du recours aux soins.

Pour cela, le projet mobilisera des méthodes qualitatives (« focus-groups » et entretiens individuels). Une collecte de données auprès de toutes les structures qui proposent des services Mpox dans les zones de l’étude sera également réalisée à travers des fiches structures de santé. Elle se fera au sein de deux zones dans chaque pays de l’étude, basé sur des critères épidémiologiques et stratégiques vis-à-vis de l’épidémie de Mpox. Elles ont été définies par les acteurs locaux impliqués sur ce projet et en accord avec la situation actuelle de chaque pays.

Ce projet permettra d’améliorer les connaissances sur la gestion du Mpox sous l’angle de la transmission sexuelle, en mettant en lumière les besoins et spécificités des populations peu étudiées en Afrique centrale. Les résultats obtenus aideront à adapter les stratégies de prévention et de prise en charge en tenant compte du contexte social et structurel local, et en intégrant le rôle essentiel de la mobilisation communautaire dans la réponse à l’épidémie.

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